Risques

Fissures et sécheresse : 12 millions de maisons exposées au retrait-gonflement des argiles

Publié le | Commissariat Général au Développement Durable

Des maisons fissurées, des bâtiments et des routes endommagés : l’alternance entre la pluie et la sécheresse provoque des mouvements de terrain sur les sols argileux. C’est le retrait-gonflement des argiles, qui se répand en France à cause des évènements climatiques de plus en plus fréquents et intenses. 55 % de la surface de la France métropolitaine y est exposée en 2025. C’est deux fois plus que dans les années 2010. La majorité des dommages concerne les maisons individuelles : 61 % d’entre elles sont aujourd’hui touchées par ce risque (Source : Centre de ressources pour l’adaptation au changement climatique ).

55 % du territoire français désormais concerné par le retrait-gonflement des argiles
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Cette image explique comment les mouvements du sol abîment les habitations. En haut, le texte dit : « 55 % du territoire français désormais concerné par le retrait-gonflement des argiles ». En dessous, deux schémas comparent les effets de la météo : à gauche, le soleil et la sécheresse font descendre le sol et fissurent une maison ; à droite, les nuages et la pluie font gonfler la terre vers le haut, ce qui casse encore plus la maison.

Qu’est-ce que le retrait-gonflement des argiles ?

Comme des éponges, les sols argileux gonflent avec la pluie et se rétractent en période de sécheresse. C’est ce qui s’appelle le retrait-gonflement des argiles.

Ces mouvements de terrain sont lents mais provoquent des dommages importants aux constructions, et en particulier aux maisons individuelles. En effet, les maisons individuelles ont souvent des fondations superficielles, c’est-à-dire qu’elles sont construites sur une base qui ne s’enfonce pas très profondément dans le sol. Les mouvements liés au retrait-gonflement peuvent fissurer les murs, fragiliser la structure des maisons, ou déformer le cadre des fenêtres ou des portes.

12 millions de maisons sont exposées au retrait-gonflement des argiles, soit 61 % des maisons individuelles.

Les immeubles sont moins exposés car ils sont construits sur des fondations plus profondes. Mais le retrait-gonflement des argiles peut aussi endommager des routes, des pistes cyclables ou des canalisations souterraines, par exemple.

Certains aménagements peuvent aggraver les dégâts : par exemple, les arbres trop proches des maisons, car leurs racines assèchent encore davantage le sol. Tout comme la mauvaise évacuation de l’eau de pluie ou la fuite d’une canalisation peuvent accentuer l’humidité sous les maisons (Source : Géorisques, dossier expert sur le retrait-gonflement des argiles ).

Carte des zones à risque de retrait-gonflement des argiles en 2026

Carte des zones à risque de retrait-gonflement des argiles en 2026

Crédits : BRGM

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Carte des zones à risque de retrait-gonflement des argiles en 2026

Une carte de la France métropolitaine montre le niveau d’exposition au retrait-gonflement des argiles : les zones hors argiles en blanc, les zones faiblement exposées en jaune, les zones moyennement exposées en orange et les zones fortement exposées en rouge. Une grande partie du centre et du Sud de la France sont en orange ou rouge. La Bretagne, la Normandie et la Corse sont majoritairement en jaune ou blanc.

Source : BRGM

De nombreuses régions en métropole sont exposées au retrait-gonflement des argiles : une grande partie du centre de la France, l’Île-de-France, et des régions Nouvelle-Aquitaine, Occitanie et Provence-Alpes-Côte d’Azur. Certains départements du Nord et de l’Est de la France sont aussi concernés, surtout depuis 2016 (Source : SDES, Chiffres clés des risques naturels 2023 ).

Comment prévenir les dégâts liés au risque de retrait-gonflement des argiles ?

Pour éviter que les maisons ne se fissurent, il faut adapter les constructions au risque de retrait-gonflement des argiles.

Pour cela, il existe des solutions dites « verticales » qui visent à renforcer la structure et la fondation des maisons. Par exemple : ajouter des micropieux, c’est-à-dire des piquets de fer qui s’enfoncent jusqu’à 10 mètres en profondeur, injecter une résine dans le sol pour le solidifier ou agrafer les fissures pour les empêcher de s’élargir. Les travaux de réparation peuvent être très coûteux.

Les solutions dites « horizontales » sont préventives : elles ont pour objectif de limiter les mouvements des sols argileux sous les maisons. Par exemple, éloigner les arbres et la végétation des maisons ou placer des murs anti-racines sous le sol pour les protéger. Il est aussi possible d’imperméabiliser le contour des maisons pour limiter le gonflement des argiles sous l’effet de la pluie. De même, il faut éviter les fuites d’eau provenant de canalisations ou de gouttières à proximité (Source : Centre de ressources pour l’adaptation au changement climatique ).

Fonds de Prévention Argile

Depuis 2025, l’État expérimente un fonds de prévention au retrait-gonflement des argiles dans 11 départements particulièrement exposés. Il s’agit d’une aide financière et technique pour les ménages qui habitent dans une maison exposée au retrait-gonflement des argiles, avant l’apparition de dégâts trop importants. L’objectif : réaliser un diagnostic de vulnérabilité et des travaux si nécessaire. Un simulateur vous permet de savoir si vous êtes éligible à ce Fonds Prévention Argile.

Vente de terrain et construction : que dit la loi Elan sur le retrait-gonflement des argiles ?

La loi Elan impose de réaliser une étude du sol avant de vendre un terrain constructible dans une zone exposée au retrait gonflement des argiles. La personne qui achète le terrain doit connaître la nature du sol et les risques associés. La loi Elan impose aussi certaines techniques de construction lorsque le terrain est exposé au retrait-gonflement des argiles. Les maisons construites après 2020 sont plus résistantes à ces mouvements de terrain car elles respectent ces techniques de construction.

La carte des zones exposées au retrait-gonflement et concernées par la loi Elan a été mise à jour en 2026 ( Géorisques - Voir la carte interactive d’exposition au retrait gonflement des argiles ).

Maisons fissurées : quelles sont les indemnisations ?

Les dommages liés au retrait-gonflement des argiles peuvent être très coûteux. En moyenne, les travaux sur une maison individuelle coûtent 16 500 euros, mais le prix varie beaucoup en fonction des situations (Source : Géorisques, dossier expert sur le retrait-gonflement des argiles ).

Lorsque les épisodes de pluies et de sécheresse sont particulièrement intenses, la garantie catastrophes naturelles permet d’obtenir une indemnisation pour les dommages, sous certaines conditions :

  • votre logement doit être assuré par un contrat d’assurance habitation ;
  • il faut signaler les dommages à votre mairie, qui doit demander au préfet de reconnaître l’état de catastrophe naturelle par un arrêté publié au Journal officiel. Cet arrêté est nécessaire pour que les assureurs appliquent la garantie catastrophes naturelles ;
  • les dégâts doivent être la conséquence directe du retrait gonflement des argiles, et être apparus pendant la même période que l’état de catastrophes naturelles défini par l’arrêté. Les assurances demandent à un expert de vérifier que la cause des dommages est bien le retrait-gonflement des argiles (En savoir plus sur l’expertise en cas de retrait-gonflement des argiles, Caisse centrale des réassureurs).

Entre 1982 et 2024, la sécheresse est le deuxième risque naturel le plus cher, après les inondations. Mais comme les sécheresses sont de plus en plus fréquentes et intenses, les dommages liés au retrait-gonflement des argiles augmentent. Sur les dix dernières années, le retrait-gonflement des argiles est devenu le risque naturel le plus cher pour les assurances : 53 % des coûts indemnisés par la garantie catastrophes naturelles étaient dus à la sécheresse (Source : CCR, Les catastrophes naturelles en France – Bilan 1982-2025).

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