Des plages plus petites, des falaises qui s’effritent et le niveau de la mer qui augmente : en 50 ans, l’érosion côtière a entraîné la disparition de 30 kilomètres carrés de terres en France. Cela équivaut en moyenne à près de 7 terrains de football par mois. Un quart des côtes françaises (hors Guyane) est concerné (Source : SDES, Chiffres clés de la mer et du littoral).
Ce visuel montre un paysage côtier : une plage, des mouettes et une maison en haut de la falaise.
Qu’est-ce que l’érosion du bord de mer ?
L’érosion des côtes, c’est lorsque la limite entre la terre et la mer se déplace vers l’intérieur des terres. Au fur et à mesure du temps, une partie des terres disparaît : il y a de moins en moins de sable sur les plages, les roches sont creusées par les vagues et les falaises s’effondrent.
L’érosion du bord de mer se produit naturellement. Par exemple, sur les plages, le sable est toujours en mouvement. Il peut être déplacé par le vent ou entraîné par le courant. L’érosion se produit lorsque la plage perd plus de sable qu’elle n’en reçoit. Sur les falaises, l’érosion peut être provoquée par les vagues, la pluie ou le gel. Les falaises en calcaire sont plus sensibles que les falaises en roche dure comme le granit.
Mais l’érosion est aussi aggravée par le changement climatique. La montée du niveau de la mer joue un rôle important : le niveau moyen des océans dans le monde a augmenté de 20 cm depuis 1900, dont 10 cm entre 1993 et 2020 (Source : SDES, Chiffres clés de la mer et du littoral 2024).
Pourquoi le niveau de la mer augmente-t-il ?
Le niveau de la mer augmente pour deux raisons liées au changement climatique :
- La hausse des températures fait fondre les glaciers et les calottes polaires : c’est de l’eau douce qui s’ajoute à l’océan, et qui participe aux deux tiers de l’augmentation.
- L’océan se réchauffe : lorsque l’eau est plus chaude, elle se dilate, c’est-à-dire qu’elle prend plus de place. Son volume est plus important. Cela représente un tiers de la montée du niveau de la mer (Source : SDES, chiffres clés de la mer et du littoral 2024).
L’érosion peut également être accentuée par les activités humaines comme le prélèvement de sable, la création de barrages qui bloquent l’arrivée naturelle du sable par les fleuves, ou les constructions sur les côtes.
Comment les Français sont-ils exposés à l’érosion côtière ?
Depuis les années 1950, les zones côtières ont été urbanisées : la population a augmenté, les activités économiques et touristiques se sont développées et de nombreux bâtiments ont été construits au bord de la mer. C’est ce qui rend ces zones vulnérables.
D’ici 2050, 5 200 logements, dont 2 000 résidences secondaires, pourraient être menacés par l’érosion côtière, ainsi que 1 400 locaux d’activités économiques, comme des commerces, des hôtels, des bureaux ou des campings.
D’ici à 2100, ce sont 449 000 logements et 53 000 locaux d’activités économiques qui pourraient être menacés, si aucune mesure n’était prise pour faire face aux effets du changement climatique. (Source : Cerema, Projection du trait de côte et analyse des enjeux au niveau national – Horizons 2050 et 2100).
Certaines zones en France métropolitaine sont particulièrement exposées : par exemple, les baies des Hauts-de-France, les havres du Cotentin en Normandie, la côte ouest d’Oléron en Charente-Maritime, la Gironde, ou la Camargue entre le Gard et les Bouches-du-Rhône (Source : SDES, Chiffres clés de la mer et du littoral 2024).
Carte de l’évolution du trait de côte par département
Le trait de côte est la limite entre la terre et la mer, c’est-à-dire l’endroit où arrive la mer à marée haute ou le bord d’une falaise, par exemple. Le recul du trait de côte correspond aux terres qui disparaissent avec l’érosion.
Crédits : Source : SDES, Chiffres clés de la mer et du littoral 2024
Agrandir la figure 5021Le visuel montre une carte de France. Sur chaque département côtier, il y a un « camembert » qui montre la proportion du trait de côte concerné par un recul supérieur à 1,5 mètre par an, un recul entre 0,1 et 1,5 m/an, pas d’évolution, ou une avancée supérieure à 0,1 m/an. La Charente-Maritime, la Gironde, le Gard et les Bouches-du-Rhône ont une partie de leur trait de côte concerné par un recul supérieur à 1,5 m/an. Dans plusieurs départements, au moins un tiers du trait de côte recule de 0,1 à 1,5 m/an : la Pas-de-Calais, la Somme, la Seine-Maritime, La Manche, la Vendée, la Charente-Maritime, la Gironde, et l’Hérault.
GéoLittoral – Le littoral de ma commune
Érosion, inondations, tempêtes : des risques côtiers liés entre eux
Les bâtiments au bord de la mer sont aussi exposés au risque de submersion marine. Ce sont des inondations temporaires des côtes, qui durent entre quelques heures et quelques jours. En France, 1,5 million de personnes habitent dans une zone potentiellement exposée à ce type d’inondation (Source : SDES, Chiffres clés de la mer et du littoral 2024).
Crues, pluies intenses : la France fait face à plusieurs risques d’inondation. Pour se protéger, il faut connaitre les zones à risque et les alertes de vigilance.
Les tempêtes ont des conséquences importantes sur les bords de mer. Elles peuvent accélérer l’érosion et provoquer le recul soudain du trait de côte de plusieurs mètres. Il en est de même des cyclones et, en particulier, de la houle cyclonique. Cette forte agitation de la mer, provoquée par le vent, se déplace plus rapidement que le cyclone. Les vagues très hautes qui arrivent sur la côte peuvent fragiliser les dunes et les falaises (Source : Géorisques, Dossier expert sur les vents cycloniques).
Tempêtes, cyclones, ouragans : en France métropolitaine et dans les outre-mer, les vents violents peuvent avoir des conséquences dévastatrices. Quels sont les risques ?
Comment se protéger de l’érosion du littoral ?
Des digues ou des murs sont parfois construits pour empêcher le recul du trait de côte. Mais ces aménagements ont pour inconvénient de déplacer le problème : l’érosion devient encore plus importante après la digue ou le mur.
Aujourd’hui, la Stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte favorise plutôt des solutions dites « souples » qui acceptent les évolutions naturelles de la côte, comme les solutions fondées sur la nature. L’objectif est de « vivre avec » plutôt que de « lutter contre » la mer (Source : Cerema, Méthodes souples. Retour d’expérience pour le littoral).
Les solutions fondées sur la nature
Les solutions fondées sur la nature sont des actions qui visent à préserver et restaurer des écosystèmes naturels. Par exemple, en Méditerranée, les herbiers de posidonie peuvent réduire l’érosion côtière en diminuant la hauteur des vagues de 30 %. Les mangroves et les récifs coralliens présents dans les outre-mers permettent aussi d’atténuer la force des vagues (entre 13 et 66 % pour les mangroves et entre 51 et 74 % pour les coraux) (Source : Cerema, Méthodes souples. Retour d’expérience pour le littoral).
Les dunes de sable sont également importantes, car elles forment un stock de sable qui peut réalimenter et reconstruire la plage après une tempête. Il existe des solutions pour reconstituer un cordon dunaire : par exemple, installer des petites barrières « brise-vents » pour piéger le sable et éviter qu’il ne soit emporté par le vent. Ensuite, la végétation joue un rôle essentiel, car elle favorise le maintien et la stabilité des dunes (Voir les actions de l’Office National des Forêts pour protéger 380 km de dunes en France).
Pour s’adapter à l’érosion du littoral et la montée du niveau de la mer, il faut parfois planifier la relocalisation des activités économiques et des logements vers des zones moins exposées à l’érosion et aux submersions marines. C’est déjà le cas des villages Le Prêcheur en Martinique et Petit-Bourg en Guadeloupe (Cerema, Gestion des risques littoraux : retour d’expériences de villes littorales résilientes).
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Ressources
Les risques naturels majeurs en France
La France est exposée à des risques naturels variés et de plus en plus fréquents, pouvant avoir des conséquences matérielles et humaines importantes.
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Cherchez votre commune pour voir l’évolution du trait de côte entre 1950 et aujourd’hui
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Chiffres clés de la mer et du littoral – Édition 2024
Datalab - Service des données et études statistiques - Mars 2024.
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