Chaque année, des évènements de vents violents touchent la France métropolitaine et les outre-mer. Certains peuvent être particulièrement destructeurs, comme la tempête Xynthia qui a marqué la métropole en 2010, les cyclones Irma et Maria qui ont frappé les Antilles en 2017 ou Chido qui a dévasté Mayotte en 2024.
Tempêtes, tornades, cyclones, ouragans et typhons : ces évènements météorologiques sont tous marqués par des vents très intenses. Les tempêtes sont des zones étendues de vents violents accompagnés de pluies abondantes. Elles sont qualifiées de tempêtes lorsque le vent atteint ou dépasse 89 km/h pendant au moins 10 minutes.
Les tornades sont des tourbillons de vent qui se forment sous un nuage d’orage. Elles parcourent quelques kilomètres et sont généralement de courte durée mais peuvent être destructrices localement.
Pour ce qui est des cyclones, ouragans et typhons, ces trois termes désignent en réalité le même phénomène météorologique. C’est un vent violent qui tourbillonne à plus de 119 km/h autour d’un centre, l’œil du cyclone, et se forme au-dessus de l’océan dans les zones tropicales. Leur nom dépend de la région du monde où ils se produisent. Dans l’océan Atlantique et l’océan Pacifique nord-est, le terme d’ouragan est utilisé, alors que dans l’océan Indien et le Pacifique sud, c’est le mot cyclone. Dans l’océan Pacifique nord-ouest, ce sont des typhons.
Le risque de tempêtes en France
Les tempêtes peuvent causer de nombreux dommages matériels et humains. En effet, un vent à plus de 89 km/h est assez puissant pour déraciner un arbre, arracher une toiture ou renverser un adulte qui n’aurait pas la possibilité de s’accrocher à un point d’appui. Les tempêtes entraînent parfois des coupures d’électricité et de téléphone et peuvent perturber la circulation des trains et des avions. Elles sont aussi associées à des inondations à cause des fortes précipitations.
Crues, pluies intenses : la France fait face à plusieurs risques d’inondation. Pour se protéger, il faut connaitre les zones à risque et les alertes de vigilance.
Les tempêtes qui touchent la France métropolitaine commencent généralement au-dessus de l’océan Atlantique ou de la mer Méditerranée. Elles peuvent s’étendre sur plusieurs régions, et même toucher l’ensemble de la France métropolitaine. L’ouest du pays est particulièrement exposé aux grandes tempêtes qui arrivent de l’océan Atlantique en hiver : c’est en Bretagne, en Normandie et en Nouvelle-Aquitaine que les dommages sont les plus importants. Entre 2016 et 2021, les dégâts sur les bâtiments liés aux tempêtes, à la grêle et à la neige ont coûté en moyenne 1 128 millions d’euros par an.
En été, des rafales de vent importantes se produisent aussi à l’occasion d’orages (Source : SDES, Chiffres clés des risques naturels 2023).
L’échelle de vigilance
Pour connaître le niveau de danger dans votre département, Météo France publie chaque matin une carte de vigilance. La vigilance prend en compte plusieurs risques naturels, dont les vents violent et les orages. Si votre département est en vigilance jaune, soyez attentifs : ce sont des conditions météorologiques habituelles pour votre région mais parfois dangereuses. En cas de vigilance orange, il faut faire très attention et se tenir informé des consignes de sécurité, car des phénomènes dangereux sont prévus. La vigilance rouge correspond au plus haut niveau de danger : ce sont des conditions météorologiques particulièrement intenses. Tenez-vous régulièrement au courant de l’évolution de la situation et suivez les consignes données par les pouvoirs publics.
Indemnisation de dégâts matériels : la garantie Tempête Grêle Neige
La garantie Tempête Grêle Neige est inclue dans les contrats d’assurance multirisques habitation et de véhicule. Elle couvre les dégâts causés par ces évènements : les dommages liés au vent violent, les objets projetés ou la chute d’un arbre, la grêle et le poids de la neige. Pour bénéficier de ces indemnisations, il faut déclarer au plus vite les dégâts à son assurance. Certains assureurs peuvent demander un certificat d’intempérie délivré par Météo France.
Entre 1990 et 2020, les trois quarts des dommages indemnisés par la garantie Tempête-Grêle-Neige sont liés aux vents violents (Source : SDES, Chiffres clés des risques naturels 2023). La grêle peut aussi provoquer des dégâts importants lorsqu’elle touche les villes et les récoltes (En savoir plus sur l’indemnisation des pertes en agriculture).
En cas de vents cycloniques supérieurs à 145 km/h en moyenne sur 10 minutes ou 215 km/h en rafales, c’est la garantie catastrophe naturelle qui s’applique (En savoir plus sur la garantie catastrophe naturelle).
Les cyclones tropicaux
Les cyclones se forment au-dessus d’un océan tropical lorsque certaines conditions météorologiques sont réunies. Il faut notamment que la température de l’océan soit élevée sur les 60 premiers mètres pour que l’eau s’évapore dans l’atmosphère. C’est la force de Coriolis qui fait tourbillonner le cyclone : elle est due à la rotation de la Terre sur elle-même et influence fortement les mouvements de masses d’air dans les zones tropicales, à plusieurs centaines de kilomètres de l’équateur.
L’œil du cyclone correspond à la zone au centre du tourbillon où il y a très peu de vent et de pluie. Le mur est la zone autour de l’œil, composée de nuages d’orage, où le vent est particulièrement violent et la pluie abondante.
Des conséquences dévastatrices
En France, plusieurs régions et collectivités d’outre-mer sont exposées au risque de cyclone : la Martinique, la Guadeloupe, Saint-Martin et Saint Barthélémy, la Réunion, Mayotte, la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française. La saison des cyclones s’étend habituellement de juin à octobre dans les Antilles et de novembre à avril dans l’hémisphère Sud.
Les cyclones peuvent avoir de nombreuses conséquences dévastatrices sur la population et les bâtiments. Par exemple, les pluies intenses et irrégulières associées aux cyclones peuvent provoquer des inondations, des crues, des coulées de boue, ou encore des glissements de terrain. L’élévation anormale du niveau de la mer lors du passage d’un cyclone peut créer des inondations par submersion marine.
La houle cyclonique représente également un risque : il s’agit d’une forte agitation de la mer, provoquée par le vent, qui se déplace plus rapidement que le cyclone. La houle peut entraîner des inondations ou des chocs de vagues sur les côtes, et aggrave l’érosion des bords de mer (Source : Géorisques, Dossier expert sur les vents cycloniques).
Les mouvements de terrain et les érosions cotières
L’érosion côtière et les mouvements de terrain représentent des risques majeurs. Ces phénomènes, amplifiés par le changement climatique, menacent les infrastructures, les habitats et les écosystèmes.
Pour limiter les conséquences des cyclones sur les bâtiments, la solution la plus efficace est de respecter certaines règles de construction pour que les bâtiments soient plus résistants.
Les cyclones peuvent être prévus plusieurs jours à l’avance avec des modèles numériques et ils sont ensuite suivis à l’aide de satellites ou de radars. Cependant, les prévisions des trajectoires exactes des cyclones et leur intensité restent légèrement imprécises. En cas d’alerte vigilance, il est donc important de suivre régulièrement l’évolution de la situation (Source : Géorisques, Cyclone).
La classification des cyclones
Selon l’échelle Saffir-Simpson, les ouragans sont classés en 5 catégories en fonction de l’intensité du vent. La catégorie 1 correspond à des vents entre 119 km/h et 154 km/h. La catégorie 5 désigne les cyclones les plus dangereux, avec des vents qui dépassent 249 km/h.
Changement climatique : des cyclones plus intenses
D’après le sixième rapport du Giec (Groupe international d’experts sur l’évolution du climat), les cyclones pourraient être moins fréquents dans le futur, mais ils sont de plus en plus violents sous l’effet du changement climatique. Leur intensité moyenne pourrait augmenter de 5 % et la part de cyclones très intenses (cyclones de catégorie 4 et 5) devrait augmenter de 14 %. Les simulations climatiques montrent aussi une augmentation des pluies cycloniques de près de 12 % avec un réchauffement global de 2 °C par rapport aux températures préindustrielles (Source : Météo-France, Changement climatique : quel impact sur les cyclones ?).
Ressources
Géorisques, le portail pour s’informer sur les risques naturels et technologiques
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