Santé

Les ventes de produits phytosanitaires en France

Mis à jour le | Commissariat général au développement durable

Depuis 2008, trois plans de réduction de l’usage des produits de traitement des cultures se sont succédé, tous visant une baisse de 50 %, d’abord pour 2018, puis pour 2025 et enfin pour 2030. Malgré quelques avancées, la France ne parvient pas à réduire fortement sa dépendance aux produits phytosanitaires (herbicides, fongicides, insecticides…) et de vastes territoires sont pollués. Si les produits les plus toxiques sont en recul, les autres eux sont en progression.

Produits phytosanitaires : un bilan mitigé au regard des enjeux

Un volume de ventes relativement stable depuis 2008

En 2023, 66 508 tonnes de substances actives ont été vendues pour protéger les cultures des insectes, des maladies et des mauvaises herbes (source) . Ce volume est relativement identique à la moyenne des ventes déclarées depuis 2008, date de définition du premier plan Écophyto. Celui-ci affichait pourtant un objectif de réduction de 50 % en 10 ans du recours aux produits aux produits phytosanitaires.

Écophyto 2030, la stratégie française pour réduire l’utilisation des pesticides

La stratégie Écophyto 2030 , lancée le 6 mai 2024, a pour objectif la poursuite de la réduction de l’utilisation des produits phytopharmaceutiques en France. Fixé à 50 % de réduction à l’horizon 2030 par rapport à la moyenne 2011-2013, cet objectif s’inscrit également dans une perspective d’alignement européen aux niveaux environnemental et sanitaire.

Évolution annuelle des quantités de substances actives vendues en France par fonction
Sources : EauFrance, BNV-D Traçabilité Agrandir la figure 4838

Évolution annuelle des quantités de substances actives vendues en France par fonction

Ce graphique présente l’évolution annuelle des quantités de substances actives vendues en France, entre 2008 et 2023. Il montre une relative stabilité des ventes sur la période, avec toutefois quelques pics (2014 et surtout 2018) et un creux en 2019. Entre 2022 et 2023, les ventes ont baissé de 3 %.

Source : EauFrance, BNVD Traçabilité
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Les substances les plus toxiques en recul, les autres en progression

Cette stabilité globale s’accompagne toutefois d’une baisse des substances les plus toxiques pour la santé humaine et progressivement interdites (cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques ou CMR) et d’une augmentation de celles utilisables en biocontrôle et/ou en agriculture biologique.

Les ventes de substances CMR ont baissé de 35 % en volume entre 2015-2017 et 2020-2022 et leur part dans le total des ventes a baissé de 18 points depuis 2009 (15 % en 2022). Géographiquement, plus de la moitié des achats en 2020-2022 proviennent de 18 départements, avec en tête l’Eure-et-Loir, la Somme, la Marne, la Charente-Maritime et l’Eure.

Un autre indicateur, le NODU agricole (nombre de doses unités), mesure l’intensité de l’usage des produits de traitement. Plus le NODU est élevé, plus les terres agricoles ont reçu de traitements. Bien que l’évaluation 2020-2022 montre une diminution de 11,5 % par rapport à la moyenne 2015-2017, le NODU n’a pas baissé sur cette période.

Dans le cadre de la nouvelle stratégie Écophyto 2030 et pour suivre les résultats de celle-ci, l’indicateur de Risque Harmonisé 1 (HRI1), institué par la directive européenne 2009/128, succède au NODU en tant qu’indicateur principal. Il permet de mesurer l’évolution de l’utilisation des substances actives en les pondérant par un coefficient de quantification du risque.

Répartition des ventes de substances par fonction et catégorie de redevance
Sources : EauFrance, BNV-D Traçabilité Agrandir la figure 4839

Répartition des ventes de substances par fonction et catégorie de redevance

Ce graphique présente la répartition des ventes de substances en 2023, par fonction (herbicide, fongicide, insecticide…) et par catégorie de redevance (établie selon leur dangerosité). Il montre que les herbicides dominent en métropole (45 % des ventes) alors qu’en outre-mer les insecticides sont largement devant (75 %). Si les substances classées CMR (les plus toxiques) représentent « seulement » 14 % des ventes globales, les substances Env A (ayant une toxicité aiguë pour le milieu aquatique) constituent elles 40 % des ventes.

Source : EauFrance, BNVD Traçabilité
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Répartition des ventes en France

Achats de substances actives classées les plus toxiques par département
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Achats de substances actives classées les plus toxiques par département

Cette carte présente les quantités moyennes de substances actives CMR (les plus dangereuses pour la santé humaine) ayant été achetées en France métropolitaine dans chaque département, entre 2020 et 2022. Elle montre des quantités en tendance plus importantes dans le centre et le nord de la France, ainsi que certains départements de l’ouest.

Source : BNVD - données des achats au code postal des acheteurs extraites le 21 octobre 2023 (données 2021 et 2022), le 17 octobre 2022 (données 2020) et le 26 novembre 2020 (données 2009 à 2019). Traitements : OFB et SDES,2023

La banque nationale des ventes de produits phytopharmaceutiques (BNV-D)

La BNV-D est la banque de données compilant l’ensemble des ventes de produits phytopharmaceutiques effectuées par les distributeurs. Elle a été créée par la loi n° 2006-1772 du 30 décembre 2006 sur l’eau et les milieux aquatiques (LEMA). Cette loi institue la redevance pour pollutions diffuses à compter du 1er janvier 2008 et permet la traçabilité des ventes des distributeurs agréés.

Les données de la BNV-D permettent d’avoir à la fois une visualisation globale (ventes à l’échelle nationale et régionale grâce aux bilans depuis 2009) et plus fine des achats selon le code postal de l’acheteur (grâce aux registres, à partir de 2015).

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