Deuxième pays d’Europe le plus concerné par les catastrophes naturelles, la France recense 180 évènements naturels dommageables survenus entre 1900 à 2017. Un peu plus de deux tiers d’entre eux correspondent à des évènements naturels très graves survenus depuis 1950. Les évènements extrêmes causent des risques majeurs de fréquence faible, mais d’une gravité considérable.
De multiples aléas naturels menacent en effet les territoires et la population en France. Ces aléas, où événements naturels potentiellement dangereux, regroupent les inondations et les submersions marines, l’érosion côtière, les tempêtes et les cyclones, les mouvements de terrain, les feux de forêt, les avalanches, les éruptions volcaniques et les séismes. Les risques procèdent de la combinaison de l’aléa naturel et de la présence d’enjeux (population, activités économiques, patrimoine, etc.) dans les territoires touchés. La croissance urbaine et économique dans les territoires exposés accroît de facto sensiblement les impacts des catastrophes naturelles. De la même manière que les risques technologiques et ceux liés aux transports collectifs, les risques naturels font partie des risques majeurs. Caractérisés à la fois par une fréquence faible et par une gravité telle qu’ils dépassent les capacités de réaction de la société, les catastrophes naturelles causent de nombreuses victimes et d’importants dommages aux biens et à l’environnement.
Illustration des différents risques naturels majeurs : incendies de forêts, séismes, avalanches, tempêtes, cyclones, inondations et tsunamis.
Les événements naturels dommageables
La France recense 180 évènements naturels dommageables entre 1900 et 2017. Les catastrophes les plus meurtrières depuis le début du XXe siècle correspondent aux deux éruptions volcaniques de la montagne Pelée en 1902 (respectivement 28 000 et 1 000 morts) et à la vague de chaleur de l’été 2003 (surmortalité de 15 000 décès). Nonobstant le poids de ces deux catastrophes majeures en termes de victimes, neuf évènements dommageables sur dix résultent de phénomènes climatiques (inondations, submersions marines, érosion côtière, tempêtes et cyclones, mouvements de terrain, feux de forêt, avalanches), à l’origine de 3 100 victimes.
Note : les phénomènes atmosphériques rassemblent les ouragans, cyclones et tempêtes.
In fine, les séismes totalisent 59 % des victimes et les vagues de chaleurs 35 %. En termes d’occurrence, les inondations représentent environ deux tiers de l’ensemble de ces évènements et les phénomènes atmosphériques (cyclone, ouragan, tempête) un peu moins d’un cinquième.
Note : les victimes regroupent les décès et les disparus.
Champ : France
Source : MTES/DGPR/SRNH et BARPI. BD Gaspar, derniers arrêtés pris en compte, publiés au Journal officiel le 24/09/2017. AFP, CCR, FFSA/GEMA, Météo-France
Traitements : SDES, 2019
Note : les victimes regroupent les décès et les disparus.
Champ : France
Source : MTES/DGPR/SRNH et BARPI. BD Gaspar, derniers arrêtés pris en compte, publiés au Journal officiel le 24/09/2017. AFP, CCR, FFSA/GEMA, Météo-France
Traitements : SDES, 2018
Cependant, l’évolution des événements dommageables entre 1900 et 2017 ne reflète pas l’ampleur des risques encourus. En raison des dommages considérables qu’elles occasionneraient, des inondations centennales de la Loire ou de la Seine, ou un séisme dans la région niçoise font également partie des catastrophes les plus à craindre. Un nombre important de personnes, de services sensibles (production d’eau potable, fonctionnement des établissements sanitaires et sociaux, etc.) et d’échanges (distribution d’énergie, transports, communication, etc.) pourraient être touchés et entraver la vie économique en France pour une durée indéterminée. En outre, la France est exposée à d’autres risques naturels moins fréquents, mais pouvant être extrêmement dommageables, comme les séismes, les éruptions volcaniques ou les cyclones, notamment aux Antilles où ils pourraient s’avérer particulièrement meurtriers.
Les événements naturels très graves
Au demeurant, plus d’une centaine d’évènements très graves se sont produits en France depuis le début du XXe siècle selon l’échelle française de gravité des événements naturels dommageables. Ces évènements concernent a minima des accidents très graves, c’est-à-dire ayant entraîné la mort d’au moins 10 personnes ou généré au moins 30 M€ de dommages matériels.
| Classe de gravité | Dommage humains | Dommages matériels | ||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 0 : incident | Aucun blessé | Moins de 0,3 millions d'euros | 0 : incident | Aucun blessé | Moins de 0,3 millions d'euros | 0 : incident | Aucun blessé | Moins de 0,3 millions d'euros | ||||||
| 1 : accident | 1 ou plusieurs blessés | Entre 0,3 et 3 millions d'euros | 1 : accident | 1 ou plusieurs blessés | Entre 0,3 et 3 millions d'euros | 1 : accident | 1 ou plusieurs blessés | Entre 0,3 et 3 millions d'euros | ||||||
| 2 : accident grave | 1 à 9 morts | Entre 3 et 30 millions d'euros | 2 : accident grave | 1 à 9 morts | Entre 3 et 30 millions d'euros | 2 : accident grave | 1 à 9 morts | Entre 3 et 30 millions d'euros | ||||||
| 3 : accident très grave | 10 à 99 morts | Entre 30 et 300 millions d'euros | 3 : accident très grave | 10 à 99 morts | Entre 30 et 300 millions d'euros | 3 : accident très grave | 10 à 99 morts | Entre 30 et 300 millions d'euros | ||||||
| 4 : catastrophe | 100 à 999 morts | Entre 300 millions et 3 milliards d'euros | 4 : catastrophe | 100 à 999 morts | Entre 300 millions et 3 milliards d'euros | 4 : catastrophe | 100 à 999 morts | Entre 300 millions et 3 milliards d'euros | ||||||
| 5 : catastrophe majeure | 1 000 morts ou plus | 3 milliards d'euros ou plus | 5 : catastrophe majeure | 1 000 morts ou plus | 3 milliards d'euros ou plus | 5 : catastrophe majeure | 1 000 morts ou plus | 3 milliards d'euros ou plus |
Note : les dommages matériels sont évalués chaque année en euros courants.
Deux cinquièmes de ces évènements naturels très graves (soit 123 évènements) sont survenus au cours de la dernière décennie. Leur fréquence annuelle a quasi quadruplé ces deux dernières décennies par rapport aux quatre précédentes. Elle passe d’un évènement par an entre 1950 et 1996, à 3,6 entre 1997 et 2017. Pratiquement les deux tiers correspondent à des inondations. Viennent ensuite les cyclones et les tempêtes, les mouvements de terrain, les séismes et les avalanches. Les autres aléas (feux de forêt, vagues de chaleur, éruptions volcaniques, raz de marée) n’ont donné lieu qu’à de très rares événements naturels dommageables.
Depuis 1980, la fréquence des épisodes d’inondations est nettement plus marquée que pour les autres évènements. Cette recrudescence s’explique par l’accroissement de l’urbanisation dans les zones inondables et de facto des enjeux socio-économiques susceptibles d’être affectés lors d’un événement. Avec plus de 23 000 communes déclarées à risque inondation par les préfets, plus de la moitié du territoire se trouve exposé à cet aléa. De par la pression touristique (démographie, artificialisation) en augmentation constante, les territoires littoraux sont en outre également vulnérables à la submersion marine et à l’érosion côtière.
Note : évènements ayant fait plus de 10 morts ou plus de 30 M€ courants de dommages matériels.
Ressources
Géorisques - mieux connaître les risques sur le territoire
Le site Géorisques, édité par le ministère du Développement durable et conçu par le Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM), rassemble les informations géographiques sur les risques naturels et technologiques dans un portail national.
Lien direct vers le site web
Prévention des risques majeurs
La définition que je donne du risque majeur, c’est la menace sur l’homme et son environnement direct, sur ses installations, la menace dont la gravité est telle que la société se trouve absolument dépassée par l’immensité du désastre".
SIDE : L’observatoire national des risques naturels
Dossier thématique sur l'observatoire national des risques sur le site du Système d'Information du Développement durable et de l'Environnement.
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