Le transport maritime émet près d’un milliard de tonnes de CO2 par an, soit 3 % des émissions mondiales. Un secteur polluant, dont la décarbonation est un enjeu stratégique : comment réduire la pollution des navires et des ports ?
En mars 2026, l’ADEME (Agence de la transition écologique) alerte sur la pollution du transport maritime. Aujourd’hui, ce secteur émet près d’un milliard de tonnes de CO2 par an et représente environ 3 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, soit autant qu’un grand pays industrialisé. Si rien ne change, cela pourrait monter à 17 % d’ici 2050.
Pourtant, ce secteur est indispensable : 80 à 90 % des marchandises dans le monde passent par la mer. Il faut donc trouver des solutions pour décarboner les bateaux, c’est-à-dire réduire leurs émissions de carbone. L’objectif est de ne plus en émettre d’ici 2050, mais cela prendra du temps. Il existe environ 100 000 navires dans le monde (dont 400 à 500 français) et seulement 2 000 nouveaux sont construits chaque année. Il faudrait donc 50 ans pour remplacer toute la flotte.
Consommer moins de carburant
Le secteur consomme 230 millions de tonnes de carburant par an. Si des alternatives moins polluantes existent, comme l’hydrogène ou le méthanol, elles sont quatre fois plus chères que le fioul et ne sont pas produite en quantité suffisante.
D’autres pistes sont donc explorées :
- réduire la vitesse des bateaux de 10 % permet de diminuer la consommation de carburant d’environ 30 % ;
- utiliser des outils numériques permet d’optimiser la navigation et donc de ne pas avoir besoin d’autant de carburant pour un trajet donné. Cela permettrait de réduire les émissions de CO2 de 10 %, peu importe le bateau ;
- mieux entretenir les navires : en nettoyant les coques plus régulièrement, on enlève les organismes qui peuvent s’y attacher et les alourdir ;
- adapter les bateaux déjà en service : leur ajouter des voiles peut les aider à avancer sans utiliser de carburant, ce qui permet d’en économiser jusqu’à 20 % ;
- électrifier les ports pour limiter les émissions à quai. L’idée est simple : que les bateaux arrêtent leurs moteurs à quai et se branchent plutôt sur des bornes électriques. Cela a été mis en place à Marseille pour les ferries et cargo, à Toulon pour les ferries et navires de croisière et au Havre pour les paquebots de croisière.
Soutenir l’innovation
Des appels à projets sont mis en place pour financer de nouvelles solutions. Le Conseil d’orientation pour la recherche et l’innovation des industriels de la mer soutient ainsi des projets qui développent des bateaux moins polluants. L’appel à projet de mars 2026, d’environ 70 millions d’euros, aidera à financer à la fois l’achat ou l’amélioration de navires, l’équipement des ports en électricité et carburants alternatifs et l’adaptation des usines à des solutions plus vertes.
Le texte en haut de l’image demande : « Comment décarboner le transport maritime pour réduire son impact sur le climat ? ». En dessous, un grand bateau sur la mer est coupé en deux pour comparer. À gauche, c’est le passé : le bateau est sombre et ses cheminées crachent de la fumée polluante sur une mer agitée. À droite, c’est le futur : le bateau est clair, il utilise des voiles et de l’hydrogène (H2) pour avancer proprement, avec une usine moderne et des panneaux solaires en arrière-plan.
Ressources
Les dernières ressources
Décarboner le maritime : une opportunité industrielle
Ademe (Agence de la transition écologique) - Ademe infos - Mars 2026.