Les vagues de chaleur marines sont de plus en plus fréquentes, longues et intenses. Elles modifient déjà la vie de nombreuses espèces, même si l’ampleur de leurs effets sur la biodiversité et les activités du littoral restent encore en partie méconnus.
Quelles sont les conséquences des canicules marines ? À partir de nombreuses études menées en France et dans d’autres régions du monde, les chercheurs de l’Ifremer (Institut français de recherche dédié à la connaissance de l’océan) montrent que ces épisodes sont de plus en plus fréquents, longs et intenses. Ils modifient déjà la reproduction, la croissance ou la survie de plusieurs espèces marines.
Des espèces déjà touchées
Une vague de chaleur marine c’est une période de plus de cinq jours où la température de la surface de la mer dépasse 90 % des températures observées à la même période, sur les 30 années précédentes. En France, les épisodes de chaleur du printemps 2026 en donnent un exemple : la lagune de Thau dans l’Hérault a atteint 25,4 degrés le 30 mai, contre 20,1 degrés habituellement. Également en mai, à Brest, la mer a atteint 19,3 degrés, soit 3,6 degrés de plus que les températures habituelles. La zone océanique manche/atlantique et les lagons de Polynésie française se réchauffent aussi.
Les conséquences de ces vagues de chaleur sont déjà visibles. En 2025, les huîtres creuses ont pondu entre deux et quatre semaines plus tôt qu’auparavant. À Thau, elles peuvent pondre jusqu’à six fois par saison, contre quatre il y a une quinzaine d’années. En Méditerranée, les gorgones, des animaux marins fixés au fond de la mer qui ressemblent à de petits arbustes, connaissent des épisodes de mortalité importants depuis 1999. Les plongeurs témoignent de forêts entières blanchies et mortes, comme brûlées.
Des conséquences aussi pour la pêche
Les canicules marines peuvent conduire certaines espèces à se rendre vers des eaux plus fraîches, ce qui a des conséquences pour la pêche. En Manche, les captures de bulots sont passées de plus de 10 000 tonnes par an avant 2018 à 1 900 tonnes en 2025. Les scientifiques étudient actuellement le rôle que pourraient jouer les canicules marines dans cette baisse.
L’Ifremer rappelle toutefois que plusieurs liens de cause à effet restent à confirmer. Les chercheurs souhaitent donc poursuivre leurs observations afin de mieux comprendre ces épisodes, d’aider les pouvoirs publics à prendre leurs décisions et de permettre aux activités du littoral de mieux s’y adapter.
À droite, le texte indique : « Vagues de chaleur marines : quel impact sur la vie marine et les côtes ? ». Une illustration sous-marine montre un contraste : d’un côté, des coraux et algues très colorés, entourés de poissons ; de l’autre, les mêmes coraux apparaissent blancs et abîmés, sur un fond sableux, pour montrer les effets du réchauffement de l’eau sur la vie marine.
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Les vagues de chaleur marines : quelles conséquences sur la biodiversité et le fonctionnement des écosystèmes côtiers ?
Ifremer (Institut français de recherche dédié à la connaissance de l’océan) - 2 juillet 2026.