Le climat n’a jamais été aussi déséquilibré depuis le début des observations

Publié le | Commissariat général au développement durable

Le climat se dérègle rapidement à un niveau inédit : chaleur record, océans en surchauffe, glaces qui fondent. Le dernier rapport de l’organisation météorologique mondiale alerte sur des impacts déjà visibles au quotidien.

Aujourd’hui, le climat de la Terre est plus déséquilibré que jamais depuis le début des observations, explique le dernier rapport de l’Organisation météorologique mondiale (OMM). Pour cause : l’augmentation rapide des gaz à effet de serre comme le méthane, le protoxyde d’azote et le CO2, qui en 2024 a atteint son niveau le plus élevé depuis 2 millions d’années. Ces gaz retiennent la chaleur dans l’atmosphère et sont de plus en plus présents.

Les scientifiques ont observé que les années 2015 à 2025 sont les 11 années les plus chaudes jamais enregistrées. L’année 2024 détient le record de chaleur : la température moyenne mondiale était d’environ 1,55 degrés de plus que celle de la période 1850-1900, avant l’industrialisation. Les effets de ces hausses de températures dureront pendant des centaines voire des milliers d’années.

Sur Terre, un déséquilibre

La Terre reçoit de l’énergie du Soleil et en renvoie une partie vers l’espace. Normalement, ces deux flux sont équilibrés, mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. La Terre garde plus d’énergie qu’elle n’en renvoie. Ce déséquilibre énergétique de la Terre s’est accentué depuis le début des observations en 1960, en particulier au cours des vingt dernières années. Il a atteint un nouveau record en 2025. Ce « déséquilibre énergétique » a fortement augmenté ces vingt dernières années.

Cette énergie en trop est absorbée par les océans (pour 91 %), les terres (5 %) et l’air (1 %). Les 3 % restants font fondre les calottes glaciaires et la banquise. Même si on ressent surtout la hausse de température dans l’air, l’essentiel du réchauffement se passe ailleurs.

De graves conséquences sur les mers et les océans

Environ 29 % des émissions de CO2 liées aux activités humaines ont été absorbées par l’océan entre 2015 et 2024. Cela a deux conséquences concrètes :

  • le rythme de réchauffement des océans a presque doublé entre 1960 et 2005, puis 2005 et 2025. Depuis neuf ans, chaque année bat un record de chaleur. En 2025, près de 90 % des océans ont connu au moins une vague de chaleur marine ;
  • leur « pH » diminue petit à petit. Autrement dit, l’eau n‘a jamais été aussi acide depuis au moins 26 000 ans. C’est particulièrement vrai pour l’océan Indien ou le Pacifique.

Tout cela contribue à la destruction des écosystèmes marins, ce qui menace la pêche. Les glaciers et les calottes polaires fondent rapidement en Arctique, Antarctique, Islande et sur la côte pacifique de l’Amérique du Nord. Par conséquent, le niveau des mers a augmenté d’environ 11 cm en moyenne depuis 1993, au détriment des côtes et des eaux souterraines, qui deviennent plus salées.

Des répercussions directes au quotidien

L’OMM (Organisation météorologique mondiale) rappelle que les événements climatiques, plus fréquents et plus violents, ne se contentent pas de causer des morts. Ils coûtent cher, abîment les cultures, créent des tensions politiques et sociales en obligeant des populations à se déplacer, et augmentent les risques d’attraper certaines maladies. Aujourd’hui, près de la moitié de la population mondiale est exposée à la dengue, une maladie transmise par les moustiques, qui s’épanouissent dans des températures plus élevées.

La quantité de chaleur accumulée par la Terre a atteint un niveau record en 2025
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Le texte au centre de l’image dit : « La quantité de chaleur accumulée par la Terre a atteint un niveau record en 2025 ». De chaque côté du texte, on voit une moitié de la Terre colorée en rouge et orange vif. Des cercles et des flèches qui montent représentent la chaleur qui s’accumule tout autour du monde.

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