Métaux, minerais, biomasse comme le bois, énergies fossiles comme le pétrole… L’empreinte matières mesure la quantité de matières premières utilisées dans le monde pour produire les biens et services consommés dans un pays, y compris celles utilisées à l’étranger pour fabriquer les biens importés. En 2023, l’empreinte matières de la France reste supérieure à la moyenne mondiale, avec toutefois une baisse observée depuis plusieurs années.
Une consommation de matières supérieure à la moyenne mondiale mais inférieure à la moyenne européenne
En 2023, l’empreinte matières de la France atteint 12,2 tonnes par habitant selon la méthodologie européenne d’Eurostat, soit le poids total d’environ 6 grosses voitures. Les estimations de l’ONU permettent de comparer la France avec les autres pays du monde et évaluent cette empreinte à 17,7 tonnes par habitant.
Ces comparaisons permettent de situer la France par rapport aux autres pays. Avec 17,7 tonnes par habitant, l’empreinte française est supérieure de 38 % à la moyenne mondiale, estimée à 12,8 tonnes.
Mais elle est en dessous de celles de plusieurs grands pays développés, comme les États-Unis ou l’Australie, qui dépassent 30 tonnes par habitant. À l’inverse, l’Inde affiche une empreinte de 5,2 tonnes par habitant.
Crédits : International Resource Panel ; Global Material Flows Database, 2026. Traitement : SDES, 2026
Agrandir la figure 4992Empreinte matières des pays du monde en tonne par habitant
Au niveau mondial, l’empreinte matières est fortement tirée par les pays développés. En 2023, la France affiche une empreinte matières 38 % au-dessus de la moyenne mondiale (12,8 t/hab.), soit un écart proche de celui observé en 2022. À titre de comparaison, l’Inde atteint 5,2 t/hab., la Russie 11,7 t/hab., tandis que la Chine dépasse 20 t/hab. L’Australie et les États-Unis se situent au niveau le plus élevé (31,5 t/hab.).
Note : les calculs de l’UNEP ne donnent pas les mêmes résultats qu’Eurostat pour la DMC et l’empreinte matières des pays européens.
Sources : International Resource Panel ; Global Material Flows Database, 2026. Traitement : SDES, 2026
Derrière les achats, des matières issues du monde entier
L’empreinte matières prend en compte toutes les ressources nécessaires à la fabrication des biens et services consommés en France : matériaux de construction, métaux, biomasse agricole ou forestière, combustibles fossiles, mais aussi les matières utilisées à l’étranger pour fabriquer les produits importés. Elle permet ainsi d’estimer la quantité totale de matières premières nécessaire pour la consommation en France, y compris hors de nos frontières.
En 2023, l’empreinte matières française (12,2 t/hab.) dépasse de 15 % la consommation intérieure de matières (10,7 t/hab.). Cela montre qu’une partie des ressources nécessaires à notre consommation est utilisée à l’étranger pour fabriquer les biens que la France importe.
Une diminution en France mais une pression mondiale qui continue d’augmenter
Si l’empreinte matières par habitant diminue en France depuis plusieurs années (-29 % depuis 2008), au niveau mondial elle continue d’augmenter. L’extraction de matières premières a plus que triplé depuis 1970, car la population et le niveau de vie augmentent dans de nombreuses régions du monde.
Selon les projections du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), l’empreinte matières mondiale pourrait atteindre près de 20 tonnes par habitant d’ici à 2050 si les tendances actuelles se poursuivent. Limiter cette hausse suppose de consommer moins de matières premières et de les utiliser plus efficacement.
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L’empreinte matières de la France en 2023 : un indicateur de notre consommation effective de matières premières
Article Web, Service des données et études statistiques – juin 2026