Émissions de gaz à effet de serre, perte de biodiversité, artificialisation des sols, diminution de la ressource en eau, augmentation des risques naturels… Le bilan environnemental 2025 rassemble les principaux indicateurs permettant de suivre l’évolution de l’environnement en France. Il montre les progrès réalisés dans certains domaines, mais aussi les dégradations qui s’accentuent.
Des progrès dans plusieurs domaines et des signaux positifs
Depuis 1990, les émissions de gaz à effet de serre de la France ont diminué de 32 %. Les prélèvements d’eau pour l’industrie ont reculé de 32 % en seize ans. Les dépenses consacrées à l’environnement progressent plus vite que l’économie dans son ensemble (+ 10,2 % par an depuis 2020).
D’autres évolutions témoignent d’une transformation progressive des activités économiques. En agriculture, les produits utilisables en agriculture biologique ou de biocontrôle représentent désormais 36 % des ventes de produits phytopharmaceutiques, contre 17 % en 2010. Les éco-activités poursuivent également leur développement.
Climat, biodiversité et artificialisation restent des défis majeurs
Ces progrès ne suffisent toutefois pas à effacer plusieurs tendances préoccupantes. La température moyenne en France métropolitaine a augmenté de 2,1 °C sur la période 2015-2024 par rapport à 1900-1930. Les événements naturels très graves sont aujourd’hui quatre fois plus fréquents qu’au cours de la seconde moitié du 20e siècle.
En France métropolitaine, l’abondance des populations d’oiseaux spécialistes des milieux agricoles diminue de 20 % entre 2019 et 2024, de 7 % pour les oiseaux spécialistes des milieux forestiers et de 19 % pour les oiseaux spécialistes des milieux urbains. C’est dû à la dégradation de leur lieu de vie et la diminution du nombre d’insectes.
Les zones humides continuent de reculer, avec une diminution de 7 % de leur superficie depuis 1990. Dans le même temps, près de 20 000 hectares d’espaces naturels et agricoles sont artificialisés chaque année, soit deux fois la surface de la ville de Paris, principalement pour la construction de logements. L’artificialisation des sols dégrade la nature et augmente les risques de ruissellement des eaux. Elle pénalise aussi les activités humaines avec la disparition de terres agricoles et l’allongement des trajets liés à l’étalement des villes.
Un bilan clair et fiable pour suivre les grandes évolutions
Le Bilan environnemental de la France réunit les principaux indicateurs sur les pressions qui pèsent sur l’environnement, l’état de la nature, les risques et les actions de protection.
Il permet ainsi de suivre les progrès déjà réalisés, mais aussi les défis qui restent à relever pour protéger les ressources naturelles, le climat et la biodiversité.
Indicateurs clés de l’environnement : les tendances
- Moins 32 % d’émissions de gaz à effet de serre (hors UTCATF) entre 1990 et 2024.
- Plus 10,2 % par an en euros courants depuis 2020 de dépenses environnementales (contre plus 6,8 % pour le PIB).
- Plus 2,1 % en moyenne en France métropolitaine sur la période 2015-2024 par rapport à 1900-1930. Un risque de disparition de 30 % des espèces selon le GIEC.
- Plus 4,7 % de valeur ajoutée pour les éco-activités par an depuis 2004 en euros courants (contre 2,7 % pour le reste de l’économie).
- Moins 37 points d’indice pour les oiseaux spécialistes (milieux agricoles, forestiers, bâtis) contre plus 6 points d’indice pour les oiseaux généralistes entre 1989 et 2024.
- Plus 20 000 hectares d’espaces naturels et agricoles consommés chaque année entre 2019 et 2023 dont 63 % pour la construction d’habitations.
- 4 fois plus d’événements naturels très graves par an entre 2001 et 2024, par rapport à 1950-2000.
- 7 % des zones humides ont disparu entre 1990 et 2020, contre moins 50 % entre 1960 et 1990.
- Moins 32 % de prélèvements en eau pour l’industrie sur 16 ans. L’industrie (hors énergie) représente 7,5 % des prélèvements totaux.
- Stabilité des émissions de gaz à effet de serre du transport depuis 1990. Le secteur reste le premier émetteur de gaz à effet de serre de la France.
- 36 % de ventes de produits phytopharmaceutiques en 2023 sont des substances utilisables en agriculture biologique et en produits de biocontrôle, contre 17 % en 2010.
Ressources
Les dernières ressources
Bilan environnemental de la France – Édition 2025
Datalab, Service des données et études statistiques, mai 2026