L’économie mondiale dépend d’une nature en bonne santé

Mis à jour le | Commissariat général au développement durable

Un rapport international approuvé par 150 pays alerte : la disparition de la biodiversité menace directement la stabilité économique. Entreprises, banques, États… Tous sont concernés.

Le « Rapport d’évaluation méthodologique sur l’impact et la dépendance des entreprises à l’égard de la biodiversité et des services écosystémiques rendus à l’humanité » est le fruit d’un travail de 2 ans qui a mobilisé 80 experts issus de 35 pays. Il montre que la disparition de la biodiversité représente un risque majeur pour les entreprises et pour le système économique en général. En effet, les activités économiques dépendent fortement de la nature : il faut des sols fertiles pour cultiver, de l’eau pour produire, des insectes pour polliniser les plantes, des ressources naturelles pour fabriquer des objets…

Or, la biodiversité est mise en danger par l’accélération du réchauffement climatique. Et quand les écosystèmes se dégradent, les entreprises peuvent avoir plus de difficultés à produire ou à s’approvisionner. Pourtant elles polluent, surexploitent les ressources et émettent beaucoup de gaz à effet de serre… ce qui contribue à l’accélération du réchauffement climatique et au déclin de la biodiversité.

Biodiversité et économie sont liées

Ce rapport, approuvé par l’ensemble des 150 pays membres de la plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), souligne que tous les acteurs économiques, quelle que soit leur taille ou leur secteur d’activité, sont concernés. Elle appelle les entreprises à prendre la juste mesure de leurs impacts et de leur dépendance à la nature, à fixer des objectifs et à mettre en place des actions concrètes. Le rapport rappelle qu’elles peuvent agir des fournisseurs à la production, en passant par la distribution.

Les banques et les investisseurs sont aussi concernés, car ils financent des entreprises dépendantes des écosystèmes. Les institutions financières doivent choisir de financer des activités protégeant la nature. D’après ce rapport, une économie qui ne la prend pas en compte ne pourra pas durer dans le temps.

Des règles à faire évoluer

En 2023, les subventions publiques et les investissements privés ayant des effets négatifs directs sur la nature étaient estimés à 7 300 milliards de dollars dans le monde, soit plus de deux fois le PIB de la France. Selon l’IPBES, les systèmes d’aides et de sanctions ne suffisent pas aujourd’hui à encourager les entreprises à agir contre l’érosion de la biodiversité. Pour changer cela, il faut faire évoluer les cadres politiques, juridiques, économiques et financiers.

L’Office français de la biodiversité et la Fondation pour la recherche sur la biodiversité, tous deux membres de l’IPBES, s’engageront à diffuser les messages de ce rapport auprès des entreprises et régions concernées.

L'économie a des conséquences sur la biodiversité
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Sur cette image, à gauche, le texte explique que l’économie a des conséquences sur la biodiversité. À droite, une main tient un document officiel de l’IPBES (plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques). Ce rapport contient plusieurs images montrant des liens entre l’homme et l’environnement : une ville, la récolte de sève d’un arbre, une abeille qui butine une fleur et un bateau sur l’océan.

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