En Europe, les élevages extensifs aident à maintenir des espaces naturels protégés

Publié le | Commissariat Général au Développement Durable

Une étude de l’Agence européenne pour l’environnement montre que les élevages où les animaux pâturent librement sur de grandes surfaces jouent un rôle clé pour la biodiversité. Pourtant, ils ne mobilisent qu’une faible part du bétail.

Les élevages où les animaux pâturent librement sur de grandes surfaces, appelés systèmes d’élevage extensif, aident à protéger la nature en Europe. C’est ce que montre une étude de l’Agence européenne pour l’environnement.

Un rôle central pour la biodiversité

Ces élevages sont encore peu nombreux, mais ils sont essentiels pour préserver les milieux naturels. En Europe, environ un milieu naturel protégé sur trois, comme les prairies, les landes ou certaines zones humides, a besoin du pâturage des animaux pour se maintenir. Ces milieux abritent de nombreuses espèces : une grande majorité des espèces de papillons protégées et de nombreux oiseaux des prairies en dépendent.

Au total, ces milieux couvrent environ 35 millions d’hectares, soit près de 22 % des terres agricoles de l’Union européenne. Pour les entretenir, il suffirait de mobiliser environ 12,6 % du total du nombre de ruminants (bovins, moutons, chèvres…) présents dans les 27 pays de l’UE. Cela correspond à environ 7,8 millions d’animaux à l’échelle de l’Union européenne. Autrement dit, une part relativement faible du bétail peut avoir un impact majeur sur la biodiversité, à condition d’être utilisée au bon endroit.

Des systèmes en déclin, un enjeu pour l’avenir

Ces élevages extensifs disparaissent progressivement. L’agriculture s’est intensifiée, avec des animaux souvent élevés en bâtiment ou concentrés dans les zones les plus productives. Au contraire, les systèmes d’élevage extensif, qui reposent sur le pâturage et peu d’animaux, ont fortement reculé. Résultat : les zones rurales plus isolées, où se trouvent ces milieux naturels qui ont besoin d’être entretenus, sont de moins en moins pâturées. Entre 2010 et 2020, le nombre élevages extensifs a baissé de plus de 70 % dans ces espaces.

Ce déséquilibre a des conséquences directes. Le recul du pâturage favorise l’accumulation de végétation sèche, ce qui augmente les risques d’incendie, notamment dans le sud de l’Europe. L’étude conclut que ces systèmes sont indispensables pour atteindre les objectifs européens en matière de biodiversité et de gestion des paysages. Leur mise en place dépendra des choix politiques et économiques à venir.

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À gauche, le texte dit : « Le pâturage extensif : indispensable pour la nature en Europe ». À droite, le dessin montre une vache et une brebis qui mangent paisiblement de l’herbe dans un grand champ vert. Autour d’eux, trois bulles de couleur mettent en avant les bienfaits de cette pratique avec des illustrations de fleurs sauvages, de papillons, d’abeilles et d’un oiseau.

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