Sahima Hamlaoui et Maria Cellamare, deux chercheuses en écologie, étudient le phytoplancton de la Seine. Ces organismes invisibles sont essentiels à la vie à la fois dans et hors de l’eau. Ils sont aussi utiles pour suivre les évolutions du climat.
À Paris et sur les bords de la Seine, des scientifiques proposent en 2026 de mieux protéger un élément vivant très discret du fleuve : le phytoplancton, de minuscules organismes présents dans l’eau. Pour mieux comprendre ces minuscules organismes et les intégrer à la protection du patrimoine de la Seine, Sahima Hamlaoui et Maria Cellamare, chercheuses en écologie, en ont fait leur objet d’étude.
Un rôle essentiel pour la vie
Le phytoplancton est composé de microalgues et de bactéries qui possèdent de la chlorophylle et peuvent donc faire de la photosynthèse. Cet ensemble, invisible à l’œil nu, flotte dans l’eau. Il est indispensable : grâce à la photosynthèse, il produit environ la moitié de l’oxygène que nous respirons. Il est aussi à la base de toute la chaîne alimentaire dans les milieux aquatiques. Sans phytoplancton, pas de vie dans l’eau.
Ces organismes servent aussi de « signaux » pour les scientifiques, parce qu’ils réagissent très vite aux changements dans l’eau. Ils sont donc utilisés comme indicateurs de sa qualité. Par exemple, si à la suite de fortes pluies, des eaux usées sont rejetées dans la Seine, le développement du phytoplancton est modifié. En l’observant, les scientifiques peuvent donc savoir si l’eau est en bonne santé, à court et à long terme.
Mieux suivre la santé de la Seine
Aujourd’hui, il y a peu de spécialistes du phytoplancton et pas assez de données. Les chercheuses proposent donc de faire participer le public à leur étude. Le projet de sciences participatives « Planktonautes d’Île-de-France » permet à des chercheurs, des étudiants et des habitants d’observer le plancton dans les lacs et les rivières de la région parisienne grâce à un petit microscope portable, simple à utiliser sur le terrain. Sahima Hamlaoui et Maria Cellamare proposent aussi de créer des « écoles sentinelles » le long de la Seine. Les élèves y apprendraient à observer la santé du fleuve et à comprendre les dangers qui menacent le phytoplancton.
Avec ces projets de sciences participatives, les Parisiens et les Parisiennes, les associations et les élus pourront participer à la protection de la nature en ville. Ces observations sur plusieurs années permettront de mieux comprendre les effets du changement climatique sur la Seine.
Au centre, le texte dit : « Le phytoplancton de la Seine : un patrimoine vivant à protéger ». L’illustration est coupée en deux : la partie haute montre la surface de la ville avec la cathédrale Notre-Dame et la Tour Eiffel. La partie basse plonge sous l’eau pour faire un zoom sur le phytoplancton, représenté par de petites formes vertes qui s’agitent au milieu des poissons et des algues sauvages.
Ressources
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Le phytoplancton de la Seine : un patrimoine vivant à protéger
Muséum national d’Histoire naturelle, 17 avril 2026
Si les rives de la Seine sont célèbres pour leurs monuments historiques, elles abritent aussi un monde microscopique méconnu : le phytoplancton. Essentiel à la production d’oxygène et à l’ensemble de la chaîne alimentaire aquatique, ce « peuple de l’invisible » fait aujourd’hui l’objet d’une démarche inédite visant à l’intégrer au concept du « paysage urbain historique » de l’UNESCO.