Le changement climatique peut favoriser les violences en fragilisant l’agriculture et en accentuant les tensions autour des ressources. Des solutions existent pour limiter ces risques, mais elles doivent être bien encadrées.
Le changement climatique peut indirectement augmenter les violences dans le monde : c’est l’enseignement que deux chercheurs proposent dans leur étude publiée le 10 novembre 2025.
Climat, agriculture et violences
Les sécheresses, les vagues de chaleur et les inondations deviennent plus fréquentes et plus fortes. Ces événements climatiques réduisent le rendement des récoltes et les revenus des agriculteurs. Cela peut pousser certaines personnes à rejoindre des groupes armés, pour y gagner plus d’argent. La rareté des ressources renforce aussi les tensions entre communautés. Et la chaleur elle-même peut suffire à rendre plus agressif.
Ces phénomènes peuvent s’auto-alimenter. Les catastrophes climatiques augmentent le risque de conflit et les conflits, à leur tour, abîment l’environnement : exploitation minière illégale, déforestation, pollution des rivières… Cela créée des cercles vicieux où la violence et la dégradation de la nature se renforcent
Des ressources qui génèrent des tensions
La transition vers une économie moins polluante augmente fortement la demande en minerais comme le lithium. Or, ces ressources peuvent être situées dans des régions déjà fragiles. Des travaux avaient déjà montré que la hausse des prix du pétrole et des métaux intensifie les violences dans certaines zones de production. Cette dynamique pourrait s’accentuer avec l’extraction de ces minerais. Dans tous les cas, leur extraction risque de polluer l’environnement, notamment l’eau, ce qui affecte les récoltes et diminue les revenus des agriculteurs.
Souvent, plusieurs problèmes se cumulent, et les régions touchées par la sécheresse sont aussi riches en ressources minières. Le conflit entre la République démocratique du Congo et le Rwanda en est un exemple. Les deux pays sont marqués par des événements météorologiques extrêmes comme des sécheresses de plus en plus longues ou des pluies de plus en plus violentes, les terres sont riches en cobalt et en cuivre, et les populations vivent encore majoritairement de l’agriculture. Chacun accuse l’autre d’armer des groupes rebelles.
Limiter la violence
Pour réduire les risques de conflit, plusieurs actions sont possibles :
- mettre en place des assurances individuelles et une protection sociale pour stabiliser les revenus et éviter que des personnes rejoignent des groupes armés ;
- rendre l’agriculture plus résiliente grâce à des systèmes d’irrigation ou de semis résistants à la sécheresse ;
- créer des routes et des marchés pour assurer l’accès à la nourriture quelle que soit la météo et réduire les risques de famine ;
- encadrer l’exploitation des ressources minières et partager les revenus de façon plus équitable, afin de limiter le financement des groupes armés.
Ces politiques sont coûteuses, mais elles restent souvent moins chères que les conflits.
Le texte explique que « Le changement climatique nourrit les conflits armés et la violence au cœur de la société ». En fond, un champ de maïs change d’aspect de gauche à droite : les plantes sont d’abord vertes et fortes, puis elles deviennent marron et sèches à cause du manque d’eau. Tout à droite, sur la terre sèche, on voit des douilles de balles au sol pour symboliser la guerre.
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Comment le réchauffement climatique nourrit la violence
The Conversation, Oliver Vanden Eynde, Juan Vargas, 18 mars 2026
Le changement climatique peut aussi nourrir, indirectement, les violences. En cause, des tensions sur l’agriculture et l’exploitation des ressources minières requise pour la transition énergétique, notamment. De quoi mieux comprendre les risques de conflit armés dans le monde.