Asthme, diabète, productivité… Invisible mais omniprésente, la pollution de l’air rend malade et pèse lourd sur l’économie en France.
La pollution de l’air est un problème important en France. Elle a des effets bien connus sur la santé, mais elle a aussi des conséquences importantes sur l’économie. Parmi les polluants de l’air, on retrouve les particules fines (PM2,5) et le dioxyde d’azote (NO2). Le NO2 vient surtout des gaz d’échappement des voitures. Il y en a donc plus dans les grandes villes et près des routes. Les particules fines, elles, sont plus présentes dans le nord et l’est du pays, notamment à cause du chauffage au bois. Si la qualité de l’air en France s’est nettement améliorée depuis vingt ans, elle dépasse encore les niveaux recommandés par l’Organisation mondiale de la santé dans certaines grandes villes, notamment l’hiver et l’été.
Une pollution mauvaise pour la santé
La pollution de l’air a d’importantes répercussions sur la santé. À court terme, elle peut provoquer des crises d’asthme ou des infections aux poumons. À long terme, elle favorise des maladies graves, comme les maladies du cœur, des poumons ou le diabète. En France, l’exposition prolongée à la pollution est responsable d’environ 40 000 décès par an pour les particules fines et d’environ 7 000 décès pour le dioxyde d’azote (NO2). Chez les enfants, elle serait liée à environ 20 % des nouveaux cas d’asthme.
L’impact de la santé sur l’économie
La pollution de l’air réduit aussi les capacités physiques et mentales. Elle peut provoquer de la fatigue, une baisse d’endurance, des difficultés de concentration et des troubles de la mémoire. Elle participe donc à diminuer la productivité au travail, aussi bien dans les métiers de bureau que dans les métiers physiques, comme l’agriculture ou l’industrie, où elle augmente aussi le risque d’accidents du travail. Une hausse de 10 % de la pollution aux particules fines peut faire baisser d’environ 0,4 % le chiffre d’affaires des entreprises, sans rattrapage ensuite. À l’inverse, réduire la pollution de manière à ne pas excéder les niveaux de pollution recommandés par l’OMS pourrait augmenter le produit intérieur brut de la France. Cela représenterait environ 7 milliards d’euros par an, soit 100 euros par français ou plus de la moitié du budget de la justice.
À plus long terme, la pollution de l’air pourrait affecter les capacités d’apprentissage des enfants et finir par freiner l’innovation, ce qui pèserait sur la croissance économique du pays.
Des coûts importants dès aujourd’hui
La pollution de l’air coûte cher. Les morts de suite de maladies liées aux particules fines représentent environ 12,9 milliards d’euros par an, soit l ‘équivalent de tout le budget de la justice en France, et celles liées au dioxyde d’azote sont estimées à 3,8 milliards. Les décès prématurés ont un coût encore plus important. Il est estimé à environ 130 milliards d’euros par an pour les particules fines et 23 milliards pour le NO2. Soit environ plus de deux fois le budget de l’éducation nationale. Réduire la pollution, c’est donc aussi potentiellement des économies pour financer les besoins du pays.
Le texte en haut de l’image dit : « En plus d’avoir des effets sur la santé, la pollution de l’air se répercute sur l’économie ». En dessous, trois bulles montrent le problème : d’abord des usines, des voitures et un derrick qui polluent, puis un travailleur fatigué avec un dessin de poumons derrière lui, et enfin un graphique qui descend avec des pièces de monnaie pour montrer que l’économie chute.
Ressources
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Pollution de l’air : au-delà des effets sanitaires des répercussions économiques importantes
Direction générale du Trésor, rapport n° 380, pollution de l’air : au-delà des effets sanitaires, des répercussions économiques importantes - Février 2026.