Chiffres clés

En ville, dans les champs ou en forêt : que nous disent les oiseaux sur l’état de la nature ?

Mis à jour le | Commissariat Général au Développement Durable

- 32 % Baisse des populations d’oiseaux communs « spécialistes », des champs, des villes et des forêts dans l’Hexagone entre 1989 et 2024

Certains oiseaux dits « spécialistes » vivent dans des habitats spécifiques : les champs, les villes ou les forêts. Ils réagissent rapidement aux transformations de leur environnement parce qu’ils dépendent fortement de ces milieux. Leur présence constitue ainsi un bon indicateur de l’état de la biodiversité, car les oiseaux se situent en haut des chaînes alimentaires. Dans l’hexagone, les populations d’oiseaux spécialistes ont diminué d’environ un tiers en 35 ans, un signal de l’appauvrissement progressif des populations d’oiseaux qui s’exprime, entre autres, par une diversité d’espèces plus faible.

Des oiseaux étroitement liés à leur environnement

Contrairement aux espèces dites « généralistes », capables de s’adapter à de nombreux changements, les oiseaux « spécialistes » dépendent d’un milieu particulier pour se nourrir, se reproduire ou nicher. Lorsque ces milieux se dégradent voire disparaissent, avec l’évolution des paysages agricoles, la modification des villes ou les changements dans les forêts, leurs populations sont souvent les premières à être impactées.

Depuis la fin des années 1980, le nombre d’oiseaux spécialistes observés en France métropolitaine a diminué d’environ 32 %. Cette évolution traduit les transformations des milieux naturels et des paysages.

Des évolutions différentes selon les milieux

Les oiseaux des milieux agricoles sont les plus touchés : leurs populations ont diminué de 46 % depuis 1989. Cette évolution s’explique notamment par les changements d’usage des sols agricoles, la raréfaction des haies de bocage ou encore la diminution de certaines ressources alimentaires.

Les oiseaux des milieux bâtis ont également fortement diminué (- 41 %). La disparition de certains sites de nidification et la baisse du nombre d’insectes peuvent expliquer ces évolutions.

Les oiseaux forestiers spécialistes sont moins touchés, mais leurs populations ont tout de même diminué d’environ 10 % sur la même période.

Crédits : MNHN CESCO (Muséum national d’histoire naturelle, Centre d’écologie et de sciences de la conservation), 2025. Traitements : CESCO – PatriNat (OFB-CNRS-MNHN), novembre 2025 ; SDES, 2025.

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Évolution de l’abondance des oiseaux communs spécialistes de l’Hexagone entre 1989 et 2024 en indice base 100 en 1989.

  • Espèces des milieux agricoles
    1989 : 100 / 1990 : 93 / 1991 : 75 / 1992 : 83 / 1993 : 75 / 1994 : 78 / 1995 : 75 / 1996 : 74 / 1997 : 82 / 1998 : 79 / 1999 : 70 / 2000 : 70 / 2001 : 73 / 2002 : 67 / 2003 : 67 / 2004 : 66 / 2005 : 73 / 2006 : 67 / 2007 : 69 / 2008 : 70 / 2009 : 65 / 2010 : 61 / 2011 : 61 / 2012 : 61 / 2013 : 59 / 2014 : 55 / 2015 : 58 / 2016 : 49 / 2017 : 47 / 2018 : 45 / 2019 : 46 / 2020 : 48 / 2021 : 51 / 2022 : 46 / 2023 : 39 / 2024 : 37
  • Espèces des milieux forestiers
    1989 : 100 / 1990 : 108 / 1991 : 96 / 1992 : 88 / 1993 : 87 / 1994 : 85 / 1995 : 84 / 1996 : 84 / 1997 : 81 / 1998 : 82 / 1999 : 83 / 2000 : 81 / 2001 : 80 / 2002 : 97 / 2003 : 99 / 2004 : 95 / 2005 : 92 / 2006 : 87 / 2007 : 95 / 2008 : 83 / 2009 : 79 / 2010 : 94 / 2011 : 91 / 2012 : 94 / 2013 : 86 / 2014 : 84 / 2015 : 89 / 2016 : 94 / 2017 : 89 / 2018 : 84 / 2019 : 83 / 2020 : 83 / 2021 : 83 / 2022 : 78 / 2023 : 79 / 2024 : 77
  • Espèces des milieux bâtis
    1989 : 100 / 1990 : 92 / 1991 : 103 / 1992 : 90 / 1993 : 88 / 1994 : 93 / 1995 : 79 / 1996 : 78 / 1997 : 79 / 1998 : 83 / 1999 : 77 / 2000 : 80 / 2001 : 73 / 2002 : 77 / 2003 : 72 / 2004 : 81 / 2005 : 85 / 2006 : 86 / 2007 : 77 / 2008 : 74 / 2009 : 73 / 2010 : 76 / 2011 : 76 / 2012 : 72 / 2013 : 61 / 2014 : 60 / 2015 : 63 / 2016 : 66 / 2017 : 68 / 2018 : 58 / 2019 : 61 / 2020 : 57 / 2021 : 54 / 2022 : 50 / 2023 : 53 / 2024 : 51

Suivre les oiseaux pour mieux protéger la biodiversité

Les évolutions des populations d’oiseaux sont suivies dans l’Hexagone grâce au programme STOC (Suivi temporel des oiseaux communs) coordonné par le Muséum national d’histoire naturelle et reposent sur un large réseau d’observateurs bénévoles. Cet indicateur sert aussi à orienter l’action publique : à l’échelle européenne, le règlement sur la restauration de la nature adopté en 2024 prévoit notamment d’améliorer l’état de certains habitats et de suivre l’évolution des oiseaux des milieux agricoles.

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