En Europe, un décès cardiovasculaire sur cinq lié à l’environnement

Mis à jour le | Commissariat général au développement durable

Chaque année, plus de 6 millions maladies cardiovasculaires sont diagnostiquées. Une étude de l’Agence européenne pour l’environnement montre qu’un décès sur cinq est liée à des facteurs comme la pollution de l’air, le bruit ou les températures extrêmes.

Les maladies cardiovasculaires, qui touchent le cœur et les vaisseaux sanguins, sont la première cause de décès dans l’Union européenne. D’après un document de l’Agence européenne pour l’environnement, elles y ont provoqué plus de 1,7 million de morts en 2022, soit un tiers de tous les décès enregistrés. Chaque année, plus de 6 millions de nouveaux cas sont diagnostiqués. Les chercheurs estiment que près d’un décès sur cinq lié à ces maladies est associé à un ou plusieurs de ces facteurs environnementaux : la pollution de l’air, le bruit des transports, certains produits chimiques et les températures très élevées ou très basses.

Pollution, bruit et substances dangereuses

La pollution de l’air, notamment la présence de particules fines, de dioxyde d’azote et d’ozone, serait responsable d’environ 8 % des décès liés aux maladies cardiovasculaires. Cette pollution, plus importante dans les régions plus pauvres de l’Union européenne, provoquerait à elles seules plus de 130 000 décès chaque année, notamment à la suite d’une mauvaise oxygénation du cœur et d’accidents vasculaires cérébraux.

Le bruit des voitures, camions, trains, avions peut aussi nuire à la santé. L’étude montre que ces perturbations sonores provoquent du stress et perturbent le sommeil, ce qui augmente les chances de développer une maladie cardiovasculaire. Elle estime que 66 000 morts en Europe peuvent être attribuées à ce bruit, dont 30 % dues à une maladie cardiovasculaire.

L’exposition à certains produits chimiques peut également augmenter les risques. Des métaux comme l’arsenic, le mercure ou le cadmium, mais aussi certains polluants présents dans l’air, sont associés aux maladies du cœur. Le plomb est responsable de 2 à 4 % des décès cardiovasculaires dans l’Union européenne. Les polluants comme le benzène, les phtalates, les PFAS sont probablement liés à l’augmentation des risques de développer ces maladies. Et nous sous-estimons encore sûrement les conséquences de ces pollutions sur le système cardio-vasculaire.

L’impact des températures extrêmes

Les événements climatiques extrêmes se multiplient en Europe et augmentent les risques de maladies cardiovasculaires. Les vagues de chaleur rendent les patients cardiaques plus vulnérables : les hospitalisations augmentent de 16 % pendant ces épisodes. Les hautes températures peuvent aussi aggraver les effets de la pollution de l’air et causer des feux de forêt, dont les fumées augmentent les risques d’infarctus et d’AVC.

Le froid est lui aussi dangereux. Les basses températures obligent le cœur à travailler davantage et augmentent le risque de caillots sanguins, d’accidents vasculaires cérébraux ou d’infarctus. Elles seraient liées à près de 7 % des décès. Un risque d’autant plus important qu’en 2023, 9,3 % des Européens déclaraient ne pas pouvoir chauffer correctement leur logement.

Réduire les risques

Le document invite les autorités à agir. Il recommande d’intégrer davantage l’environnement dans les politiques de santé grâce à l’approche « One Health », c’est-à-dire « Une Santé ». Elle repose sur l’idée selon laquelle la santé humaine dépend aussi de la santé des animaux, des plantes et de l’environnement. Il souligne aussi l’importance d’informer le public et les professionnels de santé sur les risques liés à la pollution ou à d’autres facteurs environnementaux. En 2020, environ 75 % des écoles de médecine européennes n’enseignaient pas les liens entre climat et santé. Enfin, il met en avant les solutions fondées sur la nature. Des aménagements qui protègent les écosystèmes et peuvent aussi améliorer la qualité de l’air, réduire le bruit et la chaleur et diminuer le stress, ce qui contribue à protéger la santé du cœur.

Un décès cardiovasculaire sur cinq dans l'Union européenne pourrait être évité en améliorant l'environnement
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À gauche, le texte indique qu’un décès cardiovasculaire sur cinq dans l’Union européenne pourrait être évité en améliorant l’environnement. À droite, on voit le dessin d’un cœur humain entouré de trois bulles qui montrent les dangers : la pollution de l’air avec des usines, les températures extrêmes avec un soleil et un thermomètre rouge, et l’exposition à des produits chimiques dangereux représentés par des bidons avec des symboles d’alerte.

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