Risques

Les risques naturels majeurs en France

Mis à jour le | Commissariat général au développement durable

Les évènements naturels comme les inondations, les mouvements de terrain ou les tempêtes peuvent avoir de lourdes conséquences sur la vie des personnes, leurs logements et leurs biens matériels. Depuis 2001, la France compte en moyenne quatre évènements très graves par an : c’est quatre fois plus que pendant la seconde moitié du vingtième siècle. Les Français ont davantage conscience d’être exposés aux risques naturels dans les outre-mer et les régions qui ont déjà vécu des catastrophes.

Quels sont les risques naturels en France ?

La France fait face à des risques naturels variés : les inondations, les tempêtes, les cyclones, les mouvements de terrain, les feux de forêts, les avalanches, les éruptions volcaniques et les séismes.

Aléa ou risque naturel : quelle différence ?

Un aléa est un phénomène naturel, comme une tempête ou une inondation. Il devient un risque lorsqu’il menace des personnes, des biens matériels ou des activités économiques. Par exemple, le débordement d’un fleuve est un aléa. Quand il y a des habitations ou des commerces à proximité, ce débordement a des conséquences importantes sur les personnes et leurs biens matériels. Il s’agit alors d’un risque.

Les risques naturels majeurs en France
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Illustration des différents risques naturels majeurs : incendies de forêts, séismes, avalanches, tempêtes, cyclones, inondations et tsunamis.

Évènement très grave, catastrophe naturelle : comment définir la gravité des dommages ?

En France, les évènements naturels sont dits « très graves » lorsqu’ils provoquent la mort d’au moins 10 personnes, ou que les dégâts matériels atteignent 30 millions d’euros.

Une catastrophe naturelle correspond à un évènement qui entraine la mort d’au moins 100 personnes, ou des dommages matériels de plus de 300 millions d’euros. ( Voir l’échelle française de gravité des dommages )

Des événements naturels très graves de plus en plus fréquents

Les risques naturels sont devenus plus fréquents depuis la seconde moitié du vingtième siècle. Entre 2001 et 2024, la France a compté en moyenne quatre évènements naturels très graves par an, alors qu’entre 1950 et 2000, il y en avait seulement un par an. Cela s’explique notamment par une plus grande exposition des régions françaises aux aléas naturels. Par exemple, lorsque des bâtiments sont construits dans des zones inondables ou que les activités se concentrent sur les bords de mer, un même phénomène affecte davantage de personnes et de biens.

Parmi les 161 événements très graves qui se sont produits en France depuis 1950, deux tiers sont des inondations. Le risque d’inondation s’aggrave avec l’urbanisation dans les zones les plus exposées et l’imperméabilisation des sols : recouvrir le sol avec un matériau imperméable, comme le béton, ne permet plus à l’eau de s’infiltrer dans la terre ( Source : SDES, Les risques naturels en France – État des connaissances en 2025 ).

Nombre d’événements naturels très graves par an, entre 1950 et 2024 en France

Nombre d'événements naturels très graves par an, entre 1950 et 2024 en France

Crédits : Commissariat général au développement durable

Sources : Service des données et études statistiques (SDES) Agrandir la figure 4888

Nombre d’événements naturels très graves par an, entre 1950 et 2024 en France

Le graphique montre une augmentation du nombre d’évènements naturels très graves par an à partir de la fin des années 1990. Les inondations représentent la majorité des évènements naturels très graves en France depuis le début des années 2000.

Source : Service des données et études statistiques (SDES)

Certains événements, comme les pluies intenses, les sécheresses ou les feux de forêt, peuvent aussi être amplifiés par les effets du changement climatique. Ils sont de plus en plus fréquents et importants en raison des émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

Comment les Français sont-ils exposés aux risques naturels ?

Les risques d’inondations sont importants pour les Français. Environ 11 millions de logements sont situés dans des zones potentiellement exposées à l’inondation par débordement de cours d’eau. Ils abritent près de 18 millions de personnes, soit un Français sur quatre. En bord de mer, 1,5  million de personnes sont exposées au risque d’inondation par submersion marine.

Les risques de mouvements de terrain, comme les effondrements, les glissements de terrain ou les éboulements, sont aussi une préoccupation. Ils concernent 41 % des communes françaises. 54 % des maisons individuelles sont exposées à un risque de retrait-gonflement des argiles : les sols argileux se gonflent avec la pluie et se rétractent en période de sécheresse. Cela fragilise la structure des maisons et peut provoquer des fissures.

Environ 3,9 millions de personnes en France sont exposées à un risque moyen de séisme, principalement dans les régions montagneuses, comme les Alpes ou les Pyrénées. Dans les Antilles, le risque sismique est fort et l’ensemble de la population peut y être confronté. 9,5 % des habitants antillais sont également exposés aux tsunamis ( Source : SDES, Les risques naturels en France – État des connaissances en 2025 ).

Comment les Français perçoivent-ils les risques naturels ?

Le sentiment d’être exposé aux risques naturels varie en fonction des régions. La population des outre-mer et des régions qui ont déjà vécu des catastrophes ont davantage conscience de leur exposition aux aléas naturels. En métropole, dans les communes où il y a un risque d’inondation, 64 % de la population n’a pas conscience d’y être exposée ( Source : SDES, Les risques naturels en France – État des connaissances en 2025 ).

Prévention et indemnisation des catastrophes naturelles

Des plans de prévention des risques naturels sont établis par les autorités locales afin de réduire l’exposition et la vulnérabilité des biens et des personnes face aux risques naturels. Ils permettent d’identifier les zones exposées aux risques et définissent les règles de construction pour ces zones. Certains endroits sont inconstructibles, et d’autres nécessitent des aménagements particuliers pour protéger les bâtiments. En 2024, 12 500 communes étaient couvertes par au moins un plan de prévention des risques naturels, soit une sur trois ( Source : SDES, Les risques naturels en France – État des connaissances en 2025 ).

En octobre 2025, l’État a lancé le fonds prévention argile pour accompagner les ménages exposés au retrait-gonflement des argiles. Il s’agit d’une aide technique et financière pour réaliser des travaux de prévention, disponible sous certaines conditions dans 11 départements ( Voir les critères d’éligibilité du fonds prévention argile ).

Comment fonctionne l’indemnisation des catastrophes naturelles ?

En France, les victimes de dégâts matériels peuvent obtenir une compensation financière après un évènement naturel comme une inondation, un mouvement de terrain, un cyclone, un séisme ou une éruption volcanique. Les victimes doivent d’abord déclarer les dégâts auprès de leur assureur. Il faut ensuite les signaler à la mairie, qui doit demander au préfet de reconnaitre l’état de catastrophe naturelle par un arrêté publié au Journal officiel. Cet arrêté est nécessaire pour que les assureurs appliquent la garantie catastrophes naturelles.

Les assurances sont obligées de couvrir ces risques naturels dans le cadre des contrats d’assurances multirisques habitation ou automobile. Cela est possible grâce à la garantie catastrophes naturelles, dite « Cat-Nat », créée par la loi du 13 juillet 1982. Le régime d’indemnisation Cat-Nat est financé par la solidarité nationale : toutes les personnes ayant un contrat d’assurance habitation ou automobile participent via une surtaxe obligatoire.

Cette surtaxe finance la caisse centrale de réassurance (CCR)  : son rôle est d’épauler les assurances, qui ne peuvent pas supporter seules les coûts importants liés aux catastrophes naturelles. Ce système garantit aux victimes de catastrophes d’être indemnisées, quelle que soit l’ampleur des dégâts. Il évite aussi aux habitants des régions très exposées aux risques naturels de devoir payer leur contrat d’assurance beaucoup plus cher.

La garantie tempête grêle neige permet de compenser les dommages liés à ces évènements qui ne sont pas inclus dans la garantie catastrophes naturelles.

Risques naturels : la France par rapport à l’Europe

Dans l’Union européenne, la France est le pays qui compte le plus de catastrophes naturelles entre 1900 et 2025, suivie par l’Italie et l’Espagne. Les tempêtes concernent principalement les pays avec de longs bords de mer, comme la France et l’Allemagne, tandis que les feux de forêts touchent le sud de l’Europe. Les trois quarts des séismes sont en Italie, en Grèce et en Roumanie car cette zone correspond au rapprochement de deux plaques tectoniques. Bien sûr, les pays les plus étendus sont souvent ceux qui connaissent le plus de catastrophes naturelles, mais de manière un peu différente en fonction de leur localisation en Europe.

Nombre de catastrophes naturelles survenues en Europe entre 1900 et 2025

Nombre de catastrophes naturelles survenues en Europe entre 1900 et 2025

Crédits : Commissariat général au développement durable

Sources : Service des données et études statistiques (SDES) Agrandir la figure 4889

Nombre de catastrophes naturelles survenues en Europe entre 1900 et 2025

Le graphique montre le nombre de catastrophes naturelles survenues dans chaque pays européen entre 1900 et 2025. La France est le pays qui en compte le plus (202 catastrophes naturelles), suivie de l’Italie (185), l’Espagne (122), l’Allemagne (112) et la Grèce (114), la Roumanie (104), la Belgique (78), la Pologne (65), le Portugal (61), l’Autriche (57), la Bulgarie (56), les Pays-Bas (45), la Tchéquie (44), la Hongrie (36), la Croatie (35), la Slovaquie (27), l’Irlande (26), le Danemark (18), la Lituanie (16), la Suède (16), la Slovénie(16), l’Islande (15), le Luxembourg (15), la Lettonie (11).
Les pays qui en comptent le moins sont la Finlande (5) et l’Estonie (6).

Source : Service des données et études statistiques (SDES)

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