Société

Quel est l’impact sur l’environnement de la circulation des voitures ?

Mis à jour le | Commissariat Général au Développement Durable

Depuis les années 1990, le nombre de voitures en circulation a fortement augmenté. Dans le même temps, les émissions de polluants ont largement diminué, tandis que celles de gaz à effet de serre, essentiellement du CO2, sont restées quasiment stables. Cela s’explique par les progrès des motorisations, mais aussi par un usage très répandu de la voiture. Comprendre cette évolution permet de mieux identifier les moyens de réduire l’impact des transports sur l’environnement et la santé.

Combien de voitures en France et pour quelles distances parcourues ?

Le nombre de voitures en circulation augmente régulièrement depuis les années 1990. Au 1er janvier 2024, la France comptait 39,3 millions de voitures immatriculées (source : SDES). C’est près de 16 millions de plus qu’en 1990 (23,3 millions). En 2023, 83 % des ménages ont au moins une voiture.

En 2023, l’ensemble de ces véhicules ont parcouru environ 437 milliards de kilomètres au total (source : SDES). C’est l’équivalent de 11 millions de fois le tour de la Terre ou 3 fois la distance entre la Terre et le Soleil. La circulation avait fortement augmenté entre 1990 et 2019. Elle a ensuite chuté en 2020 à cause de la crise sanitaire, avant de remonter progressivement, puis de légèrement redescendre en 2023.

Le nombre de kilomètres parcourus chaque année par voiture a diminué d’environ 13 % depuis 1990. En 2023, chaque voiture a roulé en moyenne 11 700 kilomètres (source : SDES).

Gaz à effet de serre : pourquoi les voitures émettent moins qu’avant ?

Les voitures émettent du dioxyde de carbone (CO2), un gaz à effet de serre qui contribue au changement climatique.

En 2023, elles ont rejeté 66 millions de tonnes de CO2 dans l’atmosphère. C’est plus de la moitié des émissions du secteur des transports (source : SDES).

Depuis les années 1990, la circulation des voitures a beaucoup augmenté. Pourtant, les émissions de CO2 n’ont pas suivi la même tendance.

Elles sont restées assez stables au fil du temps. Cela s’explique par plusieurs facteurs  :

  • les véhicules consomment moins de carburant qu’avant grâce aux progrès techniques ;
  • des normes ont limité les émissions autorisées ;
  • de plus en plus de Français achètent des voitures hybrides ou électriques.

Parmi ces émissions, 62 % viennent de voitures diesel, alors qu’elles représentent 51 % du parc, mais celles-ci parcourent plus de kilomètres.

En 2020, les mesures de confinement ont fortement limité les déplacements. Résultat : les émissions des voitures particulières ont baissé de 19 % en un an, pour atteindre 56,5 millions de tonnes.
Elles sont reparties à la hausse ensuite, mais restent proches de leur niveau des années 2000.

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Le graphique montre l’évolution des émissions de gaz à effet de serre (CO2) des voitures et de leur circulation entre 1990 et 2023.

  • La circulation des voitures correspond à la distance totale parcourue par toutes les voitures en une année. Elle a augmenté régulièrement jusqu’en 2019. Elle a ensuite chuté en 2020 à cause de la crise sanitaire, avant de remonter en 2021 et 2022. En 2023, elle baisse légèrement. Cette année-là, l’ensemble des voitures ont parcouru environ 420 milliards de kilomètres au total.
  • Les émissions de CO2 ont augmenté jusqu’au début des années 2000, avant de se stabiliser autour de 66 à 68 millions de tonnes équivalent CO2 par an. Elles sont estimées à 66,7 millions de tonnes équivalent CO2 en 2023.

Pollution de l’air : quel rôle jouent les voitures ?

En plus du CO2, les voitures rejettent plusieurs polluants atmosphériques qui nuisent à la qualité de l’air et à la santé.

En 2023, elles étaient à l’origine de :

  • 24 % des émissions d’oxydes d’azote (NO). Ces gaz sont produits par les moteurs, notamment diesel. Ils participent à la pollution de l’air et peuvent irriter les voies respiratoires, en particulier chez les personnes asthmatiques, les enfants et les personnes âgées.
  • 5,5 % des émissions de particules fines de taille inférieure à 2,5 micromètres (PM2,5). Ces petites poussières invisibles sont émises par la combustion du carburant ou l’usure des freins et des pneus. Elles peuvent pénétrer profondément dans les poumons et sont associées à des maladies respiratoires et cardiovasculaires.
  • 1,8 % des émissions de composés organiques volatils non méthaniques (COVNM). Ces gaz réagissent avec d’autres substances dans l’air pour former de l’ozone au niveau du sol, un polluant qui peut provoquer des gènes respiratoires.

Entre 1990 et 2023, les émissions de tous ces polluants ont fortement diminué. Par exemple, les émissions d’oxydes d’azote ont chuté de 78 %, celles de particules fines (PM2,5) de plus de 69 %, et celles de COVNM de 97 %.

Les épisodes de confinement en 2020 ont aussi contribué à une baisse moyenne de 16 % des émissions de polluants cette année-là.

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Le graphique montre l’évolution des émissions de plusieurs polluants émis par les voitures en France entre 1990 et 2023 :

  • Les émissions de NOx ont diminué de 78 %.
  • Les émissions de CO2 sont restées stables (+ 0,1 %).
  • Les émissions de PM10 ont baissé de 59 %.
  • Les émissions de PM2,5 ont diminué de 69 %.
  • Les émissions de COVNM ont fortement chuté, de 97 %.

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