Climat

La lutte contre le changement climatique

Mis à jour le | Commissariat général au développement durable

À cause des émissions de gaz à effet de serre liées aux activités humaines, le climat change rapidement. Signé en 2015 par 195 États, l’Accord de Paris prévoyait de maintenir le réchauffement d’ici 2100 sous les 2 °C (si possible sous 1,5 °C) par rapport à la période 1850-1900. À l’heure actuelle, les efforts internationaux restent pourtant insuffisants pour y parvenir. Retour sur cet objectif et sur sa signification, ainsi que sur les stratégies mises en œuvre pour l’atteindre en France, en Europe et dans le monde.

Objectif : limiter le réchauffement à 2 degrés ou 1,5 degré si possible

Où en est-on aujourd’hui ?

Le réchauffement climatique atteint actuellement + 1,1 degré par rapport à l’ère pré-industrielle (période entre 1850 et 1900). Il s’agit d’une moyenne au niveau mondial, qui inclut à la fois les terres et les océans. La hausse des températures sur les continents atteint en réalité déjà + 1,6 °C. Il n’a globalement jamais fait aussi chaud sur Terre depuis 125 000 ans et surtout en aussi peu de temps.

Cette hausse rapide des températures a déjà de nombreuses conséquences. Les événements climatiques extrêmes tels que les vagues de chaleur, les sécheresses, les inondations ou les cyclones commencent à être plus intenses et plus fréquents. La montée du niveau des mers a atteint 20 cm en moyenne sur le globe. Elle n’a jamais été aussi rapide depuis au moins 3 000 ans, tandis que le recul des glaciers est sans précédent depuis au moins 2 000 ans (source).

Un objectif commun, différents scénarios

Tout cela est lié aux activités humaines et à leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) : la concentration actuelle en gaz carbonique dans l’atmosphère est la plus élevée depuis au moins 2 millions d’années. C’est pourquoi la quasi totalité des États dans le monde ont signé et ratifié aujourd’hui l’Accord de Paris de 2015 (Explications sur vie-publique.fr). Son l’objectif est de maintenir le niveau de réchauffement moyen du climat bien en dessous de 2 degrés (si possible de 1,5 degré) et pour cela de réduire les émissions mondiales de GES.

Pour cela, le Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) a calculé les différents niveaux de réchauffement à l’échelle planétaire en fonction des émissions futures de gaz à effet de serre. Selon les mesures mises en place, les scénarios établis par le Giec montrent un climat futur très différent : la poursuite des politiques actuelles mènerait par exemple à un réchauffement de 3,2 °C d’ici 2100.

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Ce graphique présente les projections du réchauffement climatique d’ici 2100, établies par le Giec en fonction de l’évolution des émissions de gaz à effet de serre. Elles montrent que les politiques en place à la fin 2020, via les émissions projetées, conduisent à un réchauffement estimé de 3,2 °C à l’horizon 2100. À l’inverse, si les émissions mondiales diminuent fortement et rapidement, il est possible selon deux scénarios alternatifs de limiter le réchauffement à 2 °C voire à 1,5 °C, comme prévu par l’Accord de Paris.

L’objectif est au contraire d’atteindre le plus rapidement possible la neutralité carbone, c’est-à-dire un équilibre entre les gaz à effet de serre émis par les activités humaines et ceux absorbés de façon naturelle par les océans, les forêts et les sols (mais aussi potentiellement par des solutions technologiques – voir encadré ci-dessous). L’atteinte de cette neutralité (ou « zéro émission nette ») signifierait que la concentration de GES dans l’atmosphère arrête d’augmenter, et donc que le climat arrête de se réchauffer.

La capture et la séquestration du carbone en débat

Les technologies de captage du carbone et sa séquestration (CCS) sont désormais intégrées aux scénarios d’émissions de gaz à effet de serre proposés par le Giec. Cela consiste à la fois à capter puis stocker du CO₂ à la source (par exemple à la sortie des usines pour en réduire les émissions) mais aussi à extraire directement du CO₂ présent dans l’atmosphère, autrement dit dans l’air ambiant.

Ces technologies ne sont toutefois pas toutes au même niveau d’avancement, et elles ont un impact en termes d’énergie, d’eau, de produits chimiques ou encore d’utilisation des sols qui doit être pris en compte. C’est pourquoi le Haut Conseil pour le Climat explique dans son avis de 2023 sur le sujet que « le recours au CCS doit être réservé en priorité aux usages visant à la réduction des émissions résiduelles qui ne peuvent être supprimées à la source, en complément des actions de sobriété et d’efficacité énergétique. » Ces technologies d’élimination du CO₂, si elles peuvent s’avérer nécessaires, ne doivent constituer qu’une « solution de dernier recours permettant d’atteindre la neutralité tous GES en 2050 ».

Faire sa part : tous acteurs d’une société bas-carbone

Le dérèglement climatique et ses conséquences se sont affirmés ces dernières années comme une préoccupation majeure et croissante. Les engagements internationaux, tout comme les politiques nationales qui en découlent, se font plus ambitieux, en réponse notamment aux rapports d’évaluation réguliers du Giec et au fil des COP, les conférences annuelles de l’ONU sur le climat.

Cependant, la mise en œuvre concrète des transformations nécessaires et des actions de réduction des GES est parfois freinée par la recherche du niveau d’action le plus efficace, s’appuyant sur la recherche des « responsabilités » de chacun dans les émissions. Il est ainsi fréquent de voir pointés les consommateurs, les entreprises, les collectivités ou encore l’État en tant que principaux responsables.

S’il est vrai que l’impact de l’action individuelle est important, l’engagement des individus et des ménages pour décarboner leur mode de vie reste insuffisant à lui seul pour atteindre les objectifs. En effet, selon une étude de Carbone 4, trois quarts de la baisse nécessaire de l’empreinte carbone individuelle des Français dépend du système dans lequel ils évoluent, c’est-à-dire du cadre politique et économique, qui dépend de l’État et des entreprises.

La réduction des émissions liées à la mobilité et au logement renvoie ainsi à des actions aux échelles aussi bien individuelles que collectives (offre de transports en commun, aménagement du territoire, aides à la rénovation thermique, etc.). Si chaque geste compte, l’action individuelle doit pouvoir compter aussi sur des évolutions collectives plus profondes et indispensables vers une société bas-carbone.

Des investissements importants mais qui restent insuffisants

L’institut de l’économie pour le climat (I4CE) évalue dans son Panorama des financements climat le montant investi en France pour atténuer le changement climatique (hors dépenses d’adaptation).

En 2022, ces investissements, provenant des ménages, des entreprises et des administrations publiques, sont estimés à 100 milliards d’euros (Md€), soit 3,8 % du produit intérieur brut de la France (PIB). Cela représente environ 2 fois le budget de l’armée française par exemple. Ils portent sur les infrastructures, équipements et véhicules de transport bas-carbone (33,9 Md€), la performance énergétique dans les bâtiments neufs (23,7 Md€), la rénovation énergétique des bâtiments (22,1 Md€) et la production d’énergie décarbonée (20,1 Md€).

Cependant, les besoins d’investissements climat estimés sur la base de la stratégie nationale bas-carbone et de la programmation pluriannuelle de l’énergie, s’élèvent à environ 160 Md€ en moyenne pour chacune des années de 2024 à 2030.

Les stratégies aux niveaux européen et international

Au niveau international : les COP et l’Accord de Paris

En 1992, l’Organisation des Nations unies et ses États membres, alertés sur la gravité du réchauffement global par la communauté scientifique, décident de prendre des mesures à l’échelle de la planète. Ils se dotent d’une convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, la CCNUCC, point de départ d’une surveillance renforcée du changement climatique.

Depuis 1995 se tient chaque année une COP (Conference of the Parties), c’est-à-dire une négociation internationale entre les États signataires de la CCNUCC. La France participe à ces négociations internationales. Elle a notamment accueilli en 2015 la 21e Conférence des Parties (COP21), qui s’est terminée par l’adoption de l’Accord de Paris.

Cet accord constitue aujourd’hui encore la référence internationale pour l’action contre le changement climatique. Bien qu’il soit juridiquement contraignant, il ne prévoit toutefois aucune sanction si les États signataires ne prennent pas les mesures nécessaires. Les efforts restent donc difficiles à mettre en oeuvre par rapport aux objectifs fixés.

Au niveau européen : le Pacte Vert et sa mise en œuvre

La stratégie de l’Union européenne pour lutter contre le changement climatique est le Pacte Vert pour l’Europe, ou « Green Deal », présenté en 2019 par la Commission européenne. Ce texte prévoit de faire de l’Europe le premier continent neutre en carbone d’ici à 2050. Il vise pour cela à adapter les politiques de l’UE en matière de climat, d’énergie, de transport et de fiscalité en vue de réduire les émissions nettes de gaz à effet de serre d’au moins 55 % d’ici à 2030 (par rapport aux niveaux de 1990).

Cet objectif est devenu juridiquement contraignant en 2021 avec la Loi européenne sur le climat, suivie d’un ensemble de mesures («Fit for 55») visant à atteindre les objectifs fixés pour 2030. Parmi ces mesures phares : la réforme du système d’échange de quota d’émissions (ETS), la taxe carbone aux frontières (mécanisme d’ajustement carbone aux frontières – CBAM), des objectifs renforcés pour les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique, ou encore la fin des ventes de voitures thermiques neuves d’ici à 2035.

La stratégie de la France contre le changement climatique

La France mène depuis le début des années 2000 une politique énergétique et climatique pour réduire ses émissions. Elle s’est notamment fixé l’objectif d’atteindre la « neutralité carbone » dès 2050, ce qui nécessite une division par au moins six de ses émissions brutes de GES par rapport à 1990.

De l’Accord de Paris à la neutralité carbone en 2050

Signataire de l’Accord de Paris, la France s’est engagée avec lui à réduire ses émissions pour limiter l’augmentation de la température à 2 °C, si possible 1,5 °C. Pour faire de cet accord international une réalité au niveau français, le ministère de la Transition écologique a présenté en 2017 le Plan Climat de la France. Celui-ci a fixé de nouveaux objectifs plus ambitieux pour le pays, dont l’atteinte de la neutralité carbone à l’horizon 2050.

Avec la loi énergie-climat de 2019, cet objectif est devenu juridiquement contraignant. Le texte fixe le cadre, les ambitions et la cible de la politique énergétique et climatique de la France. Il porte sur quatre axes principaux :

  • la sortie progressive des énergies fossiles et le développement des énergies renouvelables ;
  • la lutte contre les passoires thermiques ;
  • l’instauration de nouveaux outils de pilotage, de gouvernance et d’évaluation de la politique climatique ;
  • la régulation du secteur de l’électricité et du gaz.

Comment atteindre la neutralité carbone ?

La Stratégie française sur l’énergie et le climat indique comment parvenir à l’objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050, tout en assurant l’adaptation de la société aux impacts du changement climatique. Elle sera régulièrement actualisée et s’appuiera sur :

  • la 3e édition de la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC3) ;
  • la 3e édition du Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC3) ;
  • la 3e édition de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3).

Pour atteindre la neutralité carbone, la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC) définit pour le territoire français des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour les 15 prochaines années : les budgets carbone. Ce sont des plafonds d’émissions à ne pas dépasser qui sont exprimés en moyenne annuelle, sur une période de 5 ans, en millions de tonnes d’équivalent CO₂. Ils sont déclinés par secteurs d’activité et par gaz à effet de serre.

Agrandir la figure 4818

Ce graphique présente les émissions de gaz à effet de serre de la France et les objectifs climatiques politiques, exprimés en millions de tonnes CO₂ équivalent.

Les émissions sont globalement en baisse depuis 2019, elles s’élèvent à :

  • 429 pour 2019
  • 389 pour 2020 (année marquée par le Covid-19)
  • 412 pour 2021
  • 396 pour 2022
  • 373 pour 2023

Les objectifs sont :

  • 420 pour le 2e budget carbone sur la période 2019-2023
  • 357 pour le 3e budget carbone sur la période 2024-2028
  • 270 pour l’année 2030 (objectif provisoire)

En 2022, une démarche de planification écologique a été lancée à l’échelle nationale. Celle-ci vise à coordonner les acteurs pour relever les défis de la transition écologique concernant le climat. Elle concerne également la préservation de la biodiversité et des ressources, et la réduction des pollutions.

Des déclinaisons dans les régions

Les plans climat-air-énergie territoriaux (PCAET), les schémas régionaux climat-air-énergie (SRCAE) et les schémas régionaux d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (SRADDET) constituent les outils de coordination de la transition énergétique dans les régions en cohérence avec les objectifs nationaux.

Quelques moyens de lutte contre le changement climatique

Des politiques climatiques existent dans tous les secteurs : aides publiques à la rénovation énergétique ou à l’achat de véhicules moins émissifs en CO₂, réglementations thermiques dans les bâtiments, systèmes d’échanges de quotas d’émissions dans l’industrie, etc. Voici trois exemples de politiques publiques de lutte contre le changement climatique concernant l’agriculture, la nature et les incitations fiscales et réglementaires.

1erexemple : le 4 pour 1 000 en agriculture

La couche de surface des sols français renferme 3 580 millions de tonnes de carbone, répartis entre les forêts (38 %), les prairies permanentes (22 %) et les grandes cultures (22 %). Cela en fait le second puits (lieu de stockage) de carbone derrière les océans. Les scientifiques s’accordent sur le fait qu’une augmentation annuelle de 0,4 % de la teneur en carbone dans les 30 premiers centimètres des sols permettrait de stopper l’augmentation de la concentration de CO₂ dans l’atmosphère.

C’est dans ce contexte qu’a émergé l’initiative « 4 pour 1 000 » (soit 0,4 %) sur les sols pour la sécurité alimentaire et le climat lors de la COP21 sur le climat en 2015. Accroître la couverture des sols ou les enrichir de matières organiques permet d’augmenter leur teneur en carbone. Ainsi, l’extension des cultures intermédiaires (c’est-à-dire entre la culture principale et le semis de la culture suivante) peut augmenter de 35 % le potentiel total de stockage additionnel des sols, l’agroforesterie intra-parcellaire (c’est-à-dire l’intégration d’arbres dans les parcelles) de 19 % et l’insertion et l’allongement du temps de présence de prairies temporaires de 13 %.

L’efficacité de ces mesures suppose en parallèle une réduction de l’artificialisation des sols, processus à l’origine d’émission de carbone dans l’atmosphère. En 2019, sans changement d’usage des sols et sans modifier les pratiques agricoles et forestières, l’Institut national pour la recherche agronomique (Inrae) estime l’évolution des stocks de carbone dans les sols français à + 2,3 ‰ par an.

2e exemple : les solutions d’adaptation fondées sur la nature

Le concept de « Solutions d’adaptation fondées sur la Nature » est relativement récent, même s’il correspond parfois à des pratiques déjà anciennes, voire ancestrales. Selon l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), il s’agit de protéger et de restaurer des écosystèmes naturels, afin de s’appuyer sur leur fonctionnement pour s’adapter au changement climatique, tout en apportant des bénéfices pour la biodiversité.

Par exemple, une rivière qui retrouve ses méandres naturels et des berges végétales peut déborder de son lit et ainsi absorber les crues en amont, tout en favorisant les frayères pour les poissons (lieux propices à leur reproduction).

Le rapport coût/bénéfice à long terme de ces solutions est généralement plus intéressant que l’aménagement d’infrastructures artificielles, qui sont aussi plus facilement à l’origine de « mal-adaptations » (inefficacité ou aggravation du risque). Les bénéfices économiques de la restauration de la nature ont ainsi été estimés huit fois supérieurs à leurs coûts.

Les écosystèmes naturels participent activement à l’absorption et au stockage du CO₂ engendré par les activités humaines. Leur maintien ou leur restauration est donc également bénéfique pour atténuer le dérèglement climatique.

3e exemple : la tarification effective du carbone

En France, la fiscalité des énergies et des déchets, ainsi que les quotas d’émissions européens, créent une incitation à la réduction de ces émissions, mais aussi des effets négatifs (pollution de l’air, bruit, usure des infrastructures, accidents de la route, etc.) selon les usages concernés.

Au sens de l’OCDE, ces politiques constituent la « tarification effective du carbone ». Ce concept permet une représentation de l’incitation à la réduction des émissions causée par ces politiques. Plus la tarification effective du carbone est élevée, plus l’incitation à la réduction des émissions est importante.

En France, en 2023, les émissions de gaz à effet de serre sont soumises à une tarification effective du carbone de 91 € par tonne équivalent CO2 en moyenne, dont 75 de taxes d’accise (c’est-à-dire d’impôts indirects) sur l’énergie et les déchets et 16 de quotas d’émissions européens. Ce niveau moyen masque cependant de fortes différences selon les secteurs et les acteurs.

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