La France a fait le choix de produire son électricité principalement à partir d’installations nucléaires. Ainsi, le parc de centrales nucléaires se compose de 58 réacteurs à eau pressurisée (REP) répartis sur 19 sites de production. En plus de ces sites, la France détient des centres de recherche (réacteurs expérimentaux, accélérateurs de particules), des usines de fabrication et de retraitement du combustible nucléaire ainsi que des centres de stockage de déchets radioactifs. Fin 2017, la France compte 127 installations nucléaires de base (INB) : 100 en fonctionnement, 3 en construction et 24 en cours de démantèlement, hors installations relevant de la défense nationale.
Les installations nucléaires de base
Les trois INB en cours de construction sont l’EPR (réacteur à eau pressurisée de 3ème génération) de Flamanville, ainsi que les réacteurs ITER et Jules Horowitz à Cadarache. Enfin, le projet de création d’un site de stockage de déchets radioactifs en couches géologiques profondes (Cigéo) est en cours d’instruction par l’ASN (voir Les déchets radioactifs en France). L’âge moyen des INB en fonctionnement est de 37 ans et de 41 ans pour les INB en cours de démantèlement.
La prévention du risque nucléaire
Un accident nucléaire est un événement qui peut conduire au rejet dans l’environnement de matières radioactives. Ce rejet est susceptible de porter atteinte à la population, à l’environnement et plus généralement aux enjeux du territoire. Plusieurs situations peuvent être à l’origine de ce risque : lors d’un dysfonctionnement grave sur une installation nucléaire de base (réacteurs, stockages, usines, centres de recherche …), lors de l’utilisation de matières radioactives dans le domaine industriel et médical, ou lors du transport de matières radioactives.
En cas d’accident nucléaire grave pouvant avoir des conséquences à l’extérieur d’un site nucléaire, la population située à proximité peut être évacuée si les rejets radioactifs sont importants et prolongés. Le profil des retombées radioactives dépend des conditions météorologiques et de la topographie.
En 2018, 65 installations nucléaires de base soit la moitié des INB (installation dites de catégorie C1, définie par décision de l’ASN), réparties sur 27 sites, font l’objet d’un plan particulier d’intervention (PPI). Celui-ci permet de coordonner les moyens d’intervention (pompiers, police, gendarmerie, Samu, Force d’action rapide et autres services de L’État). Ces plans couvrent la population habitant dans un périmètre de 10 kilomètres autour des centrales nucléaires, et sont en cours d’extension pour atteindre 20 kilomètres.
En 2016, 810 000 personnes résident dans le rayon du plan particulier d’intervention d’une INB, dont 610 000 sont situées à moins de 10 kilomètres d’un centre nucléaire de production électrique.
Population résidant dans les rayons PPI des installations nucléaires de base en 2016
Légende (Nombre de personnes) :
Le cercle de plus grande taille représente 112 000 personnes.
Le cercle de plus petite taille représente 8 000 personnes.
Description de la carte : La carte de la France métropolitaine utilise des cercles de couleur violette pour indiquer le nombre de personnes résidant dans le périmètre du PPI autour des installations nucléaires. La taille des cercles est proportionnelle à la population concernée.
Les concentrations de population les plus importantes dans les rayons PPI se situent notamment :
- dans l’Est de la France (région Grand Est et Bourgogne-Franche-Comté), avec plusieurs grands cercles ;
- dans le Sud-Est, en particulier dans la région Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur, où l’on observe plusieurs grands cercles et cercles de taille moyenne ;
- dans le Nord et le Centre (Normandie, Centre-Val de Loire, Ile-de-France), avec des cercles de taille variable.
Les DROM-COM (Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte) sont représentés séparément en bas de la carte mais ne montrent pas de cercles de population, indiquant que les données représentées se concentrent sur la France métropolitaine.
Source : Rapport sur l’état de l’environnement 2019
Note : Population habitant dans les rayons 10, 20 et 50 km des centrales, sans double compte en cas de recoupement de rayons de plusieurs centrales, incluant les résidences secondaires.