Les plastiques sont partout. Ils contaminent la nature, air, sols, rivières, océans, et peuvent se retrouver jusque dans notre organisme. Même si leur impact sur la santé humaine reste encore mal connu, leur présence croissante suscite des inquiétudes. Des actions ont été lancées pour mieux surveiller et réduire cette pollution.
Plastiques : de l’usage quotidien à la pollution durable
Les matières plastiques sont devenues incontournables dans notre vie quotidienne. On les retrouve dans les emballages, les vêtements, les appareils électroménagers, les voitures, les bâtiments… Cette généralisation s’est accompagnée d’une forte hausse de la production mondiale, qui a été multipliée par 266 depuis 1950 pour atteindre 400,3 millions de tonnes en 2022 (source : Plastics Europe ), soit à peu près autant que le poids total de toute l’humanité. Les principaux secteurs utilisateurs sont les emballages (premier marché), suivis de la construction et de l’automobile.
Toujours d’après des chiffres de Plastics Europe , la France est le 3e plus grand consommateur de plastique de l’Union européenne avec environ 5 millions de tonnes par an (2021), derrière l’Allemagne et l’Italie.
Une gestion des déchets difficile
Le traitement des déchets plastiques présente deux problèmes majeurs :
- un volume de déchets en constante augmentation : en France, seulement 21 % des déchets plastiques ont été recyclés en 2022 (23 % pour les emballages), 51 % ont été incinérés avec récupération d’énergie et 28 % ont été mis en décharge (source : Plastics Europe ). Dans le monde, sur les 353 millions de tonnes de déchets plastiques produits, 9 % ont été recyclés, 19 % incinérés et près de 50 % ont fini en décharges contrôlées. Les 22 % restants ont été abandonnés dans la nature, brûlés à ciel ouvert ou jetés en décharges sauvages (source : OCDE ) ;
- la pollution par les microplastiques : les déchets plastiques de grande taille, appelés macroplastiques, se dégradent peu à peu sous l’effet du soleil, de la chaleur, des frottements ou de micro-organismes. Ils se cassent alors en petits morceaux appelés microplastiques secondaires, mesurant moins de 5 millimètres. D’autres microplastiques, dits primaires, sont directement produits par certaines activités humaines : l’usure des pneus sur la route, les résidus de peinture, les boues d’épuration ou encore les fibres synthétiques libérées lors du lavage du linge. Très légers, ces microplastiques peuvent être transportés par l’air ou l’eau sur de longues distances. Ils s’accumulent ensuite dans les sols, les rivières, les océans et peuvent persister pendant plusieurs siècles dans l’environnement.
Une contamination de tous les milieux naturels
Dans l’air, des particules de plastique très fines (moins de 20 micromètres) ont été retrouvées en 2021 en haute altitude dans les Pyrénées. Elles venaient de régions lointaines comme l’Afrique, l’Amérique du Nord ou l’océan Atlantique, transportées par le vent (source : revue Nature ).
Dans les sols, une étude menée en 2020 sur 33 sites agricoles en France a montré que 3 sur 4 (76 %) contenaient des fragments de plastique. Ces plastiques, surtout présents dans les grandes cultures, étaient principalement composés de polyéthylène et de polypropylène.
Concernant l’eau, il n’existe pas encore de surveillance régulière des microplastiques dans les cours d’eau ni de réglementation précise pour les eaux en bouteille, alors que des études montrent leur présence, mais des lois européennes et nationales visent à réduire et interdire les plastiques à usage unique. (source : IGEDD).
Des analyses réalisées dans les nappes souterraines par l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Inéris) ont révélé entre 77 et 520 fragments de plastique par litre d’eau. Cela montre que même les sols ne suffisent pas à filtrer les plus petits débris (de 25 à 350 micromètres), qui peuvent atteindre les réserves d’eau souterraine.
Présence des plastiques sur les plages et en mer
Sur les plages françaises, la plupart des plastiques ramassés sont des fragments trop abîmés pour être identifiés, ainsi que des objets à usage unique, comme des emballages ou des ustensiles jetables. Entre 2020 et 2022, le nombre de déchets plastiques observés variait selon les zones : on comptait en moyenne entre 209 et 894 déchets tous les 100 mètres de plage. Les plages de Méditerranée étaient les plus touchées.
En mer, de grandes quantités de plastiques ont également été observées. D’après un rapport scientifique de l’Ifremer et du Cedre, entre 2015 et 2022 :
- en Méditerranée, on comptait en moyenne 39 déchets plastiques flottants par kilomètre carré, contre moins d’un dans les autres zones ;
- sur les fonds marins, la densité variait entre 68 et 510 déchets par kilomètre carré ;
- pour les microplastiques flottants, les concentrations allaient de 17 000 à 88 000 fragments par kilomètre carré, avec les niveaux les plus élevés en Méditerranée.
Des impacts sur les écosystèmes et potentiellement sur la santé
La pollution plastique a des effets sur les animaux. De nombreuses espèces peuvent avaler des morceaux de plastique ou être piégées dans des déchets comme des filets ou des sacs.
Chez l’humain, plusieurs études ont détecté des microplastiques dans les poumons, le sang et les selles. On sait donc qu’ils peuvent entrer dans notre organisme, mais leurs effets sur la santé sont encore mal connus.
Des réponses réglementaires en développement
Depuis les années 2020, des lois et des mesures ont commencé à être mises en place pour limiter la pollution plastique :
- en France, la loi AGEC (Anti-gaspillage pour une économie circulaire) vise la fin des emballages plastiques à usage unique en 2040 ;
- en Europe, le plan Zéro pollution a interdit la vente de plusieurs objets en plastique à usage unique, comme les pailles ou les couverts jetables. L’Union européenne s’est aussi fixé des objectifs pour 2030 : réduction de 50 % des rejets plastiques en mer par rapport à 2016 et diminution de 30 % des fuites de microplastiques. Conformément à la Convention de Bâle , l’exportation de déchets plastiques dangereux ou difficiles à recycler est désormais interdite vers les pays non-membres de l’OCDE ;
- au niveau international, les Nations unies travaillent à l’élaboration d’un traité pour réduire la pollution plastique. Initialement prévu pour fin 2024, l’accord n’a pas encore abouti et les négociations se poursuivent.
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