Le radon est reconnu comme cancérigène certain depuis plus de trente ans. Il est la source principale d’exposition à la radioactivité naturelle. Ce gaz présent dans les sols peut présenter de fortes concentrations à l’intérieur des bâtiments et des lieux fermés, surtout dans les régions granitiques ou volcaniques.
En France, le radon est principalement présent en Corse, en Bretagne, dans le Massif central et les Vosges ainsi que dans une partie de l’outre-mer. Malgré des risques sanitaires élevés, l’exposition au radon ne représente pas un sujet de préoccupation majeur pour les populations concernées.
Le radon, gaz radioactif d’origine naturelle
Le radon est un gaz radioactif naturel sans odeur et invisible produit à partir d’uranium. Il est présent partout dans les sols mais plus fortement dans les sous-sols granitiques et volcaniques. Généralement faibles dans l’air extérieur, les concentrations en radon peuvent parfois être élevées à l’intérieur des bâtiments et des lieux fermés.
Les rayonnements radioactifs d’origine naturelle représentent les deux tiers de l’exposition de la population à la radioactivité en France métropolitaine. Il s’agit en particulier de l’inhalation de gaz radon, de l’irradiation venue de l’espace ou de la Terre, ainsi que la consommation d’aliments ou d’eau contenant naturellement des éléments radioactifs.
Le radon représente à lui seul un tiers de l’exposition totale à la radioactivité reçue chaque année par la population française.
Les communes Françaises sont touchées inégalement par le radon
Le radon est présent partout, mais sa concentration dans les sous-sols est très variable. La probabilité de présence de radon à l’intérieur des bâtiments, ou « potentiel radon », est estimée à partir de la teneur en uranium des sous-sols.
Près d’un quart des communes sont concernées par un taux moyen ou élevé radon de leurs sous-sols à cause de teneurs en uranium particulièrement élevées. Cela concerne au moins une commune sur deux dans 21 départements, notamment en Auvergne, en Bretagne et dans le Limousin. Le phénomène touche plus particulièrement la Haute-Corse, la Creuse et la Haute-Vienne, où au moins 90 % des communes sont concernées.
Le radon est majoritairement présent dans les grands massifs granitiques ou rocheux comme la Corse, les massifs armoricain et central et les Vosges, à Mayotte ou en Polynésie française.
Dans les 7 000 communes concernées qui accueillent 12,2 millions d’habitants, plus de 40 % des bâtiments dépassent 100 becquerels par mètre cube (Bq/m³). Plus de 10 % des communes dépassent 300 q/m³ par mètre cube, valeur limite au-delà de laquelle il est nécessaire de réduire les concentrations en radon.
Crédits : Institut de Radioprotection et de Sureté Nucléaire (IRSN)
Agrandir la figure 1149La présence du radon en France en 2017
L’IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire) met à disposition des citoyens une carte interactive pour connaître le « potentiel radon » de sa commune :
Les habitants des maisons individuelles plus exposés
Dans les zones concernées par un potentiel radon élevé, les habitants des maisons individuelles sont plus exposés que ceux des logements collectifs, à cause d’un contact plus direct avec le sous-sol.
En France, plus de 6 Français sur 10 vivent dans une maison individuelle. 21 % d’entre eux sont exposés à un potentiel moyen ou élevé, 10 % à un potentiel faible.
10 départements comptent plus de 80 % des habitants de maisons individuelles dans les zones exposées au potentiel radon moyen ou élevé, soit un total de 2,5 millions d’habitants : Corse du Sud (100 %), Creuse (97 %), Finistère (93 %), Haute-Vienne (91 %), Morbihan (90 %), Cantal (87 %), Côtes d’Armor (84 %), Corrèze (83 %), Lozère (83 %), Aveyron (82 %). Pour 14 départements, les habitants exposés représentent entre la moitié et les trois quarts de la population totale du territoire.
Un faible niveau de préoccupation des Français malgré le risque
Le radon a été reconnu cancérigène pulmonaire certain pour l’homme depuis 1987 par le Centre International de Recherche sur le Cancer.
En France, l’exposition au radon serait à l’origine de près de 3 000 décès par cancer du poumon chaque année selon l’IRSN, soit 10 % des victimes du cancer du poumon. Le risque est nettement plus élevé chez les fumeurs, l’interaction entre le radon et le tabac multipliant par trois le risque de cancer du poumon.
Pourtant, selon Santé Publique France, moins de 1 Français sur 3 a entendu parler du radon et 8 sur 10 s’estiment mal informés sur les risques associés au radon selon le Baromètre 2023 de l’IRSN.
Quand ils se montrent défiants ou suspicieux sur ce sujet, ils le sont dans des proportions nettement inférieures à celles observées pour la plupart des autres risques environnementaux et sanitaires.
Dans les 31 départements les plus concernés, les enquêtés s’avèrent mieux informés sur ce risque que le reste de la population : 29 % savent de quoi il s’agit, contre 18 % dans le reste de la France. Toutefois seuls 21 % sont conscients d’être exposés à ce type de risque.
Mesurer les expositions et réduire les concentrations pour prévenir les risques
L’exposition annuelle d’un Français au radon peut être multipliée par 2 par rapport à la moyenne nationale selon son lieu d’habitation selon l’IRSN.
Le dépistage, à l’aide d’un dosimètre, permet de mesurer la concentration moyenne du radon dans un logement et de montrer l’exposition moyenne de ses habitants. En cas de concentration élevée, l’exposition peut être réduite avec des travaux de rénovation comme l’amélioration de l’étanchéité entre le sol et l’habitation, de la ventilation et du système de chauffage.
En France, certaines catégories d’établissements font l’objet d’une surveillance particulière. Des mesures de radon doivent être effectuées tous les dix ans dans les établissements recevant du public : établissements scolaires, hôpitaux, maisons de retraite, etc. En cas de concentration dépassant le seuil, des travaux doivent être entrepris pour réduire les expositions. Pour les professionnels travaillant dans des lieux souterrains (tunnels routiers ou ferroviaires, grottes, etc.), les employeurs doivent réaliser des mesures tous les 5 ans.
Le 4ᵉ plan national d’action 2020-2024 pour la gestion du risque lié au radon a été mis en place afin de poursuivre l’information et la sensibilisation du public, améliorer les connaissances ainsi que la prise en compte de ce risque dans les bâtiments.
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