Santé

La pollution des sols par les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP)

Mis à jour le | Commissariat général au développement durable

Les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) font partie des polluants organiques persistants. Ils proviennent principalement de la combustion des matières organiques (combustion d’énergies fossiles, feux de forêt). Toxiques pour la santé humaine et l’environnement, ces polluants sont généralement peu biodégradables. En plus de leur capacité à voyager sur de longues distances, ils s’accumulent dans les tissus vivants, se fixent sur les matières organiques, les matières en suspension ou les sédiments des cours d’eau. Les HAP sont un indicateur clé du degré de pollution des sols.

Que sont les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) ?

Les HAP, des « polluants organiques persistants »

Les polluants organiques persistants (POP) désignent des composés organiques tels que les PCB, les dioxines et furanes, les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) et dérivés. Ils sont à la fois persistants, accumulables au sein des organismes vivants, toxiques et mobiles sur de longues distances.

Identifiés depuis plusieurs décennies comme nécessitant un suivi et des actions prioritaires, la réglementation européenne interdit (sauf exceptions) de fabriquer, de mettre sur le marché et d’utiliser ces substances sous quelque forme que ce soit. Elle vise aussi à réduire au minimum les émissions de ces substances dans l’environnement. En raison de leur longue persistance dans les milieux et de leur capacité à s’accumuler dans les organismes vivants, les POP sont nocifs et sont largement distribués dans l’environnement.

L’origine des HAP retrouvés dans le sol

Issus principalement de phénomènes de combustion (biomasse, combustibles fossiles, déchets, feux de forêt), les HAP sont surtout émis dans l’air, d’où ils se dispersent dans l’ensemble de l’environnement et du vivant. Se fixant facilement sur les particules de matières organiques en suspension dans l’air, le sol, l’eau, ils sont facilement transportés loin de leurs zones d’émission. Des HAP dissous, provenant de la fabrication de matériaux à base de produits pétroliers (pigments, résines, etc.), peuvent aussi être rejetés dans l’environnement de manière résiduelle ou lors de pollutions accidentelles.

Comment les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) contaminent-ils les milieux ?
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Comment les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) contaminent-ils les milieux ?

Cette infographie montre la façon dont les HAP contaminent les milieux naturels. Elle explique qu’ils sont émis puis transformés dans l’air, avant de se déposer dans les sols et la végétation, puis de migrer vers les milieux aquatiques. 72 % des HAP proviennent du résidentiel (chauffage au bois), 14 % des feux de forêt, 5 % des transports, 5 % de l’industrie, et 5 % de l’agriculture.

Source : CGDD, d’après Citepa, format Secten, avril 2024

Où sont-ils présents dans les sols en France ?

Des pollutions différentes selon les régions

Le réseau français de mesure de la qualité des sols est le premier réseau européen de surveillance ayant permis de cartographier la pollution des sols par les HAP.

Les teneurs les plus élevées y sont mesurées au nord et à l’est de la France et résultent d’activités industrielles passées. Le long de la côte atlantique, les teneurs en HAP, plus faibles, sont issues de probables transports sur de longues distances suivis de dépôts par les pluies. Les très faibles concentrations de certains HAP dans le Sud-Ouest (Landes) peuvent s’expliquer par leur lessivage dans les sols sableux.

Les différents HAP en détails

Sur les 16 HAP analysés à la surface des sols, seuls cinq sont quantifiés dans plus de la moitié des sites du Réseau de mesure de la qualité des sols : le benzo(b)fluoranthène, le fluoranthène, le pyrène, l’indeno(1,2,3-cd)pyrène et le phénanthrène. Les pollutions ponctuelles représentent environ un tiers des 3 316 sites et sols pollués recensés en 2023 et dont les polluants sont connus contiennent des HAP et leurs dérivés dans le sol et le sous-sol.

Concernant le fluoranthène, les teneurs s’étendent localement entre 0 et 1,17 milligramme par kilogramme de terre fine. Le fluoranthène est fortement concentré dans le Nord et l’Est, vraisemblablement en raison des activités passées de ces régions (mines, industries). Des pollutions sans doute d’origine minière, pétrolière ou industrielle apparaissent également en région parisienne, en aval de la vallée de la Seine, sur le littoral méditerranéen, dans le couloir rhodanien et dans le Massif central. Plus incertaine, l’origine de la pollution sur la façade atlantique pourrait résulter de dépôts atmosphériques de longue distance.

Les lieux identifiés dans l’est du Massif Central (anthracène, benzo(k)fluoranthène) correspondent à des pollutions historiques (mines de charbon, métallurgie).

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