Santé

Les sites et les sols pollués en France

Mis à jour le | Commissariat général au développement durable

En 2025, la France recense 11 234 sites et sols pollués (source) , ou potentiellement pollués, généralement en lien avec des activités industrielles. Ces pollutions appellent une action des pouvoirs publics, car elles peuvent présenter un risque pour la santé humaine ou l’environnement (effets directs ou indirects). Un tiers des polluants identifiés dans les sols de ces sites sont des hydrocarbures et un quart des métaux et métalloïdes. Deux bases de données distinctes consignent par ailleurs les sites actuellement et anciennement pollués.

D’où viennent les pollutions ponctuelles des sols ?

Souvent d’origine industrielle, la pollution ponctuelle des sols résulte de retombées atmosphériques, d’accidents de manutention ou de transport, de mauvaises pratiques de stockage de déchets et d’effluents, ou de mauvais confinements de produits toxiques ou dangereux. Elle s’observe le plus souvent en ville ou à proximité.

Bien que généralement localisées, ces pollutions peuvent s’étendre avec le vent, ou par les eaux qui s’infiltrent dans le sous-sol et les nappes souterraines. La mise en sécurité et la surveillance de ces sites ont pour but d’éviter que des polluants, piégés par les sols et présentant un danger pour la santé humaine, ne migrent et ne contaminent davantage les écosystèmes et la chaîne alimentaire.

Ces pollutions ponctuelles se distinguent des pollutions diffuses. De moindre importance, celles-ci affectent cependant la partie superficielle des sols sur de vastes étendues, en raison d’apports par voie aérienne (rejets industriels ou des transports, épandages agricoles).

Quels sont les conséquences sur la santé humaine ?

Différentes voies d’expositions aux polluants

En plus des conséquences sur l’environnement et sur la biodiversité, la pollution du sol peut avoir des impacts directs ou indirects sur la santé humaine. En effet, le sol joue le rôle de réservoir de polluants susceptibles de devenir mobiles et d’affecter les écosystèmes, les ressources en eau et la chaîne alimentaire.

L’exposition des populations peut se faire de manière directe (ingestion volontaire par de jeunes enfants par exemple) ou de manière indirecte par l’intermédiaire de céréales, fruits et légumes cultivés sur des terres polluées, ou encore d’eau polluée par transfert du sol vers la nappe phréatique. Les poussières émises par les sols pollués peuvent être inhalées, et les polluants peuvent s’évaporer dans l’air à partir du sol. Les populations les plus exposées aux effets de la pollution des sols sont les employés des activités à l’origine des sites ou sols pollués, ainsi que les riverains.

Un impact sanitaire certain, même si parfois difficile à prouver

De nombreuses substances chimiques mesurées dans les sols pollués sont connues pour leurs multiples effets nocifs sur la santé (cancers, affections respiratoires, maladies cardiovasculaires, retards de développement…). Toutefois, la mise en cause directe des pollutions du site reste difficile car la connaissance des mécanismes de transferts des polluants du sol dans l’organisme humain demeure souvent insuffisante.

L’exposition peut néanmoins être mesurée par l’intermédiaire de biomarqueurs, principalement le polluant ou ses métabolites (sous-produits), mesurés dans le sang, les urines, les cheveux, etc. Les polluants présents sur un site et sol pollué, mais également retrouvés dans l’organisme d’un riverain ou d’un employé, suggèrent ainsi que la personne y a été exposée via l’environnement.

Inventaire des sites et des sols pollués en France

En 2025, la France recense 11 234 sites et sols pollués ou potentiellement pollués, appelant une action des pouvoirs publics. La pollution peut être découverte à l’occasion de travaux sur un terrain ayant accueilli anciennement des activités industrielles, ou après une action des pouvoirs publics dans le cadre du suivi et du contrôle des sites industriels.

Les sites et sols pollués recensés (mi-2018)

Les sites et sols pollués recensés mi-2018
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Les sites et sols pollués recensés mi-2018

Cette carte présente les communes françaises comptant des sites inscrits dans la base Basol mi-2018, ainsi que le nombre de sites concernés. Elle montre une présence relativement plus importante de ces sites aux dans les grandes métropoles.

Source : base de données Basol

Répartition des sites et des sols pollués par région (mi-2018)

Les anciennes régions minières et les régions les plus urbanisées concentrent le plus de sites et sols pollués : Auvergne-Rhône-Alpes (18,1 %), Grand Est (15,5 %), Hauts-de-France (13,6 %). En revanche, trois régions métropolitaines plutôt agricoles (Bretagne, Pays de la Loire, Provence-Alpes-Côte d’Azur), ainsi que les régions d’outre-mer (hors Mayotte) et la Corse, totalisent ensemble moins de 10 % de l’ensemble des sites et sols pollués, soit moins de 4 % pour chacune de ces régions.

Nombre de sites et sols pollués par région mi-2018
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Nombre de sites et sols pollués par région mi-2018

Ce graphique présente la répartition des sites et des sols pollués en France selon les régions, d’après les données de la base Basol. Il reprend les constats et les chiffres indiqués précédemment, avec proportionnellement davantage de sites dans les régions les plus urbanisées ou ayant connu une importante activité minière.

Source : base de données Basol

Différents polluants qui touchent tous les milieux

Des polluants qui s’infiltrent dans les eaux souterraines

Les sites et sols pollués répertoriés dans Basol présentent de fortes teneurs en polluants sur des surfaces réduites. Ces pollutions ponctuelles, causées par d’anciens dépôts de déchets ou des infiltrations de substances polluantes, peuvent toucher plusieurs milieux sur un même site.

Lorsque les sols sont pollués, les eaux souterraines le sont généralement aussi, avec au niveau national une répartition des principaux polluants s’apparentant fortement à celle des sols : hydrocarbures (27 %), métaux et métalloïdes (18 %), etc.

7 familles de polluants identifiés

Les pollutions se révèlent souvent multiples sur un même site. Les deux familles les plus fréquemment identifiées dans les sols correspondent aux hydrocarbures et aux métaux et métalloïdes, respectivement environ un tiers et un quart.

Les trois familles d’hydrocarbures (minérales, chlorés, HAP) représentent un peu moins de 60 % des pollutions multiples des sols. Les cyanures, les BTEX (somme de benzène, toluène, éthylbenzène et xylène) et les autres polluants (ammonium, chlorures, pesticides, solvants non halogénés, sulfates, substances radioactives) correspondent chacun à moins de 10 % des pollutions des sols.

Les métaux et métalloïdes les plus couramment identifiés dans les sols des sites investigués correspondent au plomb (18 %), au cuivre (16 %), au zinc et à l’arsenic (12 % chacun). Dans les nappes, il s’agit de l’arsenic (7 %), du plomb et du nickel (6 %). Pour les sites pour lesquels la pollution par milieu n’est pas précisée, le plomb, le cuivre, l’arsenic et le chrome figurent parmi les métaux et métalloïdes les plus présents.

Poids global des 7 familles de polluants identifiées dans les sols ou les nappes mi-2018
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Poids global des 7 familles de polluants identifiées dans les sols ou les nappes mi-2018

Ce graphique présente la répartition des différentes familles de polluants retrouvés d’une part dans les sols des sites pollués, et d’autre part dans les nappes d’eau souterraines, en s’appuyant sur les données de la base Basol. Dans les deux cas, les hydrocarbures sont les polluants les plus importants (31 % dans les sols, 27 % dans les nappes) suivis par les métaux et métalloïdes (23 % et 18 %).

Source : base de données Basol

La dépollution des sols

Les techniques de dépollution varient selon les milieux pollués (sols, eaux) ou le support (dépôts de déchets ou de produits divers) et peuvent se combiner sur un même site.

Les techniques les plus fréquemment utilisées pour traiter les terres polluées, correspondent à l’excavation des terres (29 % des sites traités), au traitement biologique (25 %) et au stockage de déchets dangereux dans des sites spécialisés (19 %). Les terres excavées sont aussi valorisées sous la forme de granulats pour les travaux publics, comme solution alternative à la mise en décharge lorsque c‘est possible.

Le traitement des eaux des sites et sols pollués s’effectue dans 42 % des cas sur site. Des travaux préalables (rabattement de nappes) peuvent s’avérer nécessaires (40 % des cas). La technique la plus fréquemment employée consiste à extraire les polluants volatils à l’aide d’injection d’air (air stripping : 21 % des sites traités), suivie par les procédés physico-chimiques (17 %) et le drainage (17 %).

Une gestion des sites « orphelins » confiée à l’Ademe

Les sites pollués sont considérés comme « orphelins » lorsqu’aucun responsable solvable n’a pu être identifié. Dans ce cas, c’est l’Ademe (Agence de la transition écologique) qui est chargée, au nom de l’État, du suivi de leur mise en sécurité sanitaire et environnementale et des travaux de dépollution. Pour les sites répertoriés dans la base Basol mi-2018, l’Ademe est ainsi intervenue sur 274 sites et sols pollués (soit 4 % des sites) et sur 74 sites de manière urgente (soit 1 %).

Ressources