Santé

Un "Plan Eau" pour aider l’outre-mer à traiter les eaux usées

Mis à jour le | Commissariat Général au Développement Durable

En France métropolitaine, le traitement des eaux usées est globalement satisfaisant grâce aux collectivités locales chargées du financement, de l’assainissement et de la maintenance des équipements. La situation est moins favorable dans les cinq départements et régions d’outre-mer (DROM), ce qui a des conséquences sur l’environnement et la santé. Coordonner les acteurs locaux autour de projets concrets fait partie de la solution.

Traitement des eaux usées : état des lieux

Dans les DROM, l’assainissement des eaux usées domestiques est géré :

  • par les collectivités locales comme les communes ou les groupements de communes (réseaux de collecte des eaux usées, stations de traitement) ;
  • par des particuliers ou des groupes de particuliers.

Une fois traitées, les eaux rejoignent les rivières, les lacs, les mers et océans, les sols et les nappes phréatiques. La santé des écosystèmes est donc liée :

  • à l’efficacité des dispositifs de traitement des eaux usées ;
  • au respect de la réglementation (conformité des équipements, la capacité de traitement selon la quantité d’eau, etc.).

Dans les DROM, la part de la population non raccordée à une station d’épuration dépasse souvent les 50 %. Le niveau de vie empêche les habitants d’investir dans un système d’assainissement efficace ou dans son entretien. La quasi-totalité des équipements individuels qui existent ne fonctionne pas correctement.

À l’exception de La Réunion, la moitié des installations collectives ne sont pas conformes à la réglementation en raison de problèmes de gestion des services publics d’assainissement (difficultés à faire payer les factures notamment, adaptation à une population croissante, etc.)

Les DROM sont souvent des îles, avec des atmosphères riches en sel ou des émanations de la décomposition d’algues comme les sargasses. Cela favorise en plus la corrosion des équipements d’assainissement.

Agrandir la figure 4822

Tableau de la gestion des eaux usées et de la conformité des stations d’épuration dans les DROM et en France métropolitaine.

Si la dégradation des écosystèmes est un enjeu important, il y a d’autres conséquences : nuisances olfactives et visuelles, difficulté à produire de l’eau potable à prix raisonnable, effet défavorable sur le tourisme, etc.

Agrandir la figure 4823

Chiffres clés et conséquences d’une mauvaise gestion de l’eau en fonction des territoires.

Le Plan Eau

Pour toutes ces raisons, le « Plan Eau DROM » a été mis en place en 2016.

À quoi sert-il ?

Le Plan Eau vise à :

  • renforcer la gouvernance des collectivités ;
  • développer leurs capacités techniques et financières ;
  • améliorer les services de l’entretien et de la maintenance ;
  • intégrer les politiques de l’eau dans l’aménagement du territoire.

Il engage les pouvoirs publics en accompagnant les collectivités par des moyens financiers, d’ingénierie, de formations, d’études et d’expertises.

Il s’adresse aux : élus, administrations, établissements publics, assemblées de concertation, institutions financières publiques, etc.

Dans le cadre du Plan Eau, les collectivités d’outre-mer ont la possibilité de signer un « contrat de progrès ». C’est un accord de cinq ans signé entre l’État, les collectivités locales et des partenaires afin d’améliorer la qualité de l’eau et son assainissement. Chaque contrat sert à :

  • planifier les investissements ;
  • réunir les financements ;
  • organiser le dialogue entre les différents acteurs ;
  • financer les études pour bien préparer et réaliser le projet.

Un cas concret

Mayotte offre un exemple parlant.

  • En 2021, seuls 19 % des foyers mahorais étaient raccordés à un assainissement collectif (81 % en France métropolitaine).
  • En 2022, 67 % des stations d’épuration qui traitaient les eaux usées de plus de 2 000 habitants ne respectaient pas les règles fixées par la loi.

Grâce au contrat de progrès :

  • le chantier d’une nouvelle station d’épuration, qui traitera les eaux usées de 60 000 habitants, a été lancé à Koungou en août 2023 ;
  • la première pierre d’une future station d’épuration a été posée à Mamoudzou Sud en mai 2025.

Ressources