En France, 298 millions de tonnes (Mt) de déchets ont été collectées en 2022. Comment ces déchets sont-ils traités ? Quelles sont les évolutions des modes de traitement ? Comment traiter ces déchets de manière responsable ?
En 2022, 298 Mt de déchets ont été traitées en France par le Service Public de Gestion des Déchets ou par des acteurs privés. Il existe quatre types de traitement pour ces déchets :
- L’incinération, avec ou sans récupération d’énergie grâce à la chaleur créée, représentant 9 % des déchets ;
- Le stockage, la mise en décharge dans des installations dédiées, représentant 20 % des déchets ;
- Le remblayage, consistant à stabiliser les sols, qui représente 19 % des déchets, uniquement des déchets minéraux ;
- Le recyclage, pouvant prendre différentes formes représente 52 % du traitement, tous déchets confondus.
Selon Eurostat, Le taux de recyclage de tous les déchets confondus est en baisse depuis 2018, passant de 55 % à 52 % en 2022.
Le stockage est également en baisse de 7 % tandis que l’incinération sans récupération d’énergie reste très faible (1 %).
À l’inverse, le remblayage a progressé de 9 % durant cette période et l’incinération avec récupération d’énergie a augmenté de 3 %.
Crédits : source : Eurostat : Traitement des déchets par catégorie de déchets, dangerosité et opérations de gestion des déchets
Agrandir la figure 4784Le taux de recyclage a augmenté de 2010 à 2018 avant de chuter entre 2018 et 2020 puis de reprendre sa progression en 2022. Le stockage et l’incinération sans récupération d’énergie sont en constante diminution. Le remblayage augmente fortement depuis 2018 et l’incinération avec valorisation énergétique progresse faiblement depuis 2010.
Le traitement des déchets par catégorie
Le traitement de déchets non minéraux non dangereux
Les déchets non minéraux non dangereux représentent l’ensemble des déchets produits par les secteurs d’activité en excluant les déchets minéraux majoritairement issus du BTP et les déchets dangereux.
En France, 74 % de ces déchets ont été valorisés en 2022.
La valorisation vise le réemploi, le recyclage ou toute autre action visant à obtenir, à partir des déchets, des matériaux réutilisables ou de l’énergie.
Parmi ces déchets valorisés, 46 % ont fait l’objet d’un recyclage grâce aux installations de traitement. 28 % ont été incinérés avec récupération d’énergie.
23 % des déchets non valorisables ont été acheminés en centre de stockage de déchets (décharge) et 2 % incinérés sans récupération d’énergie.
La valorisation des déchets non minéraux et non dangereux a progressé en France entre 2016 et 2022, passant de 70 à 74 % du tonnage total. Cette progression est due à l’augmentation de l’incinération avec récupération d’énergie qui est passée de 21 % à 28 %.
Le taux de recyclage a reculé de 3 % depuis 2016 pour atteindre 46 % des déchets non dangereux non minéraux traités en 2022.
De même pour le stockage et l’incinération sans récupération d’énergie qui ont reculé au cours de la période 2016-2022.
Traitement des déchets non minéraux non dangereux en France en 2016 et 2022
La part de l’incinération avec récupération d’énergie a progressé de 6 % entre 2016 et 2022 passant de 22 % à 28 %. La part de l’ensemble des autres voies de traitement ont diminué : le recyclage passe de 49 à 46 %, l’incinération sans récupération d’énergie passe de 4 à 2 % et le stockage et épandage passe de 24 à 23 %.
Le bilan national du recyclage réalisé par l’ADEME (Agence de la transition écologique) donne des précisions par type de déchet. En 2017, le taux d’incorporation des ferrailles dans l’acier produit est de 49 %. Celui du papier-carton est de 67 %, ce qui signifie que 67 % du papier-carton produit en 2017 l’est à partir de papiers-cartons de récupération. Ce taux est de 56 % pour la fabrication de verre, de bouteilles et de gobelets.
Le traitement de déchets dangereux
Les déchets dangereux (amiante, phytosanitaires, piles, solvants, etc.), présentent un risque pour la santé humaine et l’environnement et nécessitent des installations de traitement particulières.
Ils représentent 7 tonnes en 2022, soit 3 % des déchets traités. Leur valorisation est plus complexe que les autres déchets à cause leur nature toxique, inflammable, explosive, etc.
Seulement 47 % de ces déchets sont valorisés dont 32 % par recyclage et 14 % par l’incinération avec récupération d’énergie.
Le reste est donc stocké en décharge (32 %) ou incinéré sans récupération d’énergie (14 %).
Certains déchets dangereux ont un fort taux de valorisation : plus de 80 % des batteries et des piles ont été recyclées en 2018 grâce à la création de filières de collecte et de traitement. 90 % des huiles usées collectées ont été valorisées dont 70 % recyclées.
À l’inverse, les déchets de soins, les déchets chimiques et les solvants usés sont pour la plus grande partie incinérés sans récupération d’énergie. Les déchets issus du traitement des déchets ainsi que les déchets minéraux dangereux sont en grande partie enfouis.
La part de chaque type de traitement des déchets dangereux est restée relativement stable, variant au maximum de 1 % entre 2016 et 2022.
Le traitement de déchets minéraux et inertes
Les déchets minéraux et inertes sont en quasi-totalité des déchets provenant du secteur de la construction (béton, brique, verre, bois traités, etc.). Ils ne sont pas biodégradables mais ont peu d’influence néfaste sur la santé ou l’environnement.
55 % des déchets minéraux inertes ont été valorisés en 2022, exclusivement par le recyclage. Le remblayage de mines et de carrières en représente 27 %, et 19 % est stocké en décharge.
Le tonnage total de déchets minéraux inertes a reculé de 220 à 210 Mt entre 2016 et 2022 et les types de traitement ont beaucoup évolué.
En 2016, le recyclage concentrait 72 % des déchets traités et le stockage en décharge 28 %.
Entre 2016 et 2022, le remblayage progresse jusqu’à atteindre 27 % des déchets traités en 2022. Ce type de traitement remplace en partie le recyclage qui diminue de 16 % et le stockage qui diminue de 9 %.
Le traitement des déchets plastiques
La production mondiale de plastique ne cesse d’augmenter depuis 1950. Elle est passée de 0.6 kg à 47,7 kg par habitant en 2019, soit 368 Mt. La production française est d’environ 5 Mt soit 9,5 % de la demande européenne.
En Europe, 40 % des déchets plastiques sont issus des emballages, 20 % du secteur de la construction, 10 % de l’automobile, 6 % de l’électronique.
En France, 43 % des déchets plastiques collectés sont incinérés avec récupération d’énergie, 24 % sont recyclés et 32 % sont mis en décharge.
En 2017 en Europe, le taux de recyclage de l’ensemble des déchets plastiques atteint 31 % et dépasse le taux de mise en décharge de 27 %. Cette tendance se poursuit en 2018 avec un taux de recyclage de 32 %. Les emballages plastiques ont un meilleur taux de recyclage avec 42 %.
En France, la situation est en dessous de la moyenne européenne : seuls 24 % des déchets plastiques et 26 % des déchets d’emballages plastiques sont recyclés en 2018.
Pour cause, un des obstacles au recyclage des plastiques est leur grande diversité. Environ 50 % des emballages sont soit non recyclables, soit très difficilement recyclables.
Le traitement des déchets ménagers et assimiles (hors déblais et gravats)
Les déchets ménagers et assimilés regroupent les ordures ménagères résiduelles (poubelle grise), les déchets en collecte sélective (poubelle jaune), les déchets des activités économiques collectés par le service public, les encombrants des ménages et les déchets collectés en déchetterie.
En 2021, 41,3 millions de tonnes de déchets ménagers et assimilés ont été collectés par le service public de gestion des déchets, soit 6 % de plus qu’en 2019.
En 2021, 41,3 Mt de déchets ménagers et assimilés ont été collectés par le Service Public de Gestion des Déchets, soit 6 % de plus qu’en 2019.
Au milieu des années 1990, près de la moitié des déchets ménagers et assimilés, hors déblais et gravats, était mis en décharge. Depuis 2017, la mise en décharge diminue en moyenne de 3 % par an jusqu’à atteindre 20 % en 2019 selon l’ADEME.
Le taux de valorisation par recyclage et par valorisation énergétique ou organique progresse et atteint 78 % des déchets ménagers et assimilés hors déblais et gravats en 2019, contre 53 % en 2000.
Les résultats de l’enquête de l’ADEME de 2017 montrent un taux de recyclage matière et organique des déchets ménagers et assimilés de 43 %. Il atteint 47 % en 2019.
Le recyclage des déchets progresse fortement du fait du développement de la collecte sélective en lien avec l’ouverture de déchetteries. En effet, environ 4 600 sont en service en 2019, soit trois fois plus qu’en 1996.
L’incinération sans récupération d’énergie est aujourd’hui très faible. À l’inverse, l’incinération avec récupération d’énergie s’accroît passant de 29 % du poids des déchets ménagers en 2000, à 32 % en 2019.
Évolution du traitement des déchets ménagers
Entre 2000 et 2017, la part du stockage a diminué et l’incinération sans récupération d’énergie est devenue marginale. Les parts du recyclage, du compostage et de l’incinération avec récupération d’énergie ont eux augmenté.
Des exemples de valorisation des déchets
Les déchets peuvent être valorisés selon plusieurs techniques : le recyclage, la production d’énergie électrique ou thermique, le recyclage, le réemploi, etc. La filière française de la valorisation et du recyclage des déchets représente 1 600 entreprises et 19,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2024, selon le Ministère de l’Économie.
La Valorisation énergétique des déchets par l’incinération des ordures ménagères
L’incinération est le principal mode de production d’à partir des déchets. Il existe 116 installations d’incinération de déchets ménagers en France en 2022, dont 21 % produit de la chaleur, 12 % de l’électricité et 67 % à la fois de la chaleur et de l’électricité, selon l’ADEME.
En 2023, 17,9 Térawatt-heures ont été produits à partir du traitement des déchets, soit la consommation par an de 8 Millions de Français.
Dans cette production, 14,1 Térawatt-heures sont issus des unités d’incinération des ordures ménagères, 1,6 des installations de stockage des déchets non dangereux et 2 des unités de méthanisation. L’énergie produite est principalement valorisée sous forme de production de chaleur : 9,7 Térawatt-heures thermiques et 4,3 Térawatt-heures électriques.
Les mâchefers sont les principaux résidus de l’incinération des déchets. En 2016, les incinérateurs en produisent 2,29 Mt qui sont orientés vers des plateformes de maturation ou des unités de valorisation. Ils sont ensuite utilisés dans du mortier pour les routes et les fondations des bâtiments. Les 0,4 Mt de résidus d’épuration des fumées sont pour la plus grande partie acheminés en centres de stockage.
La valorisation du biogaz dans les décharges permet également de produire de l’énergie, même si les quantités sont moindres. En effet, pour les installations de stockage de déchets non dangereux, la valorisation du biogaz permet d’améliorer la rentabilité de l’installation. La production d’électricité et de chaleur à partir de biogaz de décharge atteint 1,6 Térawatt-heures en 2016. Entre 2002 et 2016, cette production a été multipliée par 4.
Le recyclage des emballages ménagers et papiers graphiques
Les emballages ménagers sont soumis au principe de Responsabilité élargie du producteur depuis 1993, et les papiers graphiques depuis 2007.
Depuis le 1er janvier 2024, ces deux filières ont fusionné en une seule : la filière des emballages ménagers et papiers graphiques.
L’enjeu est de réduire la quantité d’emballages ménagers, développer des solutions de réemploi, de recyclage des emballages ainsi qu’accompagner l’amélioration des performances des collectes et du tri.
Grâce à cette filière, 5 Mt de déchets sont recyclés en 2023, soit environ 77 % des emballages ménagers et des papiers mis sur le marché national.
Le taux de recyclage des emballages ménagers varie encore beaucoup en fonction de la matière. Il est de 89 % pour les emballages en papier-carton, 81 % pour le verre, 40 % pour le bois et seulement 25 % pour le plastique.
Évolution du taux de recyclage ( %) des emballages ménagers par type entre 2011 et 2022
Le taux de recyclage a globalement progressé pour l’ensemble des emballages, passant de 61 % en 2011 à 67 % en 2022. Il a également progressé pour les emballages en verre passant de 70 à 81 % et pour les emballages en bois passant de 25 % à 40 %. Le taux de recyclage est resté stable avec 1 % d’augmentation pour les emballages en papier passant de 88 % à 89 % et pour les emballages plastiques passant de 23 % à 25 %. Pour les emballages métalliques, le taux de recyclage a baissé passant de 73 % à 64 % entre 2011 et 2022.
Plusieurs mesures ont déjà été mises en place pour atteindre les objectifs de recyclage, comme la généralisation de l’information sur le geste de tri, l’extension des consignes de tri à tous les emballages en plastique, ainsi que le déploiement récent de corbeilles de tri dans l’espace public.
En 2023, l’extension de la consigne de tri à de nombreux emballages plastiques concerne 98 % de la population.
Les premiers retours d’expérience confirment les tendances observées lors de l’expérimentation : la collecte sélective des plastiques augmente d’environ 2 kg par habitant et par an. Un effet d’entraînement permet d’accroître les volumes collectés des autres matériaux recyclables.
Les installations de traitement des déchets ménagers et assimilés
L’enquête « installations de traitement des ordures ménagères » est réalisée tous les 2 ans par l’ADEME auprès des exploitants des installations : tri, traitements thermique et biologique, stockage de déchets non dangereux.
Une enquête de l’ADEME permet de suivre l’évolution des tonnages et des 1 700 installations de traitement. La méthanisation de déchets se développe, permettant à la fois une valorisation organique et énergétique, mais également les centres de tri, alors que les décharges et les incinérateurs diminuent.
Évolution du parc de traitement des déchets municipaux
Entre 2004 et 2018, les centres de recyclages ont augmenté, tout comme les centres de tri et de valorisation énergétique. Les centres de stockages et d’incinération ont diminué. Les centres de méthanisation sont apparus en 2014 et progressent.
Pour réduire le stockage des déchets au profit de leur valorisation, le nombre de centres de stockage diminue, passant de 322 en 2004 à 205 en 2018.
Dans le même temps le nombre de centres de tri augmente de 324 en 2004 à 408 en 2018 et les centres de compostage passent de 401 en 2004 à 657 en 2018. De plus, les incinérateurs et les décharges ont été équipés pour permettre une meilleure valorisation énergétique et modernisés pour limiter les rejets dans l’atmosphère.
Ressources
SINOE Déchets
Développé en collaboration avec plusieurs utilisateurs, le site SINOE® déchets a été conçu pour répondre aux attentes et besoins du terrain. Son contenu riche, fiable et actualisé offre aux collectivités des informations essentielles sur les déchets ménagers. Au-delà de l’observation, SINOE® déchets est un outil d’analyses efficace qui apporte à chacun un éclairage sur la gestion des déchets ménagers pour orienter la décision.
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