Climat

Comprendre le changement climatique et ses conséquences

Mis à jour le | Commissariat général au développement durable

À cause des activités humaines et de leur utilisation d’énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz), les émissions de gaz à effet de serre augmentent rapidement. Cela renforce l’effet de serre et réchauffe la Terre : le climat se modifie et avec lui les températures, les précipitations (pluie, neige, grêle) et les vents. 2024 a ainsi été l’année la plus chaude jamais enregistrée au niveau mondial. Si cela se traduit de façon différente selon les régions et les saisons, l’humanité fait aujourd’hui face à un bouleversement climatique, avec des conséquences déjà visibles dans de nombreux domaines.

Qu’est-ce que le changement climatique ?

Les gaz à effet de serre, principales causes du changement climatique

Grâce aux gaz à effet de serre présents naturellement dans l’atmosphère (vapeur d’eau, dioxyde de carbone, méthane…), la Terre absorbe une partie de l’énergie qu’elle reçoit du Soleil, tandis que le reste est renvoyé vers l’espace. Ce phénomène naturel, appelé effet de serre, rend la vie possible sur Terre : sans lui, la température moyenne de la planète serait en effet glaciale, de l’ordre de - 18 °C. Ces gaz jouent donc un rôle important dans la régulation du climat.

Processus de l'effet de serre
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Processus de l’effet de serre

Cette image illustre le processus de l’effet de serre :

  • une partie du rayonnement solaire traverse l’atmosphère (représenté sur l’image par une cloche de verre) et atteint la surface terrestre ;
  • la Terre absorbe ce rayonnement et réémet de la chaleur sous forme de rayonnement infrarouge. Ce phénomène est accentué par l’artificialisation des sols ;
  • une partie de ce rayonnement infrarouge est piégée par les gaz à effet de serre dans l’atmosphère, contribuant au réchauffement de la planète ;
  • cette représentation simplifiée aide à comprendre le mécanisme de base de l’effet de serre et son rôle dans le climat terrestre.

Ces dernières décennies, la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère augmente rapidement, à cause des activités humaines et de la combustion des énergies fossiles (pétrole, gaz naturel, charbon). Cela augmente l’effet de serre et piège dans l’atmosphère une partie plus importante de la chaleur reçue du Soleil, ce qui provoque une hausse de la température terrestre : c’est le réchauffement climatique.

Les conséquences directes d’un climat plus chaud

Les conséquences du changement climatique sont multiples : modification des températures à la surface de la Terre, augmentation du niveau de la mer, fonte des neiges et des glaces, perturbation des précipitations (pluie, neige, grêle), puis multiplication et intensification des événements extrêmes (ex : inondations, sécheresses, ouragans…).

L’augmentation du niveau des mers est d’abord due à la modification de la température des mers et océans : sous l’effet de la chaleur, l’eau se dilate et occupe un volume plus important. Elle est aussi due à la fonte des glaces terrestres ou composées d’eau douce (calottes glaciaires, glaciers, etc.) sous l’effet de l’augmentation des températures.

La fonte des glaciers de montagne, des banquises et calottes polaires est causée par l’augmentation des températures à la surface de la Terre et des températures dans les mers et les océans.

Les niveaux de précipitations (pluie, neige, grêle) sont également modifiés. Une atmosphère plus chaude peut transporter jusqu’à 7 % d’humidité (et donc d’eau) en plus par degré de réchauffement et, plus l’atmosphère est humide, plus la probabilité de pluies est importante.

L’évolution du climat modifie aussi l’intensité, la fréquence, la durée et la répartition des phénomènes extrêmes comme les inondations, tempêtes, sécheresses et canicules, ouragans, tornades, cyclones, typhons, feux de forêt…. Par exemple, les sécheresses seront plus fréquentes, plus intenses et plus longues du fait de l’augmentation de l’évaporation liée à la hausse des températures.

Météo, climat : quelle différence ?

La météo correspond à ce qu’il se passe chaque jour autour de nous : un temps chaud ou froid, de la pluie, de la neige, du vent, etc. Le climat en revanche est une moyenne des conditions météorologiques sur une longue période (plusieurs décennies). Il est donc normal de continuer à observer par moment des vagues de froid : la météo est par nature différente chaque jour, et cela ne remet pas en cause la tendance globale et du changement climatique sur le long terme.

Un problème mondial aux effets différents selon les régions

La modification du climat est un problème qui concerne toute la planète. Mais le niveau du réchauffement et de ses effets se manifeste de façon différente selon chaque zone géographique : région chaude ou froide, humide ou désertique, continentale ou proche de la mer, rurale ou urbaine, économiquement riche ou pauvre, etc.

L’augmentation de la température moyenne mondiale par rapport à l’ère préindustrielle (période entre 1850 et 1900) est dès à présent de 1,1 °C. L’Accord de Paris fixe comme objectif de maintenir cette augmentation en dessous de 2 °C et si possible en dessous de 1,5 °C. Cet accord international a été adopté en 2015 lors de la 21e conférence des parties (COP21) des Nations unies sur le changement climatique, à Paris.

Des conséquences déjà ressenties dans de nombreux domaines

En France métropolitaine et dans les départements français d’Amérique, la hausse des températures est particulièrement marquée depuis les années 1980. Sur la période 1959-2009, la tendance est d’environ + 0,3 °C par décennie. En 2022, la température annuelle moyenne sur le pays a atteint 14,5 °C ce qui en fait l’année la plus chaude sur la période 1900-2023 devant 2023 (14,4 °C), 2020 (14,1 °C), 2018 (13,9 °C) et 2024 (13,9 °C).

Les 10 années les plus chaudes en France depuis 1900
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Les 10 années les plus chaudes en France depuis 1900

Ce graphique de Météo France présente les 10 années les plus chaudes en France depuis 1900, ainsi que la température moyenne de chacun. Il montre que 2022 a été l’année la plus chaude avec 14,5 °C de température moyenne. 9 des 10 années les plus chaudes depuis 1900 sont postérieures à 2010, illustrant le réchauffement rapide du climat ces dernières décennies.

Source : Météo France

Le nombre de journées estivales (dont la température dépasse 25 °C) a nettement augmenté, tandis que les jours de gel (où la température minimale descend sous 0 °C) ont diminué. À Agen, par exemple, on observait 43 jours de gel dans l’année sur la période 1960-1970 contre 30 sur la période 2010-2020. Les pluies extrêmes dans le sud-est méditerranéen de la France sont de plus en plus intenses.

En montagne, les principaux glaciers métropolitains suivis ont perdu 31,4 mètres en 21 ans. Les manteaux neigeux diminuent aussi. Au Col de Porte (Chartreuse), la hauteur de neige des hivers des périodes 1990-1991 et 2019-2020 est de 38 cm inférieure à celle des périodes 1960-1961 et 1989-1990.

Le changement climatique a également des conséquences sur l’eau et la biodiversité, comme en témoignent l’avancée des dates de migration de certains oiseaux, l’expansion de la chenille processionnaire du pin, l’élévation de la température du lac Léman, l’augmentation des surfaces touchées par les sécheresses annuelles en France métropolitaine, etc.

En matière d’agriculture, les dates des vendanges, indicateur de la réaction de la végétation au changement climatique, ont lieu 18 jours plus tôt en moyenne qu’il y a 40 ans. Les cultures du maïs et du blé s’adaptent également à l’évolution des conditions environnementales et climatiques avec une avancée générale de la date de semis.

Plus largement, la société et l’économie sont impactées : augmentation des risques climatiques (canicules, inondations, cyclones, etc.) et sanitaires (maladies à transmission vectorielle, etc.), pertes économiques (pertes de jours travaillés, diminution des rendements agricoles, baisse de la fréquentation touristique, dommages matériels, etc.).

La France pourrait aussi subir les conséquences du changement climatique sur les autres pays. En effet, l’émergence de crises géopolitiques (migrations, conflits, etc.) engendrées par des tensions liées à l’accès aux ressources (alimentation, eau) constitue un risque souligné par le GIEC et pris en compte dans les réflexions stratégiques internationales et nationales.

Le GIEC et ses rapports, références scientifiques internationales

Créé en 1988 par l’Organisation météorologique mondiale et le Programme des Nations unies pour l’environnement, le GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) est constitué de 195 États membres. Son objectif est d’évaluer et de synthétiser l’information scientifique, technique et socio-économique disponible au sujet du changement climatique.

Les travaux du GIEC donnent lieu à la publication régulière de rapports, dont le but est de dégager un consensus au sein de la communauté scientifique, tout en identifiant également les limites dans les connaissances ou l’interprétation des résultats. La compréhension des fondements scientifiques du changement climatique provoqué par les activités humaines permet de mettre en place des stratégies d’adaptation et d’atténuation.

Un suivi précis des impacts en France grâce à l’ONERC

Créé par la loi du 19 février 2001, l’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (ONERC) a pour missions principales de collecter et diffuser les informations sur les risques liés au réchauffement climatique, ainsi que de formuler des recommandations sur les mesures d’adaptation à envisager pour limiter les impacts du Changement climatique. Il est pour cela en liaison avec le GIEC.

Afin de décrire l’état du climat et ses impacts sur l’ensemble du territoire français, l’ONERC s’est doté d’ un panel d’indicateurs , chacun étant associé à un phénomène et permettant d’en indiquer l’évolution dans le temps, de façon objective.

Des perspectives inquiétantes

Un réchauffement qui va dépendre des émissions liées aux activités humaines

Le climat du futur est déterminé par les gaz à effet de serre (GES) déjà émis dans l’atmosphère et par les nouvelles émissions des années à venir. Pour prédire le réchauffement climatique, le GIEC s’appuie sur des scénarios de développement économique, avec des sociétés humaines plus ou moins émettrices en GES. Ces scénarios conduisent à des augmentations de températures comprises entre + 1,4 °C et + 4,4 °C à la fin du siècle par rapport à l’ère préindustrielle.

Respecter le scénario de l’Accord de Paris (+ 1,5 °C en 2100) impose à l’humanité de ne plus émettre de CO2 d’ici environ 30 ans et de réduire considérablement les autres GES. Si les politiques climatiques de chaque État restent à leur niveau actuel, le réchauffement planétaire devrait atteindre environ + 3 °C à la fin du siècle. Certains impacts sont, par ailleurs, déjà irréversibles. C’est le cas de la montée du niveau des mers qui se poursuivra pendant plusieurs siècles et de la fonte des glaces aux pôles.

Projections du réchauffement climatique selon l'évolution des émissions de gaz à effet de serre
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Projections du réchauffement climatique selon l’évolution des émissions de gaz à effet de serre

Ce graphique présente les projections du réchauffement climatique d’ici 2100, établies par le GIEC en fonction de l’évolution des émissions de gaz à effet de serre. Elles montrent que les politiques en place à la fin 2020, via les émissions projetées, conduisent à un réchauffement estimé de 3,2 °C à l’horizon 2100. À l’inverse, si les émissions mondiales diminuent fortement et rapidement, il est possible selon deux scénarios alternatifs de limiter le réchauffement à 2 °C voire à 1,5 °C, comme prévu par l’Accord de Paris.

Sources : MTECT, TRAAC, d’après la figure 5 du résumé pour décideurs du rapport de synthèse du Giec (IPCC, 2023)

Des risques climatiques qui augmentent fortement et rapidement

Les travaux du GIEC prédisent que les événements climatiques exceptionnels (sécheresses, canicules, fortes précipitations, cyclones) seront plus fréquents et/ou plus intenses à l’avenir. Au niveau mondial, un épisode de sécheresse qui se produisait en moyenne une fois tous les dix ans en 1900 pourrait se produire quatre fois plus souvent en 2100, avec un réchauffement mondial de + 4 °C. Un épisode de précipitations exceptionnel (en une journée) pourrait avoir lieu deux à trois fois plus souvent.

Un réchauffement de + 3 °C à l’échelle mondiale correspondra pour la France métropolitaine à un réchauffement d’environ + 4 °C en 2100 par rapport à l’ère préindustrielle. La hausse des températures sera plus forte en été, avec une augmentation des canicules, notamment autour de la Méditerranée, dans la vallée du Rhône et celle de la Garonne. Les pluies extrêmes devraient également augmenter dans le nord de la France. Cela n’empêchera pas les cours d’eau d’avoir souvent des niveaux très bas en été, avec des situations de pénurie d’eau qui risquent de se multiplier partout en France.

Un réchauffement trop important provoquera des dégâts irréversibles : montée des océans, perte de biodiversité, etc. Par exemple, à + 2 °C de réchauffement, les coraux disparaîtront alors qu’ils abritent 30 % de la biodiversité marine. En parallèle, au-delà d’un seuil critique, le réchauffement pourrait produire des événements en cascade aux conséquences catastrophiques : l’effondrement des calottes glaciaires provoquerait une hausse de plusieurs mètres du niveau des mers, la perturbation des courants marins océaniques engendrerait des changements climatiques profonds, le dégel du permafrost libérerait d’énormes quantités de méthane et augmenterait considérablement l’effet de serre, etc.

Des impacts à l’étranger pourront également avoir des répercussions en France. Des pertes de récoltes à l’étranger, induites par le réchauffement climatique, auront par exemple des effets sur l’alimentation des Français.

Des risques climatiques qui augmentent avec l'élévation des températures

Crédits : Commissariat général au développement durable

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Des risques climatiques qui augmentent avec l’élévation des températures

Ce tableau présente les risques climatiques et leur augmentation en fonction de l’élévation des températures. Il montre que ces risques augmentent rapidement même pour quelques dixièmes de degrés de hausse de la température. À titre d’exemple, entre + 1,1 °C (niveau actuel de réchauffement climatique) et + 1,5 °C, + 2 °C et + 4 °C, le nombre de cyclones tropicaux intenses augmente respectivement de 10, 13 et 30 %.

Notes : phénomènes observés et projetés en moyenne sur le globe selon quatre scénarios de réchauffement mondial par rapport à l’ère préindustrielle ; le scénario + 1,5 °C au niveau mondial correspond à + 2 °C en France. Celui à + 3 °C au niveau mondial correspond au scénario + 4 °C en France. Le scénario à + 4 °C au niveau mondial va bien au-delà du scénario + 4 °C en France.
Source : CGDD, d’après Météo-France et les scénarios du Giec

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