La France possède le deuxième plus grand espace maritime au monde. Il s’étend sur plus de 11 millions de kilomètres carrés, soit plus de 20 fois la surface de l’hexagone, dont 97 % se situent dans l’Outre-mer.
La France possède la quatrième plus grande surface de récifs coralliens au monde avec 55 000 km2, soit la superficie de la Région Grand-Est. En métropole, le littoral représente une ligne de 5 853 km, soit environ la distance entre Paris et New York. Cette ligne regroupe des côtes rocheuses, des plages, des dunes, et des marais salants et maritimes.
Dans ces zones, il existe une faune et une flore diversifiées, ainsi que de nombreux paysages. Ce sont aussi des lieux dans lesquels l’activité humaine est forte, puisqu’ils sont utiles aux activités économiques, culturelles et écologiques. Ces activités humaines menées sur les côtes ont des conséquences sur la nature, et peuvent mettre à mal les écosystèmes.
Des régions très fréquentées
Crédits : Commissariat général au développement durable
Les communes du littoral français (hors Mayotte) très fréquentées
L’illustration montre un ensemble de maisons en bord de mer. Cette commune littorale est bordée par une plage.
Sur les communes du littoral français (hors Mayotte) :
il y avait 8 millions de résidents permanents en 2020 ;
on comptait 5,5 millions de logements en 2019 ;
1 résident sur 8 est exposé aux risques de submersion marine ;
20 % des côtes sont en recul, ce qui représente environ 900 km (hors Guyane).
Source : SDES, infographie « Mer et littoral » édition 2024
En 2021, les communes en bord de mer hébergent 8 millions de résidents permanents, soit 12 % de la population française. Parmi eux, 6,4 millions habitent sur le littoral métropolitain et près de 1,6 million sur les côtes en outre-mer. La densité de population des communes littorales métropolitaines est estimée à 281 habitants par kilomètre carré. C’est 2,4 fois plus que la densité moyenne en France métropolitaine. Depuis 1962, le littoral français a gagné 2,8 millions de résidents permanents.
C’est dans ces zones en bord de mer que se trouvent 40 % des logements touristiques pendant l’été. Les communes littorales disposent également de plus de 7 millions de lits touristiques, surtout en résidences secondaires. Les zones les plus fréquentées sont principalement l’Atlantique et de la Méditerranée.
Le littoral de l’hexagone peut héberger 14 millions de personnes sur à peine 4 % du territoire français. Cela provoque une pression démographique et touristique très forte qui conduit à des niveaux d’artificialisation plus élevés que la moyenne.
L’économie de ces régions repose en grand partie sur le tourisme. À lui seul, le tourisme littoral génère en métropole près de 337 000 emplois en 2019, soit plus que tous les autres domaines d’activité maritime et leurs 188 000 emplois, notamment dans les produits de la mer, le transport maritime et fluvial, la construction et la réparation de navires.
Crédits : Commissariat général au développement durable
En 2019, l’économie maritime en France représentait 525 000 emplois.
Ces emplois se répartissaient ainsi :
tourisme : 64,1 % ;
pêche et aquaculture : 7,1 % ;
marine nationale : 7,1 % ;
construction et réparation de navires : 6 % ;
transport maritime et fluvial : 5,4 % ;
autres : 10,2 %.
Source : SDES, infographie « Mer et littoral » édition 2024
Les zones marines et côtières sont des lieux de calme et d’activité privilégiés pour leurs valeurs sociales et culturelles. Ainsi, les françaises et les français peuvent découvrir des paysages remarquables à travers les 5 800 km de sentiers de randonnée en France. Le tourisme valorise aussi la biodiversité marine, avec par exemple la plongée sous-marine qui a attiré 340 000 pratiquants en 2022, dont près de la moitié était des plongeurs licenciés. En été, le nombre de pratiquants de la pêche en mer de loisir, à pied ou à canne, est estimé à 2,7 millions de pêcheurs.
Mais cet attrait touristique et culturel est aussi une menace. Entre 2009 et 2022, 34 500 hectares ont été urbanisés dans les communes littorales de France, soit l’équivalent de deux fois le département des Hauts-de-Seine.
Des zones menacées par l’activité humaine
L’attrait des zones côtières se traduit par une densité de population élevée et une urbanisation qui se développe toujours plus, avec des menaces sur les milieux naturels et des pollutions. En mer, 10 millions de tonnes de déchets sont rejetés chaque année. 80 % proviennent de la terre et les trois quarts sont des déchets plastiques.
Le littoral est menacé par trois phénomènes naturels : la submersion marine qui menace 1,5 million d’habitants, le risque de tsunamis et la hausse du niveau de la mer. La question de l’aménagement des littoraux se pose mais les travaux de protection coûtent cher.
Le recul des côtes résulte en partie de la montée des eaux et concerne près d’un quart du littoral français. Si on y ajoute les 1 500 km d’installations le long des côtes, c’est un tiers du littoral qui est menacé en France. Les logements en zones basses du littoral sont directement menacés. Selon le Cerema, Centre d’études et d’expertise sur les risques, la mobilité et l’aménagement, en 2100 près de 450 000 bâtiments seraient menacés par l’érosion.
Avec la chaleur qui s’emmagasine dans les océans, une élévation du niveau de la mer de 2 mètres semble inévitable à long terme, au plus tôt dans un siècle, et au plus tard dans deux millénaires. En France, des travaux sont menés pour déménager des installations et protéger le littoral afin de faire face à l’augmentation du niveau des mers. Ces travaux vont s’intensifier comme le demande le plan national d’adaptation au changement climatique.
Sur les 50 dernières années, déjà environ 30 kilomètres carrés de terres ont été perdus, soit l’équivalent d’un terrain de football tous les 4 à 5 jours. Les départements de Charente-Maritime, de Gironde et des Bouches-du-Rhône sont les plus touchés et représentent plus de la moitié des surfaces perdues. 850.000 habitants sont concernés par ces risques, soit environ trois fois la population de la Ville de Bordeaux.
Pour diminuer la pression des activités humaines, les règles d’urbanisme sont nombreuses en bord de mer. Les communes rurales littorales ont mis en place un plan local d’urbanisme plus souvent que dans l’ensemble des communes rurales. La protection des espaces naturels est aussi plus forte en partie grâce au Conservatoire du littoral.
De nouvelles activités se développent comme l’extraction de granulats marins, les champs d’éoliennes, les sports nautiques ou aires marines protégées. Ces activités génèrent de nouveaux emplois mais nécessitent de plus en plus de les réguler.
Les communes littorales hébergent près de 8 millions de résidents en 2016. En métropole, cela représente une densité de population 2,5 fois supérieure à la moyenne.
La densité de construction de logements sur le littoral est trois fois plus forte que la moyenne dans les communes littorales métropolitaines et 15 % du territoire est artificialisé (2,6 fois plus que la moyenne). L’agriculture peine à se maintenir face à cette pression foncière. Depuis les années 1970, les surfaces agricoles régressent 2,5 fois plus vite en bord de mer que sur l’ensemble du territoire.
Le littoral est un territoire restreint. La surface cumulée des communes littorales maritimes (soit près de 900 communes au sens de la loi littoral) représente 4 % du territoire métropolitain.
Environ 5 800 km linéaires de sentier du littoral sont ouverts en 2019 sur l’ensemble des côtes françaises (métropole et outre-mer), dont 1 530 km au titre de la servitude de passage des piétons.
Les extractions de matériaux marins, représentent des enjeux économiques importants. Cependant, elles exercent des pressions physico-chimiques sur le milieu dépendantes des modalités et de l’intensité des exploitations.
Le changement climatique en cours a un impact direct sur le niveau des océans. Depuis un siècle, le niveau moyen des océans a augmenté de plus de 20 cm. La progression moyenne sur la période entre 1993 et 2011 est de 3,2 mm par an.
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L’observatoire du littoral de Mayotte est un outil au service de la connaissance et de la préservation des milieux côtiers et marins. Lieu de centralisation d’indicateurs d’évolution, d’observation et d’analyse, il favorise la transversalité des projets de recherche et d’acquisition de connaissance des zones côtières mahoraises.