Les milieux humides et aquatiques continentaux sont variés, naturels ou artificiels. La présence d’eau peut être permanente ou temporaire : cours d’eau, étangs, marais, canaux, retenues d’eau, etc. L’eau peut y être stagnante ou courante, douce ou salée.
Qu’est-ce qu’une « zone humide » ?
Les zones humides sont reconnaissables par la présence d’eau en surface ou dans le sol. Il s’y développe une faune et une flore adaptées aux conditions de ces milieux. Ces espèces participent à la formation d’écosystèmes très variés.
Aujourd’hui, aucune étude ne permet d’évaluer précisément la superficie des milieux humides sur l’ensemble du territoire français métropolitain et en Outre-mer. Les cartographies les plus récentes estiment que les milieux humides couvrent environ 23 % du territoire métropolitain, soit près de 13 millions d’hectares, ou environ 8 fois la Bretagne. Les zones humides ont différentes formes : marais, tourbières, vasières, forêts alluviales.
Illustration d’une zone humide naturelle avec des plantes et plusieurs animaux : oiseaux, mammifères, batraciens et insectes.
Les intérêts des zones humides
Les zones humides jouent un rôle dans le stockage et la qualité des eaux de surface. Elles permettent chaque année d’économiser l’équivalent de 2 000 € par hectare sur le traitement de l’eau potable. Les végétaux présents dans ces écosystèmes interviennent dans le cycle de l’eau grâce à leurs racines qui font s’évaporer ou s’infiltrer de l’eau. Selon la dernière évaluation nationale des sites humides emblématiques 2010-2020, 86 % des sites évalués en 2020 fournissaient des services de régulation et d’approvisionnement d’eau. Leur dégradation pourrait compromettre les services que ces milieux offrent à la société.
Les milieux humides subissent des crues saisonnières qui sont nécessaires à leur bon fonctionnement. Les zones humides aident aussi à diminuer l’intensité de ces crues. Les zones humides sont des amortisseurs des effets du changement climatique. Elles alimentent les nappes souterraines et les cours d’eau, retardant les effets des sécheresses et préservent l’eau. Chaque année en France, les services rendus par les milieux humides et aquatiques dans la rétention de l’azote permettent 2 milliards d’euros d’économies au contribuable.
Par exemple, les tourbières sont des lieux humides contenant de la tourbe, qui est une matière spongieuse, issue de la décomposition de végétaux, et qui est à l’abri de l’air. Les tourbières sont des puits de carbone. Elles ne couvrent que 0,2 % de la France métropolitaine, mais stockent chaque année 0,5 tonne de CO₂ par hectare, ce qui représente environ les émissions de CO₂ d’une télévision. La perturbation des tourbières ou leur dégradation libérerait dans l’Hexagone un stock estimé à 3 214 tonnes de CO₂ par hectare détruit, l’équivalent des émissions de 6 400 allers-retours Paris-New York en avion. Ces milieux doivent donc être protégés, au risque de rejeter dans l’atmosphère de très grandes quantités de gaz à effet de serre.
Les milieux humides et aquatiques continentaux sont des lieux de repos, de reproduction et d’alimentation pour une grande diversité d’animaux. On estime que plus d’un tier des espèces de métropole profite de ces habitats. Parmi elles, 80 espèces de poissons présentes dans les rivières françaises et plus de 90 espèces d’oiseaux nicheurs en dépendent.
La pêche d’espèces sauvages réalisée dans les milieux humides et aquatiques continentaux (principalement des poissons) représente une valeur commerciale annuelle de l’ordre de 240 millions d’euros. La pêche professionnelle en eau douce est une activité aujourd’hui pratiquée par près de 400 professionnels en France et dégageait un chiffre d’affaires de l’ordre de 27,7 millions d’euros en 2020.
Ces milieux offrent également de multiples loisirs, comme la baignade, la pêche, les sports nautiques. En 2022, plus de 1,4 million de cartes de pêche ont été délivrées en France. Il existe aussi un tourisme vert qui est aujourd’hui en plein essor. La Loire à Vélo offre, par exemple, est une possibilité de balade non polluante permettant de découvrir un patrimoine naturel sur 900 km de pistes cyclables. Cette destination a attiré en 2022 1,8 millions de cyclistes et généré 54,5 millions d’euros de retombées directes dans les régions traversées.
Actualités : Milieux aquatiques et humides continentaux
L’évolution des zones humides en France
La connaissance des zones humides est encore faible en France. Les milieux humides sont l’un des seuls sujets au centre d’une convention internationale. La convention Ramsar signée en 1971 permet d’identifier des sites « Ramsar ». Ces sites sont des milieux humides dans lesquels vivent des communautés d’espèces sauvages, rares, ou menacées à l’échelle internationale.
Les sites humides emblématiques de l’évaluation 2020 : un échantillon de l’ensemble des sites français
Dans le cadre de l’évaluation 2020, 223 sites humides emblématiques ont été identifiés afin de dresser l’état en 2020 et l’évolution entre 2010 et 2020 d’un panel représentatif de site humide de métropole et d’outre-mer. En répondant à un questionnaire en ligne, les référents se sont prononcés sur les enjeux majeurs rencontrés sur ces espaces vulnérables (état et étendue des sites, espèces exotiques envahissantes, problématiques hydrauliques, effets potentiels du changement climatique, etc.). Ces sites ont été répartis par typologie de zones humides.
Dans le cadre du Plan national d’action en faveur des zones humides, le ministère en charge de l’environnement assure tous les dix ans depuis 2003 le suivi de l’état et de l’évolution des zones humides en France par le biais d’une enquête nationale. Ce suivi réalisé depuis 1960 constitue aujourd’hui une référence dans son domaine.
En 2019, cette évaluation a mobilisé plus de 1 200 collectivités locales, associations, fédérations et services locaux de l’État pour suivre l’évolution de 223 sites humides emblématiques de métropole et d’outre-mer.
Faune et flore exotiques envahissantes et à fort développement
Les espèces animales et végétales exotiques envahissantes et indigènes à fort développement représentent de véritables menaces pour l’ensemble des écosystèmes humides.
L’évaluation nationale des sites humides emblématiques 2010-2020
Tous les 10 ans, le ministère la Transition écologique évalue des sites humides sélectionnés pour leur richesse faunistique, floristique, culturelle et patromoniale.
La précédente évaluation portant sur la période 2000-2010 a permis de faire un bilan des zones humides françaises : 48 % des sites emblématiques présentaient des milieux humides qui se dégradent entre 2000 et 2010.
D’après les référents, tous critères confondus, près de la moitié des 154 sites évalués se sont partiellement ou fortement dégradés entre 2010 et 2020. 32 % des sites sont estimés stables et 21 % ont vu leur état s’améliorer. Aucun site n’a été jugé en très nette amélioration.
Les sites de vallées alluviales sont ceux qui se sont le plus dégradés sur la période 2010-2020 (55 % des sites). Selon les référents, la moitié des sites de massif à tourbières sont restés stables alors que les sites du littoral atlantique, de Manche et mer du Nord se sont comportés de façon plus variable (55 % des sites dont l’état s’est dégradé et 33 % dont l’état s’est amélioré).
Ressources
Indicateur ONB : Présence des espèces exotiques envahissantes sur les sites humides emblématiques entre 2010 et 2020
Article en ligne sur le site naturefrance, portail public du Système d’information sur la biodiversité (SIB)- Avril 2021.
Indicateur ONB : Zones humides dont les espèces protégées se portent bien
Article en ligne sur le site naturefrance, portail public du Système d’information sur la biodiversité (SIB) - Janvier 2022.
Rapport "L’environnement en France - édition 2019"
L’édition 2019 du "Rapport sur l'état de l’environnement en France" est constituée d'un rapport de synthèse et de deux focus thématiques, dont la vocation est d'aborder des problématiques transversales, plébiscitées par les usagers.
Quelle évolution des sites humides emblématiques entre 2010 et 2020 ?
À l'interface des milieux terrestres et aquatiques, les milieux humides fournissent de multiples services. L'altération de leur état met en péril ces fonctions et la pérennité même de ce patrimoine naturel. La dernière évaluation nationale dresse un bilan mitigé de l'état global des sites humides emblématiques et révèle que 41 % des sites évalués en métropole et dans les Outremer ont vu leur état se dégrader entre 2010 et 2020.
Etude et documents - Résultats de l’enquête nationale à dire d’experts sur les zones humides (État en 2010 et évolution entre 2000 et 2010)
Etude et documents - Résultats de l’enquête nationale à dire d’experts sur les zones humides (État en 2010 et évolution entre 2000 et 2010)
L’évolution des zones humides entre 2000 et 2010 – Des pressions toujours fortes
L’évolution des zones humides entre 2000 et 2010 – Des pressions toujours fortes
Peu de zones humides échappent à la colonisation par des espèces envahissantes et proliférantes entre 2000 et 2010
Peu de zones humides échappent à la colonisation par des espèces envahissantes et proliférantes entre 2000 et 2010
L’évaluation française des écosystèmes et des services écosystémiques : les milieux humides et aquatiques continentaux
L’évaluation française des écosystèmes et des services écosystémiques : les milieux humides et aquatiques continentaux
856 000 plans d’eau en France : un inventaire indispensable pour l’avenir de l’eau
L’inventaire national des plans d’eau, un outil précieux pour la gestion de l’eau douce, la préservation de la biodiversité et l’adaptation au changement climatique.
Donnez votre avis sur l’avenir de l’eau en France
Les citoyens sont invités à participer à une consultation publique sur la gestion de l'eau et les risques d'inondation, jusqu’au 25 mai 2025.
Les 10 messages clés de l’évaluation nationale 2010-2020 des sites humides emblématiques de France
À l'interface des milieux terrestres et aquatiques, les milieux humides fournissent de multiples services. L'altération de leur état met en péril ces fonctions et la pérennité même de ce patrimoine naturel. La dernière évaluation nationale dresse un bilan mitigé de l'état global des sites humides emblématiques et révèle que 41 % des sites évalués en métropole et dans les territoires ultramarins ont vu leur état se dégrader entre 2010 et 2020.
Les zones humides en France — Synthèse des connaissances en 2022
Article Web, Service des données et études statistiques, décembre 2022
EFESE — Les milieux humides et aquatiques continentaux
Théma, Commissariat général au développement durable, mars 2018
Données et études statistiques - Écosystèmes aquatiques
Les écosystèmes aquatiques continentaux d'eau douce (stagnante, courante ou souterraine) constituent des milieux complexes où les espèces animales et végétales interagissent et cohabitent. Parmi ces écosystèmes, les zones humides, zones de transition entre le milieu terrestre et le milieu aquatique représentent des réservoirs de biodiversité uniques mais menacés qui jouent un rôle dans la régulation de l'eau et de son épuration.
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Les indicateurs de l’Observatoire national de la biodiversité (ONB)
L'Observatoire national de la biodiversité (ONB) informe sur l’état de la biodiversité en France, ainsi que sur les mesures et actions prises pour sa protection.
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Système d’informations sur la biodiversité (NatureFrance)
Site d'information sur les données sur la biodiversité.
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Les agences de l’eau
Site général d’information des agences de l’eau et accès aux agences régionales
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Indicateur ONB - Évolution de l’état général des zones humides
Indicateur ONB - Évolution de l'état général des zones humides
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