Biodiversité

Les menaces sur la biodiversité

Mis à jour le | Commissariat général au développement durable

La pollution, l’artificialisation des sols, l’agriculture intensive, les espèces exotiques envahissantes, la surexploitation de ressources naturelles, ou le changement climatique, fragilisent la biodiversité en France et peuvent diminuer la population de certaines espèces vivantes.

En bref

La pollution, l’artificialisation des sols, l’agriculture intensive, les espèces exotiques envahissantes, la surexploitation de ressources naturelles, ou le changement climatique, fragilisent la biodiversité en France. Toutes ces pressions sur l’environnement peuvent diminuer la population de certaines espèces vivantes et même en faire disparaître.

Actualités : Menaces sur la biodiversité

Des espèces qui s’éteignent et des populations en déclin

La baisse de la biodiversité se traduit par l’extinction d’espèces, le déclin des populations de certaines d’entre elles et par la dégradation de leurs habitats. Elle est due principalement à certaines activités humaines comme l’agrandissement des villes, les pratiques agricoles intensives, les pollutions, la surexploitation d’espèces sauvages, les espèces exotiques envahissantes, ou encore changement climatique.

Depuis le début de l’activité industrielle, que certains appellent « l’anthropocène », les extinctions d’espèces animales et végétales n’ont jamais été aussi rapides. On estime que la rapidité d’extinction depuis les deux derniers siècles est 100 fois supérieure que pendant les cinq grandes extinctions de masse sur Terre, par exemple celle des dinosaures il y a des millions d’années. Aujourd’hui, on parle ainsi d’une sixième extinction massive qui serait en cours.

La biodiversité est aujourd’hui largement menacée sur toute la planète. Cela entraîne une perte de patrimoine génétique qui conduit à des extinctions d’espèces et des pertes de populations. L’habitat de certaines espèces est modifié et elles doivent se déplacer. Des algues vertes se forment à la surface des eaux. Les espèces perdent leur capacité à s’adapter à des changements.

Jusqu’ici la plupart des disparitions d’espèces avaient lieu sur des îles dans les océans. Mais au cours des 20 dernières années, près de la moitié des extinctions se sont produites sur des continents. Cela a des conséquences pour l’être humain car les espèces vivantes et les milieux naturels nous rendent de nombreux services comme la nourriture, l’eau, les ressources génétiques.

Les cinq principaux coupables identifiés

En 2019, l’institut international « IPBES » a publié le rapport de l’évaluation mondiale de la biodiversité et des services écosystémiques, qui évalue l’état de la biodiversité et des services qu’elle rend, sur les cinquante dernières années. Ce bilan a révélé les 5 principales pressions : la destruction des habitats, la surexploitation des ressources, la pollution, le changement climatique et l’introduction d’espèces exotiques envahissantes.

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5 exemples d’atteinte à la biodiversité en France métropolitaine

Cette infographie présente cinq grands enjeux environnementaux avec leurs indicateurs chiffrés respectifs, chaque thématique étant identifiée par une couleur spécifique et accompagnée d’une icône illustrative.

  • Destruction des milieux naturels : 25 000 hectares en moyenne chaque année (2009-2022)
  • Surexploitation des ressources : 22 % des poissons surexploités (2022)
  • Changement climatique : + 2 °C du taux de réchauffement (2005-2013 / 2014-2022)
  • Pollution : 6 fois plus de cours d’eau dégradés (2019-2020)
  • Espèces exotiques envahissantes : 14 nouvelles espèces tous les 10 ans (depuis 1982)

Des milieux naturels et des cours d’eau endommagés

Le morcellement du territoire est une menace pour la biodiversité. Il peut être lié à l’urbanisation, la construction de routes et de voies ferrées, avec pour conséquences une plus grande difficulté pour les espèces animales à se reproduire, à se nourrir, et un isolement génétique des populations animales.

C’est aussi une menace pour les cours d’eau avec la construction de barrages et d’écluses qui sont autant d’obstacles à l’écoulement. En 2023, on comptait plus de 100 000 obstacles à l’écoulement en France métropolitaine, soit un obstacle tous les 4 kilomètres. En outre-mer, les estimations sont autour de 1 500 obstacles de cours d’eau. Ces obstacles empêchent la migration de certaines espèces comme le saumon ou l’anguille. Ils menacent la survie des espèces et la biodiversité.

L’équivalent de la moitié de la Baie du Mont Saint-Michel bétonnée chaque année en France

L’artificialisation c’est le passage d’un sol naturel à un sol artificiel par des aménagements, des constructions, de la bétonisation. L’artificialisation exerce une très grande pression sur la biodiversité à cause de la destruction des milieux naturels et des espèces qui y vivent.

Depuis 2010, l’artificialisation des sols a quand même ralenti grâce aux efforts réalisés. 20 000 à 25 000 hectares de terres sont artificialisés chaque année en métropole, soit l’équivalent de la moitié de la Baie du Mont Saint-Michel ou deux fois la surface de la Ville de Paris. C’était 50 000 hectares par an entre 1982 et 2010, soit l’équivalent de toute la Baie du Mont Saint-Michel ou presque cinq villes de Paris.

Les études récentes considèrent que 8,3 % des sols de métropole sont artificialisés. En outre-mer, 287 hectares en moyenne ont été artificialisés chaque année entre 2000 et 2018, soit l’équivalent de près de 500 terrains de football par an.

La surexploitation des poissons

En France métropolitaine, plus de 300 espèces de poissons, crustacés et mollusques sont exploitées pour le commerce. En 2022, 20 % des 347 000 tonnes pêchées provenaient de populations en surpêche ou en difficulté. C’est le cas par exemple du maquereau dans l’Atlantique et de la sardine du golfe de Gascogne ou de la sole de la Manche. En plus, 2 % des débarquements proviennent de populations de poissons fortement menacées, comme le lieu jaune des mers du Nord et celtique, et le merlu de Méditerranée.

Toutefois, depuis 20 ans les choses commencent à changer dans le bon sens. Ainsi, la part de pêche issue de stocks de poissons en bon état a augmenté, passant de 18 % en 2000 à 56 % en 2022. Mais il faut encore faire très attention, car la pêche industrielle conduit à la capture d’espèces menacées et protégées. Par exemple, près de 6 600 dauphins et 220 marsouins ont été capturés en Manche-Atlantique entre 2016 et 2020.

Des pollutions partout

La pollution plastique affecte tous les organismes qui peuplent les eaux marines, jusqu’à des milliers de mètres de profondeur. Cette pollution touche au moins 267 espèces dans le monde, dont 86 % des tortues marines, 44 % des oiseaux marins et 43 % des mammifères marins.

La pollution chimique comprend les métaux lourds, les produits phytopharmaceutiques comme les herbicides, insecticides, fongicides, et d’autres substances nocives présentes dans l’air, les sols et dans l’eau. Ces polluants ont de multiples effets néfastes même s’ils restent peu connus à ce jour. Ils peuvent causer la mort de certaines espèces, provoquer des maladies par intoxication, affecter leur reproduction ou altérer leur comportement.

D’autres sources de pollutions contre la biodiversité ont été identifiées, comme les pollutions sonores, lumineuses, olfactives, magnétiques ou radioactives. La présence d’un béluga et d’une orque dans la Seine en 2022 montre par exemple comment la pollution sonore affecte de nombreuses espèces marines.

L’agriculture intensive utilise beaucoup d’engrais chimiques, de produits phytosanitaires, avec moins d’espèces différentes cultivées et une mécanisation poussée. Les grands espaces naturels toujours en herbe ont diminué de 7,9 % en métropole entre 2000 et 2010. C’est une perte de 622 000 hectares, soit l’équivalent de la surface du département de l’Hérault.

Tous les milieux terrestres, aquatiques et marins, en particulier les zones côtières, sont contaminés par les produits phytopharmaceutiques. De nombreuses substances sont interdites au niveau européen, car elles ont des conséquences sur les espèces qui vivent dans ces milieux pollués.

Le changement climatique menace aussi la biodiversité

Le changement climatique perturbe les espèces vivantes à cause de la hausse des températures, l’acidification et la montée du niveau des océans, ou les inondations. Il conduit au déplacement des espèces, à l’accélération des cycles saisonniers, et même à l’extinction de populations locales.

Des espèces qu’on ne retrouve que dans les régions côtières sont aujourd’hui menacées de disparition. L’élévation des températures sur terre comme en mer pousse certaines espèces à s’adapter, comme les espèces migratrices qui vont vers des régions au climat plus favorable. En 2023, les oiseaux migrateurs qui traversent le Sahara sont arrivés à la Pointe de Grave en Gironde presque quatre jours plus tôt qu’en 1986. Le départ vers les zones d’hivernage à l’automne est aussi plus tôt de 2 jours et demi en 2023 par rapport à 1986, pour neuf espèces au Pays basque.

Les variations de température en milieu marin ont aussi des conséquences sur le développement de nombreux poissons. Une hausse des températures entraîne un développement de l’embryon plus rapide chez de nombreuses espèces, ce qui augmente le risque de malformations à la naissance et les rend plus vulnérables aux prédateurs.

Le changement climatique modifie les zones de présence des espèces. Une augmentation de 1 degré correspond en France à un décalage des zones climatiques d’environ 200 kilomètres vers le Nord. La migration des espèces vers le Nord et les régions montagnardes conduira à la compétition entre des espèces qui auront migré et des espèces locales.

Les espèces exotiques envahissantes sont l’une des principales causes de la baisse de la biodiversité mondiale. Par son positionnement géographique et la diversité de ses climats et habitats naturels, la France est fortement exposée à l’implantation de nouvelles espèces. En 2023, on recensait plus de 2 500 espèces introduites dans l’Hexagone, représentant 2 % des espèces connues sur le territoire. Parmi les plus connues, on trouve le ragondin, la grenouille taureau ou le frelon asiatique. L’enjeu est particulièrement fort dans les îles d’outre-mer où vivent de nombreuses espèces locales.

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