Biodiversité

La connaissance de la biodiversité

Mis à jour le | Commissariat général au développement durable

La biodiversité, c’est la variété de l’ensemble du monde vivant diversité des gènes, des espèces et des écosystèmes. La France, avec ses territoires ultramarins répartis sur l’ensemble du globe, figure parmi les dix pays hébergeant le plus grand nombre d’espèces menacées au niveau mondial. De plus, la France héberge près de 10 % des espèces connues et, chaque jour, de nouvelles espèces sont découvertes.

La biodiversité, une responsabilité partagée

Avec ses départements et territoires d’outre-mer, la France est présente dans les quatre grands océans. Son patrimoine naturel, riche de 22 775 espèces endémiques, lui donne une grande responsabilité internationale. L’être humain utilise ces ressources naturelles pour subvenir à ses besoins. Il dépend étroitement des écosystèmes qui lui procurent nourriture, matériaux, énergie, régulent les réserves d’eau et le climat, sont source de bien-être, d’activités touristiques, etc. La baisse de la biodiversité est liée à différentes causes : la destruction des habitats naturels, la surexploitation des ressources, l’augmentation de la consommation de pesticides en agriculture, le changement climatique causé par l’activité humaine.

La dégradation de ces habitats naturels augmente le nombre d’espèces menacées ou éteintes sur le territoire. Certains espaces sont considérés comme plus vulnérables que d’autres. Selon la Directive européenne Habitats-Faune-Flore (DHFF), les habitats d’intérêt européens sont des espaces en danger de disparition, ayant une aire de répartition réduite ou constituant des milieux remarquables, avec une biodiversité très riche. En 2019, un habitat d’intérêt communautaire sur cinq en métropole présentait un état de conservation favorable. L’artificialisation croissante des sols engendre des dommages sur ces habitats.

Entre 2009 et 2022, en métropole, près de 25 000 hectares en moyenne par an ont été transformés sous l’effet de l’artificialisation. Les pratiques agricoles, l’augmentation de la consommation de pesticides, et la fermeture des espaces ouverts, menacent la biodiversité, tout comme l’acidification des océans qui menace les récifs coralliens.

Pour illustrer cette mise en danger des espèces, en 2019, 18 % des espèces évaluées dans la Liste rouge nationale sont éteintes ou menacées. Entre 1989 et 2018 en métropole, les populations d’oiseaux communs spécialistes (appartenant à un habitat particulier : agricole, forestier ou bâti) ont baissé de 23 %. Entre 2006 et 2016 la population des chauves-souris les plus communes (habitant une grande variété d’habitats) a diminué de 38 %. Entre 2006 et 2015, en métropole, près de 66 000 hectares en moyenne par an ont été transformés sous l’effet de l’artificialisation.

Mais la situation de certaines espèces, comme la loutre ou le castor, s’améliore. C’est aussi le cas des oiseaux d’eau qui migrent l’hiver en France, qui ont progressé de 77 % entre 1980 et 2018. Les mesures de protection, la réduction des pressions et une meilleure sensibilisation et implication des acteurs concernés expliquent ces tendances favorables.

Des solutions ?

Face à ces pressions et menaces sur l’environnement, de nombreuses initiatives visent à préserver ce patrimoine naturel, dont le bon état est primordial pour garantir le bien-être et la santé de tous. La création des aires protégées y contribue. En 2024, la France a dépassé son objectif de protection : 33 % du territoire national, maritime et terrestre est couvert par une aire protégée, soit 363 millions d’hectares (Mha) sur 1 milliard. De plus, une partie du territoire est placée sous protection forte, cela signifie que les activités humaines pouvant dégrader ces espaces sont interdites ou très limitées. En France, 4,2 % du territoire, soit 46 millions d’hectares, est sous protection forte en 2024, contre 1,8 % en 2021.

Actualités : Connaissance de la biodiversité

L’évolution de la biodiversité en France

Comment la connaissance de la biodiversité évolue-t-elle en France ?

Les données d’observation des espèces et des habitats naturels constituent la base des connaissances que nous avons sur les écosystèmes. La collecte de ces données sur le terrain par les naturalistes, l’amélioration continue de leur qualité, ainsi que leur partage permettent de mieux comprendre la biodiversité. Leur diffusion auprès des scientifiques, décideurs, aménageurs, gestionnaires d’espaces naturels, citoyens…, contribue à une meilleure compréhension des enjeux de biodiversité par l’ensemble de la société. La consolidation du document référençant l’ensemble des organismes vivants, le « référentiel taxonomique français », est tout aussi cruciale pour avoir une connaissance constamment mise à jour de notre biodiversité. Ce document permet de donner un nom unique aux différentes espèces observées par chacun en France.

Comment évolue l’état de la biodiversité en France ?

La connaissance de la biodiversité et de son évolution repose sur l’évaluation de l’état de conservation des habitats naturels et sur le suivi des espèces sauvages (répartition, abondance, niveau de menace…). Plus encore que pour les espèces, l’observation des habitats reste aujourd’hui difficile pour la plupart d’entre eux et se concentre surtout sur les milieux les plus remarquables. L’observation des espèces mobilise davantage de moyens et concerne aussi bien la faune et la flore. Les tendances mesurées montrent que la biodiversité sur le territoire français est effectivement en baisse.

Des habitats globalement en mauvais état de conservation

La directive européenne Habitats-Faune-Flore prévoit que les États membres évaluent tous les six ans l’état de conservation des habitats naturels d’intérêt communautaire présents sur leur territoire. La France abrite 132 de ces habitats (sur 231 dans l’Union européenne) qui font l’objet de près de 300 évaluations. Selon la dernière évaluation de l’état de conservation des milieux naturels, 23 % sont favorables. Les milieux forestiers font l’objet des évaluations les plus favorables avec 35 % d’évaluations positives.

Sur la période 2013-2018, 20 % sont dans un état de conservation « favorable ». Les habitats de la région alpine se trouvent globalement dans un meilleur état (38 % dans un état favorable), alors que ceux de la région atlantique sont les moins bien conservés (11 % dans un état favorable). Les prairies de fauche, pâturages… figurent parmi les habitats les plus menacés avec 56 % d’entre eux dans un mauvais état de conservation. Les dunes, les tourbières et autres milieux humides ou aquatiques, ainsi que les habitats côtiers, subissent également de multiples pressions : moins de 10 % d’entre eux sont dans un état de conservation favorable.

Des situations contrastées chez les espèces

La liste rouge nationale de l’Union internationale de la conservation de la nature (UICN) et du Museum national d’histoire naturelle évalue le risque de disparition des espèces, par groupe d’espèces, en France. En 2023, 4 % de l’ensemble des espèces sont protégés dans au moins une partie du territoire. En 2024, l’UICN déclarait que sur 17 367 espèces évaluées en France métropolitaine et en outre-mer, 2 903 sont aujourd’hui menacées

Entre 1989 et 2018, les populations d’oiseaux dits « généralistes », qui peuplent une grande variété d’habitats, sont en augmentation de 22 %. À l’inverse, le nombre d’oiseaux communs dits « spécialistes » a diminué de 23 % en métropole. Cela s’explique par la dégradation ou la perte des habitats. Ces tendances conduisent à une à un appauvrissement des espèces qui font prendre conscience de la nécessité d’agir sur tous les milieux.

Les grands prédateurs

Cinq grands prédateurs sont présents en France : trois en métropole : le Loup gris - Canis lupus, le Lynx boréal - Lynx lynx, l’Ours brun -Ursus arctos. Deux en Guyane :le Jaguar - Panthera onca, le Puma - Puma concolor. Alors que les deux espèces de Guyane ne sont à ce jour pas menacées, les trois grands prédateurs rencontrés en métropole font l’objet de mesures de protection, après leur inscription sur la Liste rouge nationale des espèces menacées.
L’aire de distribution des trois espèces métropolitaines, autrefois largement présentes en Europe, s’est réduite du fait de la chasse, de la destruction de leurs habitats et de la baisse de leur ressource alimentaire.

La production de connaissance sur la biodiversité : une responsabilité internationale

Créée en 2012, la plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques, ou IPBES, est un organisme international qui rassemble 140 États membres des Nations Unies. Il a pour mission de résumer et d’évaluer les connaissances sur la biodiversité afin d’éclairer les décideurs et l’opinion publique, sur les enjeux des changements de la biodiversité. Pour cela il identifie et élabore des outils et des méthodes qui prennent en considération toutes les connaissances sur la biodiversité, qu’elles proviennent de la recherche scientifique, des gouvernements, des organisations non-gouvernementales (associations, entreprises, etc.) ou des acteurs locaux.

En mai 2019, l’IPBES a publié son premier rapport sur l’état de la biodiversité et des écosystèmes à l’échelle planétaire, dont il met en évidence la situation très préoccupante. Il appelle également de ses vœux à des transformations majeures de la société, à l’instar du GIEC sur les questions climatiques. En décembre 2024, l’IPBES publie son rapport « Nexus » qui souligne les liens entre les différentes crises environnementales et redit ses inquiétudes vis-à-vis de la baisse de la biodiversité.

Agir

Prix de l’innovation pour Pl@ntNet, l’application créée par des chercheurs de Montpellier pour reconnaître les plantes

Article publié sur le site de l’Université de Montpellier (Janvier 2021) L’application PlantNet permet d’identifier les plantes.

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