Océans en crise : les signaux d’alerte se multiplient

Mis à jour le | Commissariat général au développement durable

Réchauffement, montée des eaux, pollution et bouleversements des écosystèmes : les océans vont mal. C’est ce que révèle le dernier rapport de « Copernicus », le programme d’observation de la Terre par satellite de l’Union européenne.

D’après la 9e édition du Copernicus Ocean State Report, aucune zone de l’océan n’est épargnée par la triple crise planétaire : le changement climatique, la perte de biodiversité et la pollution. Publié fin septembre dans la revue State of the Planet, ce rapport international s’appuie sur des données de 2023 et 2024 et mobilise plus de 65 experts.

La mer monte, se réchauffe et se pollue

Les scientifiques observent une hausse record de la température de surface, qui a atteint 21 degrés en 2024 au niveau mondial. Certaines régions chauffent encore plus vite : la Méditerranée, par exemple, se réchauffe à un rythme accéléré depuis quarante ans. Les vagues de chaleur marines deviennent également plus fréquentes et plus intenses : en 2023, certaines zones du nord de l’Atlantique ont subi plus de 300 jours de vague de chaleur extrêmes.

Autre phénomène préoccupant : la montée du niveau de la mer, qui s’accélère d’une décennie à l’autre. Elle menace aujourd’hui près de 200 millions de personnes qui habitent sur les côtes en Europe. Elle pourrait mettre en danger de nombreux sites classés au patrimoine mondial de l’Unesco (Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture).

Des écosystèmes en danger

Les écosystèmes marins se transforment rapidement. Les espèces invasives sont de plus en plus nombreuses à cause de la chaleur. Elles perturbent la pêche, l’aquaculture et parfois même la santé des humains.

Les autres espèces marines, elles, souffrent de ces températures élevées. C’est par exemple le cas des coquillages comme les huitres, les moules, les palourdes... des changements qui touchent directement l’économie. En 2024, les vagues de chaleur ont touché 17 % des fermes de coquillages en Europe.

À la montée des températures s’ajoute le problème de la pollution plastique. Parmi les pays générant plus de 10 000 tonnes de déchets plastiques, les trois quarts sont situés près de coraux menacés.

Suivre ces changements

Pour mieux suivre ces changements, un nouveau canal d’information a été lancé le 8 juin à la conférence des Nations unies sur l’océan à Nice : le « Starfish Barometer », ou baromètre « étoile de mer ». Il s’agit de la première synthèse claire et accessible de l’état de santé de l’océan. Les chercheurs dévoilent aussi une avancée technologique : une intelligence artificielle qui améliore l’observation du phytoplancton, cet organisme à la base de toute la chaîne alimentaire marine. De quoi aider à prendre des décisions pertinentes pour protéger les océans.

Les températures des océans du monde entier sont en hausse
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L’illustration montre un thermomètre posé sur l’océan qui affiche 21 °C. Au fond, les vagues deviennent orange et rouges pour montrer que l’eau chauffe. Le texte dit que les températures des océans du monde entier sont en hausse.

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