Les chauves-souris sont des espèces protégées et jouent un rôle essentiel pour la nature. Mais leur nombre diminue fortement. Dans les Hautes-Alpes, au parc national des Écrins, des équipes spécialisées les observent et les protègent.
Les chauves-souris vivent surtout la nuit, quand les insectes sont actifs et que l’obscurité les protège des prédateurs. Leurs doigts allongés soutiennent une membrane qui leur permet un vol très précis, parfois plus agile que celui des oiseaux. Elles se déplacent et chassent en volant. Ce sont les seuls mammifères qui en sont capables.
Elles utilisent ce que l’on appelle l’écholocalisation : elles émettent des sons très aigus qui rebondissent autour d’elles, ce qui leur permet de « voir » avec leurs oreilles, d’éviter les obstacles et de chasser les insectes dont elles se nourrissent. Elles peuvent en manger jusqu’à la moitié de leur poids en une nuit.
Une vie en colonies, rythmée par les saisons
Les chauves-souris vivent en groupes appelés colonies. L’hiver, elles se retrouvent dans des abris où elles hibernent. L’été, seules les femelles se regroupent dans des gîtes de reproduction pour mettre au monde leurs petits. À l’automne, une période appelée swarming réunit mâles et femelles pour s’accoupler dans des cavités, parfois entre espèces différentes. Dans le parc national des Écrins (Gap), on observe notamment des colonies de rhinolophes ou encore d’oreillards.
Des animaux très utiles mais de plus en plus menacées
Les chauves-souris sont très utiles : elles aident à disperser des graines et à polliniser les fleurs (500 espèces dépendent d’elles). Elles contrôlent les populations d’insectes naturellement en les mangeant. Elles éliminent aussi les moustiques, qui portent parfois des maladies graves.
Mais leur nombre a beaucoup diminué. Les travaux dans les bâtiments et l’abattage d’arbres détruisent leurs abris. La disparition des insectes, à cause des pesticides et de l’assèchement des zones humides, réduit aussi leur nourriture. Les routes, les voies ferrées et la pollution lumineuse compliquent leurs déplacements. Le bruit ou la lumière peuvent même mettre leur survie en danger. Si elles interrompent leur hibernation l’hiver, elles perdent l’équivalent de plusieurs semaines de réserve énergétique. L’été, tout dérangement peut déclencher des avortements chez les femelles ou des chutes mortelles chez les jeunes.
Protéger les colonies et mieux les connaître
Toutes les chauves-souris sont protégées en France, et un plan national d’action a été mis en place et décliné par régions.
Le parc national des Écrins participe à leur protection. Il suit dix gîtes prioritaires : les agents y comptent les adultes et les jeunes chaque été pour vérifier leur bonne santé. Ils interviennent aussi lors de travaux pour éviter la destruction des colonies. Parfois, des conventions sont signées avec des propriétaires pour protéger les gîtes situés dans des bâtiments privés.
Le parc mène aussi de nombreuses études scientifiques, dont des recherches sur les espèces récemment découvertes comme le murin cryptique. En 2025, un mât acoustique installé à 2 800 m d’altitude a même permis de repérer une nouvelle espèce dans le massif : la grande noctule, capable de parcourir plus de 100 km en une nuit.
Sur un fond de couleur vert foncé pour représenter la nuit, on voit une chauve-souris en plein vol. En arrière-plan, on décèle d’autres silhouettes de chauves-souris. On peut lire : « Les chauves-souris : des super-héroïnes à protéger ».
Ressources
Les dernières ressources
Trois raisons d’aimer les chauves-souris
Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), medium - 25 octobre 2018.