Le numérique, un allié possible mais insuffisant pour la transition écologique

Mis à jour le | Commissariat Général au Développement Durable

Le numérique peut-il nous aider à protéger l’environnement ? L’ADEME (Agence de la transition écologique) publie une nouvelle étude qui étudie les conséquences de son utilisation dans cinq secteurs. Les résultats montrent des bénéfices faibles, souvent annulés par d’autres facteurs.

Le numérique pèse de plus en plus lourd sur l’environnement. Face à ce constat, l’ADEME a présenté les résultats de la deuxième phase de l’étude « IT4Green », demandée par les ministères de l’Écologie et du Numérique. Elle évalue l’utilisation de cinq outils numériques dans les secteurs de l’énergie, la mobilité, la ville et l’agriculture. L’objectif : mesurer leurs effets réels sur l’environnement.

De faibles bénéfices

Pour chacun des cinq cas, l’ADEME a comparé la situation avec et sans la solution numérique, en prenant en compte tout son cycle de vie : fabrication, distribution, utilisation et fin de vie. Une dizaine de critères environnementaux ont été examinés.

Pour chaque secteur étudié, le numérique apporte un faible bénéfice environnemental. Mais en retour, nous sommes de plus en plus dépendants de métaux et de minéraux, des matières premières souvent importées, qui polluent donc beaucoup.

Dans le secteur de l’électricité, par exemple, une différente gestion des lignes à haute tension permettrait d’éviter 43 912 tonnes de CO2 sur 16 ans. Mais cette économie reste trop faible par rapport aux efforts demandés d’ici 2030 (0,36 %), et dépend d’appareils gourmands et métaux et minéraux.

Le risque de l’effet rebond

Le bénéfice réalisé grâce au numérique peut aussi conduire à plus de dépenses. Il s’agit d’un effet rebond : les économies réalisées poussent à consommer plus. Cet effet est difficile à mesurer, mais l’étude l’a constaté plusieurs fois.

Le télétravail réduit bien les trajets en voiture et donc la pollution liée au transport, mais son effet reste faible : il ne compterait que pour 2 à 4 % des efforts nécessaires dans ce secteur. Par contre, il augmente la consommation d’énergie à la maison et la demande en matériaux pour fabriquer les ordinateurs et autres équipements nécessaires.

Des avantages limités

Selon l’ADEME, « le numérique peut être un allié s’il est utilisé avec sobriété et intégré dans une stratégie globale ». Mais attention : cette étude n’évalue pas les conséquences de l’utilisation de l’intelligence artificielle générative, parce que la technologie est trop récente pour disposer de données fiables. Aujourd’hui, il existe très peu d’exemples où elle réduit clairement et directement l’impact environnemental.

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L’image a pour fond un circuit électronique. Sur la gauche, on lit : « Le numérique a des conséquences sur l’environnement ». À droite, on peut voir des serveurs de data centers, des piles électriques pour les alimenter et une poubelle d’où l’on voit dépasser : clavier, écran, ordinateur, smartphone, prise électrique.

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