L’IA (intelligence artificielle) progresse vite, mais elle abîme beaucoup la planète, rappelle le Programme des Nations unies pour l’environnement. Il fait le point sur les inconvénients de l’IA et propositions de solutions.
L’IA suscite beaucoup d’espoir. Par exemple, elle sert à repérer des activités qui abîment les sols, comme l’extraction de sable, ou à trouver les fuites de méthane, un gaz très polluant. Son grand avantage est de repérer très vite des informations difficiles à voir à l’œil nu, et de prévoir ce qui peut arriver ensuite. Cela pourrait aider les gouvernements, les entreprises et les citoyens à faire de meilleurs choix pour protéger la planète. Le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) estime que l’IA peut aider à lutter contre trois grandes urgences : le changement climatique, la disparition des espèces et la pollution.
Mais l’IA a aussi des aspects négatifs. Son utilisation pourrait dégrader fortement notre environnement.
« Nous ignorons encore beaucoup de choses sur l’impact environnemental de l’IA, mais certaines des données dont nous disposons sont préoccupantes. », a déclaré Golestan (Sally) Radwan, directrice du numérique au PNUE.
Un outil qui pose de vrais problèmes écologiques
L’IA fonctionne grâce à des millions de centres de données, passés de 500 000 en 2012 à 8 millions aujourd’hui. Ces bâtiments abritent les serveurs informatiques qui font tourner l’IA. Leur impact sur l’environnement est très important.
D’abord, fabriquer le matériel informatique présent dans ces centres demande énormément de ressources : créer un ordinateur simple de 2 kg nécessite 800 kg de matières premières. Les petites puces électroniques indispensables à l’IA sont faites de métaux rares dont l’extraction abîme fortement la nature. Ces centres produisent aussi produisent beaucoup de déchets électroniques, qui contiennent parfois du mercure ou du plomb.
Ils consomment aussi énormément d’eau : à l’échelle mondiale, les infrastructures liées à l’IA pourraient bientôt utiliser 6 fois plus d’eau que le Danemark, un pays de 6 millions d’habitant. Aujourd’hui, beaucoup de régions manquent déjà d’eau potable.
Enfin, ces centres demandent beaucoup d’électricité, souvent issue de combustibles fossiles qui produisent des gaz à effet de serre, responsables du réchauffement de la planète. Selon l’Agence internationale de l’énergie, une question envoyée à ChatGPT utilise 10 fois plus d’électricité qu’une recherche Google. En Irlande, les centres de données pourraient bientôt représenter 35 % de la consommation d’électricité du pays.
Pour un usage responsable de l’IA
Pour mieux utiliser l’IA et limiter ses effets sur l’environnement, le PNUE propose 5 pistes :
- Que les pays mesurent mieux l’impact de l’IA, pour obtenir des informations fiables sur la question.
- Obliger les entreprises à publier ces informations. Le PNUE peut aider les gouvernements à créer des réglementations qui les y obligent.
- Améliorer l’efficacité des systèmes, pour qu’une question/réponse suffise et pour utiliser moins d’électricité.
- Rendre les centres de données moins polluants, en utilisant des énergies renouvelables ou en compensant leurs émissions de carbone, par exemple.
- Intégrer la question de l’IA dans les politiques environnementales.
Sur la gauche de l’image, on lit : « L’IA : un problème pour l’environnement ? ». À droite, on observe une puce électronique avec écrit « IA », d’où sortent des circuits électroniques sur les côtés et plusieurs bulles flottantes dans lesquelles on voit :
- des déchets électroniques (ordinateur, écran, smartphone, clavier, câbles de branchement)
- un symbole électrique
- des gouttes d’eau
- un nuage de CO2
- un bécher et un tube à essai
- des piles de serveur.
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ONU, 13 novembre 2025