En 2024, les niveaux de CO2, de méthane et de protoxyde d’azote ont battu des records, selon l’Organisation météorologique mondiale. Une hausse qui accélère le dérèglement climatique.
Les niveaux de dioxyde de carbone dans l’air ont battu un nouveau record en 2024. C’est ce que révèle le dernier Bulletin sur les gaz à effet de serre publié par l’OMM (Organisation météorologique mondiale) en octobre 2025. Cette hausse alimente le réchauffement du climat et renforce les canicules, les inondations et les tempêtes.
La hausse de gaz qui participent au réchauffement de la planète
Le CO2 reste longtemps dans l’atmosphère : les gaz émis aujourd’hui influenceront le climat pendant des siècles. Or, la concentration de CO2 augmente de plus en plus vite. Dans les années 1960, elle montait de 0,8 ppm (parties par million, une mesure de la quantité de CO2) par an. Entre 2011 et 2020, la hausse est passée à 2,4 ppm. Le niveau moyen mondial atteint désormais 423,9 ppm, contre 377,1 ppm lors du premier bulletin en 2004.
Le bulletin note aussi des niveaux record pour deux autres gaz qui participent à la hausse des températures :
- Le méthane, responsable d’environ 16 % de l’effet de réchauffement climatique due aux gaz à effet de serre. Sa concentration a augmenté de 166 % depuis 1750 et a atteint 1 942 ppb (parties par milliard) en 2024. Il a notamment pour origine des activités humaines comme l’élevage, la gestion des déchets ou les combustibles fossiles.
- Le protoxyde d’azote, troisième plus important gaz à effet de serre, est en hausse de 25 % par rapport aux niveaux préindustriels, avec 338 ppb en 2024. Il provient notamment de l’utilisation d’engrais.
Des puits de carbone moins efficaces
Cette hausse est due aux émissions humaines, à l’augmentation des feux de forêt et au fait que les puits de carbone s’affaiblissent. Environ la moitié du CO2 émis reste dans l’air, l’autre moitié est conservée dans les sols et les océans. Mais ce stockage devient moins efficace : plus les températures montent, moins les océans peuvent dissoudre le CO2, et les terres sont fragilisées par des sécheresses plus longues. L’OMM craint que ce cercle vicieux accélère encore le réchauffement.
Illustration composée, au premier plan de deux cheminées d’usine qui émettent beaucoup de fumée. Celle-ci recouvre la quasi-totalité de l’image. Sur la partie droite, dans un nuage de fumée, le texte indique : « Les niveaux de CO2 dans l’atmosphère battent des records en 2024 ».