Feux de forêt : un million d’hectares détruits en Europe en 2025

Mis à jour le | Commissariat général au développement durable

Incendies historiques en Espagne et Portugal : des zones naturelles, des espèces protégées et des milliers de personnes sont affectés par la chaleur et la sécheresse qui favorisent les feux.

Depuis le début de 2025, 1 million d’hectares de terres ont brûlé en Europe : un chiffre record depuis 2006. C’est l’équivalent du département de la Gironde qui est parti en fumée. L’Espagne et le Portugal comptent pour les deux tiers du total.

Selon les données européennes du « Copernicus European Forest Fire Information System » (EFFIS, ou « Système européen d’information sur les incendies de forêt »), 380 000 hectares ont déjà brûlé en Espagne, et 260 000 hectares au Portugal. Ces feux ont donc détruit 640 000 hectares en tout, l’équivalent de 4 fois la surface du Grand Londres.

Des feux qui touchent des régions emblématiques et des espèces protégées

Les incendies ont surtout frappé le nord du Portugal et le nord-ouest de l’Espagne, notamment en Galice, Asturies et Castille-et-León. Rien qu’en Castille-et-León, 8 000 personnes ont dû être évacuées. Au total, près de 36 000 personnes ont été déplacées en Espagne et environ 1 000 au Portugal. Au moins huit personnes ont perdu la vie.

Des zones naturelles protégées ont brûlé, comme les parcs nationaux des Picos de Europa en Espagne et de Gerês au Portugal. L’habitat de 395 espèces animales menacées, protégées ou vulnérables a été en partie détruit : 2 400 hectares pour le petit coq de bruyère, 773 hectares pour la cigogne noire et 1 751 hectares pour l’ours brun.

Le chemin de pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, qui attire plus de 100 000 visiteurs l’été, a aussi été affecté.

Une chaleur jamais vue

Ces feux sont notamment dus à la canicule qui a eu lieu dans la région : la chaleur assèche la végétation, qui prend donc facilement feu. En Espagne, les températures étaient de 4,6 degrés au-dessus des normales de saison pendant 16 jours.

Dans le climat actuel, déjà 1,3 degré plus chaud en moyenne qu’à l’époque préindustrielle, les conditions climatiques extrêmes qui ont conduit à ces feux risquent d’avoir lieu tous les 15 ans. Sans ces hausses de températures, elles n’auraient lieu qu’une fois tous les 500 ans.

Les vagues de chaleur aussi intenses que celle d’août 2025, autrefois très rares (moins d’une fois tous les 2 500 ans), pourraient maintenant avoir lieu en moyenne tous les 13 ans.

Lutter contre ces feux

Face à l’ampleur des feux, l’Espagne a activé pour la première fois le mécanisme européen de protection civile, qui permet de demander de l’aide aux pays voisins. En août seulement, ce mécanisme a été déclenché 17 fois en 8 jours en Espagne, Portugal, Grèce, Bulgarie, Montenegro et Albanie. Un chiffre déjà supérieur à toute la saison 2024.

Les experts préviennent : avec la hausse des températures et la sécheresse, ces incendies géants vont devenir plus fréquents et les pays risquent de ne plus réussir à les prévenir ni à les contenir, même avec l’entraide européenne.

Le réchauffement climatique multiplie par 40 les risques d'incendie

Crédits : La Netscouade

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On voit une montagne avec une forêt. Une partie de la forêt brûle, on voit de grandes flammes et de la fumée noire. L’image explique que le changement de climat rend les feux de forêt 40 fois plus possibles.

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