Santé

Les polluants perfluorés (PFAS) : une menace croissante pour l’environnement

Mis à jour le | Commissariat général au développement durable

Les PFAS, surnommés « polluants éternels », sont des substances chimiques très persistantes qui s’accumulent dans l’environnement et les organismes vivants. Présents dans de nombreux produits du quotidien, ils suscitent une inquiétude grandissante pour la santé et l’environnement.

Que sont les PFAS ?

Les PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées) sont des composés chimiques utilisés pour leurs propriétés antiadhésives, imperméabilisantes et résistantes à la chaleur. On les retrouve dans de nombreux produits de notre quotidien :

  • ustensiles de cuisine antiadhésifs ;
  • textiles imperméables ;
  • emballages alimentaires ;
  • mousses anti-incendie ;
  • matériaux de bricolage.

Certains PFAS comme le TFA (acide trifluoroacétique) sont également utilisés dans la fabrication de pesticides et de médicaments, ou proviennent de la dégradation de produits chimiques de la même famille. C’est notamment le cas de l’herbicide flufénacet, utilisé sur les cultures de pommes de terre ou de céréales.

Pourquoi les appelle-t-on les « polluants éternels » ?

Les PFAS ne se dégradent pratiquement pas dans l’environnement. Une fois rejetés, ils persistent pendant des décennies et contaminent les eaux de surface et souterraines, l’air et les sols.

L’acide perfluoro-octanoïque (PFOA) et l’acide perfluoro-octane sulfonique (PFOS) sont les deux PFAS les plus étudiés, car ils font aussi partie des plus persistants dans l’environnement.

Comment sommes-nous exposés aux PFAS ?

Les PFAS s’accumulent dans les organismes vivants et dans la chaîne alimentaire. Ils peuvent également se déplacer sur de longues distances dans l’air ou l’eau.

Nous y sommes exposés :

  • via l’alimentation, et notamment la viande et les produits de la mer pour le PFOS et le PFOA (source : EFSA ) ;
  • par l’eau du robinet ;
  • à travers certains vêtements, textiles d’ameublement ou matériaux de construction et de bricolage.

Une étude menée par Santé publique France entre 2014 et 2016 a montré que :

  • 7 PFAS ont été retrouvés chez plus de 40 % des adultes ;
  • 6 ont été détectés chez les enfants ;
  • le PFOA et le PFOS ont été détectés chez 100 % des adultes et des enfants analysés.

Quels sont les effets sur la santé ?

Les effets potentiels sur la santé pourraient être nombreux :

  • certains cancers ;
  • des troubles de la fertilité ou du développement fœtal ;
  • une augmentation du cholestérol ;
  • un risque accru d’obésité ;
  • un affaiblissement du système immunitaire.

Pour mieux connaître nos niveaux d’exposition et d’imprégnation et comprendre leurs effets sur la santé, les PFAS ont été intégrés au programme européen de biosurveillance humaine .

Comment l’usage des PFAS est-il surveillé ?

En France, la surveillance des PFAS se concentre sur l’eau des rivières, des lacs et des nappes souterraines. Des prélèvements réguliers permettent de détecter la présence de cinq substances perfluorées.

Entre 2019 et 2021, les analyses ont révélé la présence de PFAS dans toutes les grandes zones de surveillance. Trois substances sont les plus souvent détectées :

  • le PFOS (acide perfluorooctane sulfonique), retrouvé dans 40 % des échantillons d’eau de surface ;
  • le PFHxA (acide perfluorohexanoïque), présent dans 37 % des cas ;
  • le PFOA (acide perfluorooctanoïque), détecté dans 27 % des prélèvements.

Les nappes d’eau souterraine sont également concernées : on y retrouve du PFOS dans 20 % des analyses et du PFOA dans 12 %. (source SDES).

Quelles actions sont mises en place pour limiter les risques ?

Face à l’ampleur de la pollution, des mesures sont déjà en place pour limiter la production et l’usage des PFAS. En France et en Europe, certains PFAS sont déjà interdits ou encadrés.

Le plan d’action interministériel sur les PFAS d’avril 2024 vise à réduire les risques à la source, poursuivre la surveillance, définir des valeurs de référence sanitaires pour évaluer les impacts potentiels sur la santé humaine. Ce plan prévoit de déterminer des valeurs maximales de concentrations à respecter dans les rivières et les nappes souterraines pour les principaux PFAS.

Les sites industriels qui fabriquent, utilisent ou rejettent des PFAS dans l’eau doivent suivre leurs rejets, analyser la présence de ces substances et mettre en place des actions pour les réduire.