Le changement climatique perturbe les organismes vivants, qui ne peuvent pas tous s’adapter à la hausse des températures. C’est vrai aussi donc pour l’être humain, avec des défis en termes d’organisation économique et sociale, mais aussi de santé. Le changement climatique est même identifié par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) comme l’un des principaux risques pour la santé publique partout dans le monde. Certains, comme l’augmentation du nombre de canicules, sont déjà observables en France.
Des impacts mesurables sur la santé
Décès et problèmes de santé associés aux phénomènes extrêmes (canicules, tempêtes, inondations, etc.), prolifération d’espèces à l’origine de maladies transmissibles aux humains, aggravation des allergies, concentration des polluants dans l’air, perturbation de notre agriculture, problèmes de santé mentale, etc. : les impacts du changement climatique sur la santé sont déjà nombreux.
Des vagues de chaleur qui aggravent la surmortalité
La première cause est l’intensification des vagues de chaleur ces dernières années (plus fréquentes et plus marquées). 44 % des canicules ayant eu lieu depuis 1974 se sont produites au cours des dix dernières années : 734 entre 2014 et 2023, soit deux fois plus que le nombre observé entre 2004 et 2013. Leur durée médiane est de 4 jours, la plus longue canicule ayant duré 19 jours. 3 des 4 étés les plus chauds en France depuis 1900 ont été enregistrés entre 2018 et 2022. Les canicules génèrent une augmentation des recours aux soins, des hospitalisations et une surmortalité aggravée.
Au cours de la dernière décennie, l’Auvergne-Rhône-Alpes et l’Île-de-France concentrent plus d’un tiers de la surmortalité nationale liée aux canicules en France métropolitaine. Les températures chaudes, même sous les seuils d’alerte canicule, ont aussi un fort impact.
Ce graphique basé sur des données de Santé Publique France présente le nombre et la durée moyenne des canicules en France depuis 1974, ainsi que le nombre de décès en excès sur ces périodes. Il montre que celles-ci sont aujourd’hui plus fréquentes et qu’elles ont connu un pic net sur la période 2014-2023.
Plus de pollens et plus de réactions allergiques
Le changement climatique peut aussi favoriser et accentuer les réactions allergiques liées aux pollens, en raison notamment de l’allongement de la période durant laquelle les plantes en produisent. La hausse des concentrations de CO2 entraîne une photosynthèse plus importante et donc une plus grande production de grains de pollen. Avec l’augmentation de la température, ces derniers contiennent aussi plus d’allergènes. Certaines espèces végétales allergisantes gagnent également du terrain au niveau géographique.
Le bouleau est un bon indicateur du changement climatique. Présent dans toute l’Europe, cet arbre au potentiel allergisant très élevé pollinise en mars-avril. Il libère alors de grandes quantités de pollens dans l’air. Depuis la fin des années 1980, la ‘’quantité annuelle de pollens de bouleau a augmenté de près de 20 %. Cette évolution s’est faite parallèlement à la hausse de la température moyenne, cela pour 6 villes de France métropolitaine présentant des climats différents.
Maladies infectieuses et nouveaux risques sanitaires
Santé publique France indique que l’on peut également s’attendre en France, d’ici à 2030, à l’émergence ou la réémergence de risques infectieux, en raison de modifications environnementales, par exemple une extension géographique des insectes vecteurs de la dengue, du paludisme, du chikungunya, en particulier le moustique tigre.
Il faut également s’attendre à des modifications de l’environnement et des modes de vie entraînant de nouvelles expositions, par exemple expositions au soleil et risques liés aux ultraviolets (UV), baignades et exposition aux bactéries responsables de la leptospirose, ou encore interaction entre pollution atmosphérique et températures (les fortes chaleurs favorisent notamment la pollution à l’ozone).
L’adaptation à la hausse des températures
Quelles conséquences sur le système de santé français ?
La prévention des effets de la chaleur sur la santé est une priorité d’adaptation en France. Ces effets surviennent en quelques heures et peuvent se traduire par plus de recours aux soins et plus de la mortalité, comme cela a été observé lors de la canicule d’août 2003.
Si l’on pense d’abord aux personnes âgées, dont le nombre est en augmentation en France, l’impact sanitaire des vagues de chaleur concerne en réalité tous les âges. Les canicules provoquent une augmentation du recours aux soins d’urgence pour des pathologies directement liées à la chaleur, y compris chez les plus jeunes.
Les vagues de chaleur précoces démarrant en juin sont associées à des recours aux soins importants pour les enfants et les moins de 65 ans. Par exemple, 8 000 passages aux urgences (dont environ 1 200 concernent des enfants de moins de 15 ans) pour des causes directement liées à la chaleur ont été recensés pendant les périodes de vigilance canicule de l’été 2017.
L’enjeu d’adaptation à court terme est de parvenir à une société dans laquelle la canicule est prise en charge comme un événement estival routinier et non plus comme une crise. Maîtriser l’impact de canicules inédites dans leur durée et leur intensité reste toutefois un problème majeur.
Des épisodes de froid plus rares mais pas moins préoccupants
Contrairement à la chaleur, l’effet du froid est très étalé dans le temps (jusqu’à 3 semaines après l’exposition) et prend essentiellement la forme de pathologies cardiovasculaires ou respiratoires. D’autres effets sanitaires sont également observés : traumatismes en lien avec la neige et le verglas, intoxications au monoxyde de carbone, etc.
Dans un contexte de changement climatique, les épisodes de froid pourraient avoir des effets d’autant plus importants qu’ils deviendront très inhabituels. Il n’y a pas de raison de s’attendre à une diminution importante de la mortalité hivernale qui est principalement due aux épidémies respiratoires saisonnières comme la grippe.
Les plans d’action nationaux face aux températures extrêmes
Plusieurs causes sanitaires, socio-économiques et environnementales peuvent se combiner pour augmenter la vulnérabilité des personnes à la chaleur ou au froid. L’âge, la sédentarité, les traitements médicamenteux, le fait d’habiter en ville, les conditions de travail ou de logement, l’accès à l’information ou les capacités cognitives, peuvent ainsi s’ajouter et fragiliser un peu plus les personnes concernées.
Le Plan national de gestion des vagues de chaleur regroupe un système d’alerte fondé sur les prévisions météorologiques, un suivi d’indicateurs sanitaires, des actions d’information et des mesures de gestion (registres municipaux de personnes vulnérables, plans blancs, plans bleus, etc.). Les villes commencent à mettre en place des mesures de fond pour réduire le phénomène d’îlot de chaleur en ville (évolution de l’urbanisme, végétalisation, isolement des logements, etc.).
Le Plan grand froid prévoit des campagnes d’information, un accueil et un suivi spécifiques pour les personnes sans-abri (ouverture de places d’hébergement d’urgence, maraudes, etc.) et des mesures pour les personnes précaires (trêve hivernale pour les locataires, aides financières pour le chauffage, etc.).
Ressources
Santé publique France : changement climatique
Santé publique France travaille sur les impacts sur la santé du changement climatique pour identifier les enjeux, fournir des données, surveiller les évolutions des risques sanitaires et développer des axes d’adaptation.
Lien direct vers le site web
La gestion sanitaire des vagues de chaleur
Cette page présente l’ensemble de la réponse publique aux vagues de chaleur d’un point de vue sanitaire, notamment le dispositif de vigilance météorologique, la surveillance sanitaire, et le dispositif de prévention et de communication.
Lien direct vers le site web
Ouvrir l'horizon
- État de l’environnement en France
- Cartes IGN : l’application pour découvrir la France autrement
- 5 conseils pour une pratique sportive respectueuse de l’environnement
- La France en bonne voie d’atteindre ses objectifs climatiques d’ici 2030
- Comment composter facilement chez soi ?
- Qui sont les Français qui optent pour une voiture électrique ?
- Limites planétaires
- 3 minutes pour comprendre les risques naturels auxquels nous sommes exposés
- Le castor : une espèce protégée utile à l’écosystème
- Chiffres clés du climat - France, Europe et Monde -édition 2024
- Laisser la nature s’exprimer, une approche bénéfique pour les villes et les citadins
- Télétravail : combien de tonnes de CO2 évitées ?