Climat

Des événements climatiques extrêmes de plus en plus fréquents

Mis à jour le | Commissariat général au développement durable

Inondation et submersion par les vagues, mouvement de terrain, avalanche, feu de forêt, cyclone, tempête, séisme, éruption volcanique : parmi les huit principaux types d’événements naturels dangereux, les six premiers dépendent des conditions climatiques. À mesure que le climat se réchauffe, ces événements climatiques sont de plus en plus intenses et de plus en plus fréquents. Le niveau des mers et des océans est lui aussi en augmentation rapide, même si cette vitesse diffère en fonction des régions du globe.

Les événements climatiques extrêmes en France

À quels risques climatiques la France est-elle le plus exposée ?

La France est exposée à de nombreux risques climatiques : inondations, tempêtes, grêle, sécheresse, feux, etc. En 2019, près de 18,5 millions de Français résidaient dans un territoire pouvant être confronté à des inondations par débordement de cours d’eau ou par vagues marines. Environ 10 millions de maisons individuelles étaient exposées à un risque de « retrait-gonflement des argiles » lié à la sécheresse. Près de 7 000 communes étaient déclarées à risque « feux de forêt ». En 2022, plus de 70 000 hectares ont brûlé, soit 7 fois la surface de la ville de Paris.

Depuis la mise en place du régime de catastrophe naturelle en 1982, une quinzaine d’inondations catastrophiques sont survenues en France, par exemple après la tempête Xynthia en 2010 ou dans le département du Pas-de-Calais fin 2023-début 2024. Sur la même période, une vingtaine de phénomènes atmosphériques extrêmes, tempêtes, ouragans, ont également touché la France.

Des indemnisations au titre des catastrophes naturelles en augmentation

Parmi les 26 États membres de l’Union européenne, c’est la France, pays le plus étendu de l’UE, qui recense le plus de catastrophes naturelles ( source ). Ainsi, chaque année, près de 6 000 communes font l’objet d’une reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle. Entre 1982 et 2022, 50 milliards d’euros d’indemnisations ont été versés par les assurances, surtout à cause de la sécheresse à partir de 2017. Entre 1990 et 2020, près de 30 milliards d’euros d’indemnisations ont été versés au titre des garanties Tempête-Grêle-Neige incluses dans les contrats multirisques habitation.

Des risques climatiques qui augmentent avec l'élévation des températures

Crédits : Commissariat général au développement durable

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Des risques climatiques qui augmentent avec l’élévation des températures

Ce tableau présente les risques climatiques et leur augmentation en fonction de l’élévation des températures. Il montre que ces risques augmentent rapidement même pour quelques dixièmes de degrés de hausse de la température. À titre d’exemple, entre + 1,1 °C (niveau actuel de réchauffement climatique) et + 1,5 °C, + 2 °C et + 4 °C, le nombre de cyclones tropicaux intenses augmente respectivement de 10, 13 et 30 %.

Notes : phénomènes observés et projetés en moyenne sur le globe selon quatre scénarios de réchauffement mondial par rapport à l’ère préindustrielle ; le scénario + 1,5 °C au niveau mondial correspond à + 2 °C en France. Celui à + 3 °C au niveau mondial correspond au scénario + 4 °C en France. Le scénario à + 4 °C au niveau mondial va bien au-delà du scénario + 4 °C en France.
Source : CGDD, d’après Météo-France et les scénarios du Giec

La montée du niveau des mers et des océans

Un phénomène mondial mais différent selon les régions

Le niveau des mers et des océans augmente à cause du réchauffement de la planète. Depuis 1900, le niveau moyen des océans a augmenté d’environ 21 centimètres. Entre 1993 et 2022, la hausse moyenne des océans est estimée à environ 11 centimètres, soit 3,3 millimètres par an et donc plus de la moitié de la hausse accumulée depuis 1900. Entre un tiers et la moitié de l’élévation du niveau des océans est due à la dilatation causée par l’augmentation de la température de leurs eaux. Le reste est attribué à la fonte des glaciers de l’Antarctique, du Groenland, des glaciers continentaux et des modifications du cycle de l’eau.

Si la tendance globale est à l’élévation du niveau moyen des océans, il y a cependant une grande variation de moins 10 à plus 10 millimètres par an selon les régions. Cela s’explique par la hausse de la température des océans, les grands courants marins, mais aussi par les différences de taux de sel.

Tendances régionales d'évolution du niveau moyen de la mer de 1993 à 2023

Crédits : E.U. Copernicus

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Tendances régionales d’évolution du niveau moyen de la mer de 1993 à 2023

Cette carte du E.U. Copernicus marine service information présente les tendances régionales d’évolution du niveau moyen de la mer, de 1993 à 2023. Elle montre que celui-ci n’évolue pas au même rythme partout, avec certaines zones géographiques où il s’élève rapidement jusqu’à plus de 10 mm par an, mais aussi certaines autres (rares) où il diminue légèrement.

Source : E.U. Copernicus marine service information global ocean mean sea level trend map from observations reprocessing, CMEMS (copernicus.eu)

Aujourd’hui et demain en France

Les côtes de la France sont menacées par trois phénomènes naturels : le risque de submersion marine (1,5 million d’habitants), le risque de tsunamis et le recul du trait de côte. Il faut donc prévoir des ouvrages de protection ou changer l’occupation des lieux, mais cela a un coût Et ces changements peuvent avoir du mal à être acceptés par la population ou à être vraiment adaptés localement.

Le recul du « trait de côte », c’est-à-dire de la limite entre la mer et la terre, résulte en partie de la montée des eaux et concerne près d’un quart des côtes françaises. Si l’on y ajoute les 1 500 kilomètres d’ouvrages qui se substituent au trait de côte, c’est un tiers du littoral qui est menacé en France. Les implantations humaines en zones basses du littoral sont directement menacées. Ainsi en 2100, ce sont près de 450 000 bâtiments qui seraient menacés avec une élévation du niveau moyen des mers de 1 mètre. Près de 50 000 logements seraient menacés par la seule érosion côtière.

Avec l’inertie thermique des océans, c’est-à-dire le fait que la chaleur emmagasinée reste longtemps, une élévation du niveau de la mer de 2 mètres semble inévitable dans le futur. Selon des travaux récents, ce seuil serait dépassé au plus tôt dans un siècle et au plus tard dans deux millénaires en fonction du niveau mondial des émissions à venir et de ses effets sur les calottes de glace polaires.

Un modèle d’adaptation dans la basse vallée de la Saâne

À Quiberville-sur-Mer en Seine-Maritime, le camping municipal de bord de mer, menacé par l’érosion et la montée des eaux, a été transféré à 700 mètres du rivage. Les travaux, conduits entre 2022 et 2023, ont coûté 8,6 millions d’euros, dont les deux tiers financés par des fonds européens et le tiers par la région, le département et la mairie.

En outre-mer, le village de Miquelon va lui aussi être relocalisé pour assurer l’avenir de ses 600 habitants.

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