Biodiversité

Les solutions face à la baisse de la biodiversité

Mis à jour le | Commissariat Général au Développement Durable

De nombreuses espèces animales et végétales sont présentes en France. Notre biodiversité est composée de ces espèces et des milieux dans lesquelles elles évoluent. La baisse de la biodiversité doit être compris comme la disparition d’espèces, la diminution de certaines populations animales, ou de détérioration de leurs milieux naturels. Cette diminution, liée à l’activité humaine, doit être limitée.

Répondre à la baisse de la biodiversité

Des espaces protégés

La première réserve naturelle nationale est créée en France au début des années 60 (lac Luitel en 1961) ainsi que le premier parc national (la Vanoise en 1963). Depuis, les aires protégées se sont développées avec les arrêtés de protection d’habitats naturels pour protéger notre biodiversité.

Plusieurs critères permettent de délimiter les espaces protégés :

  • L’abondance du vivant, de la végétation et des espèces.
  • La présence d’espèces menacées, de sites de migration ou de reproduction.
  • La diversité des espèces végétales, les rôles de corridor entre espaces préservés.
  • La faible modification du milieu naturel par les humains.

D’autres stratégies de protection sont mises en place. La stratégie nationale pour les aires protégées a été adoptée en 2021. Elle prévoit de protéger 30 % du territoire national, terrestre et marin, d’ici 2030, avec 10 % du territoire couvert par un dispositif de protection forte.

En 2024, la France a dépassé son objectif de protection : 33 % du territoire national, maritime et terrestre, est couvert par une aire protégée, soit 363 millions d’hectares sur 1 milliard d’hectares. De plus, 4,2 %, soit 46 millions d’hectares, est sous protection forte en 2024, contre 1,8 % en 2021. En 2023, 4 % de l’ensemble des espèces sont protégés dans au moins une partie du territoire français.

Des espèces protégées

Le plan national d’action en faveur des espèces menacées permet de conserver ou rétablir une espèce sauvage menacée ou d’intérêt particulier quand les autres politiques publiques environnementales ont été jugées insuffisantes pour. Il répond ainsi aux exigences des directives européennes « Oiseaux » et « Habitats, Faune, Flore » de maintien ou de restauration de la biodiversité.

La stratégie nationale biodiversité 2030

En novembre 2023, le gouvernement français a adopté la Stratégie nationale biodiversité 2030. Elle concrétise l’engagement de la France à stopper puis inverser l’effondrement de la biodiversité en accord avec le cadre mondial de la biodiversité, adopté en décembre 2022 à Montréal lors de la 15e Conférence des Parties (COP15) à la convention sur la diversité biologique.

40 mesures ont ainsi été prises par la France à l’horizon 2030, en lien avec l’Union européenne, pour notamment :

  • réduire de moitié le risque global lié aux pesticides ?
  • restaurer 30 % des écosystèmes terrestres et maritimes dégradés
  • protéger 30 % du territoire national, terrestre et marin, dont 10 % en protection forte, ce qui signifie que les activités humaines dans ces zones de protection forte sont interdites, ou très fortement limitées.
  • réduire de 50 % l’établissement des espèces exotiques envahissantes ;
  • stopper l’extinction des espèces due aux activités humaines d’ici à 2050.

Les structures en appui aux politiques publiques

La biodiversité mieux prise en compte dans les projets d’aménagement

Depuis l’adoption de la loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages en 2016, tout projet d’aménagement a l’obligation de mettre en œuvre le principe « éviter, réduire et compenser ». Ainsi, tout aménageur doit chercher en premier à éviter les atteintes à la biodiversité, ou à réduire les impacts qui n’auront pas pu être évités.

La compensation par des actions de réhabilitation, de restauration ou de création de milieux et doivent être complétées par des mesures de gestion conservatoire. Entre 2016 et 2023, 6 564 mesures de ce type ont été prescrites en France, dont 41 dans les Outre-mer.

Un exemple d’aménagement utilisé est le « passage à faunes » qui permet de reconnecter des habitats naturels qui ont été séparés par la construction de routes, de voies ferrées ou de barrages. Ces passages réduisent le risque pour les animaux d’être percutés par des véhicules. Les passages à faune peuvent prendre plusieurs formes : ponts végétalisés ou tunnels par exemple. En 2022, un concessionnaire d’autoroute dénombrait plus de 1 800 passages à faune sur son réseau de 9 200 km.

Les trames permettent de prendre en compte la biodiversité dans l’aménagement du territoire. Elles sont créées par les collectivités territoriales (conseils régionaux, communautés de communes, communes, etc.). La « trame verte » concerne les milieux naturels et semi-naturels terrestres, tandis que la « trame bleue » se rapporte aux milieux aquatiques et humide. Ce réseau intègre les réservoirs de biodiversité mais aussi les corridors écologiques, espaces de vie et de déplacement des espèces.

Des engagements internationaux

La convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction réglemente le commerce international de plus de 40 000 espèces animales et végétales. Cette convention vise à garantir que le commerce international des animaux et des plantes, vivants ou morts, ainsi que de leurs parties et de leurs produits dérivés ne nuise pas à la conservation de la biodiversité et repose sur une gestion durable des espèces sauvages. Cet accord a été signé par 183 pays dont la France en 1978.

Face au déclin de la biodiversité et malgré la mise en place de politiques de préservation, la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques recommande un changement profond pour améliorer notre relation avec la nature. Cela inclut des actions comme la protection et la restauration des espaces naturels et la réduction des pressions sur la biodiversité, la protection et la restauration des espaces naturels, la réduction des pressions sur la biodiversité la réorganisation de l’économie et des systèmes de production, la transition vers des styles de vie et des villes durables.

La France s’est engagée à assurer le maintien ou la restauration dans un état de conservation favorable des espèces menacées d’extinction sur la liste rouge mondiale et à contrôler le commerce des espèces sauvages.

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