Pour protéger les espaces naturels en France et leurs espèces animales et végétales, plusieurs solutions ont été mises en place, dont certaines sont spécifiques à notre pays. Il peut s’agit de parcs nationaux ou régionaux, de réserves naturelles, ou de réglementations pour constituer des réserves biologiques, assurer la maîtrise du foncier ou une gestion contractuelle.
Les parcs naturels
En France, les parcs naturels régionaux, marins, ou encore les parcs nationaux, sont des espaces protégés qui sont différents les uns des autres, mais dont l’objectif est de préserver la nature tout en favorisant le développement des activités humaines. L’accès au public n’est pas restreint à l’intérieur des parcs, mais les pratiques respectueuses de l’environnement sont encouragées. Le tourisme, l’agriculture, ou la pêche sont pensées différemment à l’intérieur des parcs.
Il existe trois types de parcs.
Les parcs nationaux
Les parcs nationaux sont des espaces naturels, terrestres et marins dont le milieu naturel et le patrimoine culturel présentent un intérêt spécial dont il faut assurer la protection. Il faut les préserver des dégradations qui pourraient en modifier la diversité, la composition, l’aspect et l’évolution.
Les parcs nationaux protègent des territoires exceptionnels en leur zone centrale qui est en général inhabitée ou très peu peuplée, c’est ce qu’on appelle le cœur de parc. Les zones d’adhésion, situées autour de ce cœur, favorisent le développement économique, social et culturel des parcs.
Début 2021, il y a onze parcs nationaux en France. Sept sont situés en métropole. En ne considérant que leurs parties terrestres, ces onze parcs nationaux couvrent 48 620 km2, soit 8 % de la surface terrestre de la France métropolitaine et des cinq départements d’outre-mer. La partie terrestre des cœurs de parcs couvre 25 715 km2.
Les parcs naturels régionaux
Les parcs naturels régionaux ont pour objectif d’assurer le développement local autour de la préservation et la valorisation de son patrimoine écologique, économique, social et culturel.
Chaque parc naturel régional est doté d’une charte qui définit les mesures de gestion du territoire concerné. L’initiative de création d’un parc naturel régional peut être publique ou privée. Elle est souvent le résultat de de la mobilisation d’élus locaux autour d’un projet commun de territoire. La procédure de création est gérée par les régions concernées. Le projet est validé par un décret ministériel pour une durée de 15 ans. À la fin de cette période, une demande de renouvellement du classement peut être demandée sur la base d’une charte révisée.
En 2025, la France compte 59 parcs naturels régionaux pour une superficie totale de 106 330 km2, soit environ deux fois la Région Grand-Est. 57 parcs régionaux sont situés en métropole pour une superficie de 99 362 km2, soit près de 20 % du territoire. Deux parcs naturels régionaux concernent l’outremer : un en Guyane d’une superficie de 6 229 km2 et un autre en Martinique d’une superficie de 739 km2. Le plus vaste d’entre eux, le parc naturel régional des volcans d’Auvergne, couvre près de 400 000 hectares soit à peu près la surface du département du Tarn-et-Garonne.
Les parcs naturels marins
Les parcs naturels marins ont pour objectif de protéger les mers de développer durablement les activités qui en dépendent et d’améliorer la connaissance et l’étude des milieux marins.
Ils visent de vastes espaces où les enjeux de protection de la nature sont liés aux activités comme la pêche. Les parcs naturels marins a soutiennent des activités respectueuses de l’environnement, assurent le contrôle et la police de l’environnement ou encore la sensibilisation des usagers et du grand public.
En 2025, la France compte huit parcs naturels marins pour une superficie totale de 139 727 km2, soit deux fois la Région Occitanie. Six sont situés en métropole (Iroise, golfe du Lion, estuaire de la Gironde et mer des Pertuis, estuaires picards et mer d’Opale, bassin d’Arcachon et cap Corse et Agriate) pour une superficie cumulée de 23 600 km2. Dans les DROM, il existe deux parcs naturels marins : un en Martinique (47 747 km2) et un à Mayotte (68 381 km2).
Les réserves
Une réserve est généralement un espace dans lequel la préservation de la nature passe avant les activités humaines. L’intérêt des réserves est de protéger les espèces animales et végétales, les milieux, ou des éléments remarquables. L’idée générale est de laisser vivre la nature en limitant l’impact humain.
Il existe plusieurs types de réserves.
Les réserves naturelles nationales
Les réserves naturelles nationales servent à préserver les milieux naturels fonctionnels, généralement fragiles, rares ou menacés, de très haute valeur écologique et scientifique. Les réserves naturelles bénéficient d’une grande diversité d’espèces animales et végétales, ou de formations géologiques rares ou menacées.
Les réserves permettent notamment la limitation les travaux, la circulation des personnes, des animaux domestiques et des véhicules, les activités agricoles et forestières, la chasse.
Les réserves naturelles nationales sont créées par l’État, là où les réserves régionales sont administrées par les régions.
Au 1er janvier 2025, il existe 169 réserves nationales en France couvrant 1,7 millions de km2, dont la majorité est en mer. Elles sont principalement situées en métropole. Dans les départements d’outre-mer, elles sont au nombre de 14.
Les réserves naturelles régionales et de Corse
Les réserves naturelles régionales sont des espaces gérés par les Régions et les collectivités locales. Ce sont des espaces protégés où il est important d’assure la conservation de la faune, de la flore, du sol, des eaux, des gisements de minéraux et de fossiles.
Les réserves naturelles régionales sont établies par le Conseil régional pour une durée limitée et renouvelable. Certaines activités ne peuvent pas être réglementées, comme la chasse, la pêche, l’extraction de matériaux.
Il y a 185 réserves naturelles régionales qui couvrent 436 km2. 183 sont situées en métropole couvrant 405 km2 et deux en outremer : une en Guyane et une en Martinique.
Il existe aussi sept réserves naturelles spécifiques à la Corse, ayant un statut particulier et couvrant 870 km2 dont 64 km2 en terrestre et 806 km2 en mer.
Les réserves biologiques
Les réserves biologiques sont spécifiques aux forêts publiques : forêts de l’État, dites « domaniales », forêts de collectivités ou forêts d’établissements publics.
Le classement en réserve biologique donne un statut de protection spécifique à des espaces forestiers. Ces réserves sont créées par les ministères de l’Agriculture et de l’Écologie. Les réserves biologiques permettent de préserver le patrimoine naturel remarquable ainsi que l’étude des écosystèmes. Les réserves biologiques ont donc un intérêt écologique mais aussi scientifique.
On distingue deux types de réserves biologiques que l’on peut différencier simplement : les réserves intégrales sont des milieux préservés, avec très peu d’intervention, alors que les réserves dirigées sont gérées par des interventions humaines.
Les réserves de chasse et de faune sauvage
Les réserves de chasse et de faune sauvage visent à protéger les populations d’oiseaux migrateurs conformément aux engagements internationaux. Ces réserves assurent la protection des milieux naturels indispensables à la sauvegarde d’espèces menacées. Elles contribuent au développement durable de la chasse dans les territoires ruraux. La pratique de la chasse y est interdite ainsi que toute autre activité susceptible de déranger la faune sauvage. Il existe environ 12.000 réserves de chasse et de faune sauvage présentes en France.
Certaines réserves de chasse et de faune sauvage sont particulièrement importantes, surtout si elles abritent des espèces menacées, si elles sont très étendues ou si elles ont un intérêt pour des études. Dans ces cas-là, un arrêté ministériel peut désigner la zone en « réserve nationale de chasse et de faune sauvage ».
En 2025, la France compte onze réserves nationales de chasse situées uniquement en métropole couvrant une superficie totale de 425 km2, dont 73 km2 en mer.
Les arrêtés de protection
Un arrêté de protection est une mesure prise par un préfet ou directement par le gouvernement. L’arrêté de protection est rapide à mettre en place, et permet de protéger un lieu face à de possibles dégradations.
Les arrêtés de protection de biotope
Le biotope est le lieu hébergeant un ensemble de formes de vie, ils sont nécessaires à la survie, au repos, et à la reproduction d’espèces animales ou végétales protégées. Les biotopes sont de toutes sortes : par exemple des formations naturelles peu exploitées par l’homme, comme des haies, des marécages, des bosquets, des dunes, des pelouses, des récifs coralliens.
Afin de protéger ces espaces, les préfets de département peuvent mettre en place des arrêtés de protection de biotope. La souplesse de cette mesure de protection explique son succès. Les arrêtés régulent les activités humaines sur des périmètres de tailles très différentes, ce qui permet, selon les besoins, de limiter les dégradations faites à un milieu, et de ne pas causer de dommages à des espèces.
Au 1er janvier 2025, il y a 1 066 arrêtés de protection de biotopes.
Les arrêtés de protection de géotope
Les arrêtés de protection de géotope sont mis en place par les préfets de la même manière que les arrêtés de protection de biotope. La différence est qu’ils protègent des sites géologiques ayant une valeur scientifique, esthétique ou culturelle particulière à cause par exemple des minéraux ou des fossiles qui y sont présents.
Ces arrêtés se basent sur l’Inventaire national du patrimoine géologique, différent selon les régions. Avec cet inventaire, chaque préfet de département peut fixer une liste de sites d’intérêt géologique par arrêté préfectoral. Il peut ensuite mettre en place des mesures pour empêcher le prélèvement, la destruction ou la dégradation de fossiles ou minéraux présents sur ces sites.
Il existe 34 arrêtés de protection de géotope sur environ 6 km2.
Les arrêtés de protection des habitats naturels
Les arrêtés de protection d’habitats naturels ont pour but de protéger des milieux naturels importants pour la biodiversité française. Par exemple, des sites marins abritant des jardins de coraux ou des écosystèmes terrestres comme les prairies humides.
En 2025, il existe 18 arrêtés de protection d’habitats naturels étendus sur 94 km2 dont 84 km2 en terrestre et 10 km2 en mer.
La maîtrise des terrains
La protection foncière est une manière de protéger la nature qui consiste à acquérir du terrain pour qu’il ne soit pas affecté par des activités humaines. L’acquisition de terrain se fait par des structures publiques que l’on appelle conservatoires.
Le Conservatoire du littoral est un établissement public qui mène une politique foncière de sauvegarde des espaces naturels et des paysages sur les rives des mers et des lacs.
En 2025, le Conservatoire du littoral intervient sur 750 sites métropolitains et ultramarins (203 762 hectares sous sa responsabilité) Ces terrains concernent à la fois des acquisitions réalisées par le Conservatoire sur le domaine privé mais aussi des affectations sur le domaine public.
Les conservatoires d’espaces naturels sont regroupés dans une fédération nationale. Structures associatives, les Conservatoires d’espaces naturels bénéficient de subventions de la part des collectivités locales et de l’État.
En janvier 2025, il y a 24 conservatoires d’espaces naturels, qui protègent et gèrent 4 500 sites naturels couvrant 300 000 hectares en métropole et dans les outre-mer, soit l’équivalent de la surface du département du Rhône.
Dispositifs européens et internationaux
Le réseau Natura 2000
Le réseau écologique européen Natura 2000 vise le maintien ou le rétablissement du bon état de conservation des habitats et des espèces d’intérêt européen. Ils sont listés dans les directives européennes Oiseaux et « Habitats, faune, flore. Transposés dans le Code de l’environnement français, ces objectifs sont une obligation réglementaire. Le réseau Natura 2000 comprend :
- des zones de protection spéciales, visant la conservation des espèces d’oiseaux sauvages ou servant d’aires de reproduction, de mue, d’hivernage ou de zones de relais à des oiseaux migrateurs ;
- des zones spéciales de conservation visant la conservation des types d’habitats et des espèces animales et végétales.
En décembre 2024, la métropole compte :
- 407 zones spéciales de conservation pour une superficie de 168 563 km2 (dont 124 191 km2 en mer, soit plus d’un quart du territoire ;
- 1 354 zones de protection spéciale d’une superficie totale de 155 490 km2 (dont 106 302 km2 en mer). Les composantes terrestre et maritime du réseau Natura 2000 couvrent au total 203 834 km2 soit plus d’un tiers du territoire. Le réseau s’étend en partie ou en totalité dans 13 031 communes sur 35 000.
La Convention Ramsar
La convention internationale Ramsar, adoptée en 1971, concerne les zones humides d’importance internationale. Une zone humide peut être importante pour la gestion de l’eau, ou encore la présence d’oiseaux d’eau. La convention vise à diminuer la dégradation et la disparition des zones humides.
Chaque pays signataire s’engage à tenir compte de la conservation des zones humides inscrites dans la liste de Ramsar. Ils doivent promouvoir leur conservation, soutenir la recherche, la formation, la gestion et la surveillance de ces zones. De plus, les 175 pays s’engagent à coopérer entre eux pour protéger les milieux humides.
Les zones Ramsar représentent 2,5 millions de km2 à travers le monde, soit 5 fois la surface de la France métropolitaine. En France, 54 sites sont inscrits sur la liste des zones humides d’importance internationale, pour une superficie totale de 40 000 km2, soit la surface de la région Centre-Val-de-Loire. 42 sont situés en métropole et une douzaine en outre-mer.
Le patrimoine mondial de l’Unesco
Le patrimoine mondial de l’Unesco existe depuis 1972. Il permet aux États d’identifier, et de protéger les biens, naturels ou artificiels, ayant une valeur exceptionnelle. Les biens naturels peuvent être des formations physiques, biologiques ou géologiques remarquables.
La France compte sept biens inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco, pour environ 700 000 km2. Quatre de ces biens se trouvent en métropole.
Les conventions marines internationales
La France dispose de la deuxième plus grande zone économique exclusive du monde. Elle est donc signataire de nombreuses conventions environnementales internationales pour la surveillance et la protection du milieu marin. Elle a ainsi ratifié les conventions suivantes :
- la convention de Barcelone : aire spécialement protégée d’importance méditerranéenne ;
- la convention de Carthagène : espace maritime des Caraïbes ;
- la convention Oslo-Paris (Ospar) : protection des mers de l’Atlantique Nord-Est ;
- la convention de Nairobi dans l’océan Indien occidental ;
- la convention sur la conservation de la faune et la flore marine de l’Antarctique (CCAMLR) et le protocole de Madrid ;
- la convention d’Apia : la France a signé cet accord de protection marine avec plusieurs États du Pacifique. En 2025, ses territoires sont également couverts par les trois conventions de mer régionale, dont Ospar.
Barcelone et Carthagène couvrent 214 303 km2 (dont 212 478 km2 en mer) dont :
- 47 661 km2 (dont 47 528 km2 en mer) au titre de la convention de Barcelone ;
- 144 566 km2 (dont 143 419 km2 en mer) au titre de la convention de Carthagène ;
- 22 076 km2 (dont 21 531 km2 en mer) au titre de la convention Ospar.
Ressources
Portail des parcs nationaux de France
La France compte 10 parcs nationaux sur son territoire dont 3 en outre-mer.Reconnus au niveau international comme des territoires d’exception, ils offrent une combinaison d’espaces terrestres et maritimes remarquables et un mode de gouvernance et de gestion qui leur permettent d’en préserver les richesses.
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