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Faune et flore communes et à forts enjeux des sites humides emblématiques

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Considérées comme de véritables réservoirs de biodiversité, les zones humides concentrent une richesse faunistique et floristique exceptionnelle. Certaines espèces sont inféodées à ces milieux, d’autres y viennent de façon temporaire pour s’y reposer ou se reproduire (cas des oiseaux migrateurs, par exemple). On estime que plus de 40 % de toutes les espèces animales et végétales dépendent de ces milieux et que 25 % sont aujourd’hui menacées d’extinction.

Afin de caractériser l’état de ces espèces, de nombreux inventaires sont réalisés dans le cadre de plans de gestion ou de façon volontaire (MNHN, FCBN, associations, etc.). Ces suivis permettent d’évaluer de multiples paramètres (présence, abondance, dynamique niveau de menaces, etc.). La mise en place d’aires protégées et le classement d’espèces sous statut de protection sont une des solutions apportées par les pouvoirs publics pour répondre à l’enjeu de conservation. Parmi les espèces, on peut distinguer les espèces dites indigènes (native d’une région particulière) de celles introduites par l’Homme. Certaines font l’objet de mesures pour limiter leur propagation (cas des espèces exotiques envahissantes ou à fort développement) ; d’autres peuvent bénéficier de statut de protection (international, national ou local).

Moins d’un site humide emblématique sur deux a des espèces sous protection en bon ou très bon état en 2020.

À la question « Selon vous, aujourd’hui, quel est l’état global des espèces animales et végétales sur le site ? », les référents étaient invités à exprimer leur ressenti général sur l’écosystème du site humide en 2020 et sur cette dernière décennie (de très bon à très mauvais). Cet appréciation se distingue de l’analyse menée dans le cadre de la Directive Habitat Faune Flore qui vise à évaluer tous les six ans l’état de conservation des espèces et des milieux au travers d’un protocole standardisé.

En 2020, respectivement 43 % et 40 % des sites humides évalués hébergent des espèces animales et végétales sous protection nationale en bon ou très bon état. Cette proportion s’observe également sur les sites abritant des espèces sous protection locale (respectivement 49 % et 43 %). Davantage d’espèces communes sont jugées par les référents en bon et très bon état (57 % pour la flore et 52 % pour la flore). Cette disparité peut s’expliquer par l’attention toute particulière menée par les gestionnaires qui réalisent dans le cadre de plans de gestion des suivis plus fréquents sur les espèces sous statut de protection que sur les espèces communes.

Part des sites évalués suivant l’état des espèces animales en 2020 Part des sites suivant l’état des espèces végétales en 2020

Un bon état des espèces sous protection dans les sites du littoral méditerranéen quand celui-ci est jugé plus préoccupant dans les sites de plaines alluviales

En 2020, les sites du littoral méditerranéen hébergent une faune et une flore protégée majoritairement en bon ou très bon état. 71 % des sites du littoral méditerranéen ont une faune sous protection nationale et 75 % sous protection locale en bon ou très bon état. La flore protégée, semble, selon les référents, également bien conservée sur une grande partie de ces sites : 81 % d’entre eux ont des espèces végétales protégées bien conservées. Cette tendance s’observe également sur les sites de massif à tourbières (jusqu’à 73 % des sites ont une flore protégée au niveau local en bon ou très bon état). À l’inverse, l’état est jugé plus préoccupant (très mauvais à mauvais état) pour les espèces à forts enjeux inféodées aux vallées alluviales (58 % des sites ont une faune protégée nationalement et 46 % des sites une flore protégée au niveau local en mauvais ou très mauvais état) ou encore aux plaines intérieures.

Part des sites évalués, par typologie suivant l’état de conservation de la faune et la flore à forts enjeux en 2020

Faune protégée au niveau national Flore protégée au niveau national Faune protégée au niveau local Flore protégée au niveau local

Une évolution de l’état des espèces protégées jugée préoccupante entre 2010 et 2020

Sur la période 2010-2020, la faune et la flore protégée semble s’être dégradée davantage que la faune et flore ordinaire : 44 % des sites humides évalués ont connu une évolution défavorable de l’état de la faune à fort enjeu national au cours de cette dernière décennie (42 % pour la flore), 46 % des sites pour l’état de la faune à protection locale (45 % pour la flore) alors que cette évolution défavorable pour la faune commune concerne 39 % des sites et 32 % pour la flore commune.

Part des sites suivant l’évolution de l’état des espèces communes et à forts enjeux animales constatée entre 2010 et 2020 Part des sites suivant l’évolution de l’état des espèces végétales communes et à forts enjeux constatée entre 2010 et 2020

Indicateur ONB : Zones humides dont les espèces protégées se portent bien

46 % des sites humides emblématiques évalués avaient à la fois leurs espèces de faune et de flore protégées en bon ou très bon état en 2020.
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