Rapport sur l’État de l’environnement en Europe

Mis à jour le 9 septembre 2026

Tous les cinq ans l’Agence européenne pour l’environnement (AEE) publie un rapport sur l’état de l’environnement en Europe. Ce rapport fournit aux décideurs européens et nationaux ainsi qu’aux citoyens une évaluation complète de l’environnement et du climat en Europe. Il s’agit du septième rapport sur l’état de l’environnement publié par l’AEE depuis 1995. Ce rapport a été élaboré avec le réseau européen d’information et d’observation pour l’environnement (Eionet) de l’AEE. Il s’appuie sur les travaux des principaux experts et scientifiques du domaine de l’environnement au sein de l’Eionet, qui regroupe les 32 pays membres de l’AEE et six pays partenaires.

Le dernier rapport sur l'état de l'environnement en Europe , publié le 29 septembre 2025, comprend trois parties :

1. Le rapport principal présente un panorama complet des enjeux, examinant le rôle vital joué par l’environnement et le climat pour la santé, la vie quotidienne et la prospérité des populations européennes ;

2. Les "briefings" thématiques fournissent des aperçus clairs et comparable des tendances passées et futures pour 35 thèmes (eau, air, santé, etc.) à l’échelle du continent européen ;

3. Les profils-pays fournissent des indicateurs et des analyses au niveau national, des tendances en matière d’environnement, de climat et de développements socio-économiques, en examinant l’énergie, la mobilité ou l’alimentation dans les 38 pays membres et partenaires de l’AEE.

Une situation préoccupante malgré des progrès notables

Aggravation et impacts de la crise climatique, effets sur l’économie et la société, tensions géopolitiques : selon le rapport, l’Europe traverse une période de turbulences. Dans le domaine de la biodiversité : le rapport déplore le fait que les écosystèmes (marins, terrestres, aquatiques) soient en déclin, tout comme la santé des sols et des terres. Il indique aussi que la pression sur la ressource en eau est très grande. 30% du territoire européen et 34% de la population européenne est ainsi en "stress hydrique". Le rapport souligne cependant les progrès notables réalisés en matière de gestion des aires naturelles protégées.

Dans le domaine du climat : des progrès notables sont observables en Europe dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) avec une baisse de 37% des émissions depuis 1990. Les progrès sont importants dans les secteurs de l’énergie avec la baisse des énergies fossiles et la hausse du renouvelable), et dans les industries et la construction, mais moindres dans les transports et l’agriculture.

Les capacités de puits de carbone de l’Union européenne (UE), par exemple la capacité des forêts ou des sols à absorber du CO2, ont baissé de 30% par rapport à la décennie précédente. Comme les émissions à l’échelle mondiale continuent d’augmenter, l’Europe est le continent qui se réchauffe le plus rapidement et où les coûts des catastrophes liées aux évènements météorologiques et climatiques extrêmes connaissent une très forte croissance. Le rapport appelle ainsi à mieux investir dans la capacité à faire face et l’adaptation au changement climatique, en s’assurant que les plus vulnérables soient mieux protégés.

Dans le domaine de la santé et de la pollution : les progrès sont remarquables dans la baisse des décès liés à la pollution de l’air, mais 10% des décès prématurés chaque année sont encore liés à la pollution de l’air, des sols, de l’eau, au bruit et à l’exposition aux produits chimiques. Le rapport invite à réduire ces pollutions et à mieux faire l’analyse de la répartition de l’exposition aux risques environnementaux des différentes catégories de population, pour leur apporter des solutions adaptées.

Dans le domaine de l’économie circulaire : même si des progrès importants sont observables dans le recyclage des déchets, le rapport déplore le fait que la réutilisation des matériaux soit encore trop faible. Le taux de circularité est passé seulement de 10.7% en 2010 à 11.8% en 2023, alors que c’est un aspect important pour l’autonomie stratégique européenne, notamment en matière de réduction de la dépendance aux importations de matériaux. La consommation moyenne de ressources par un Européen est de 14 tonnes par an ; ce qui reste encore trop élevée comparée aux autres régions du monde.
L’AEE a enfin mis en lumière les solutions proposées aux décideurs pour agir rapidement :

• Politiques : sensibilisation au changement climatique des autorités locales, des entreprises, du secteur financier, des citoyens, textes de loi et stratégies communes (Pacte vert, règlement sur la restauration de la nature, mécanisme d’ajustement carbone aux frontières, etc.)
• Économiques : subventions, investissements, tarification du carbone, fiscalité.
• Sociales et-technologiques : électrification, sobriété, développement des compétences, emplois "verts", biens et services environnementaux.

Synthèse du profil-pays pour la France dans le rapport européen

En France, des progrès importants ont été réalisés en matière d’environnement et de climat : réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) et de l’empreinte carbone de la France depuis le début de l’année 2010, réduction de la pollution atmosphérique et des décès prématurés dus à l’exposition aux particules fines, réduction de la production de déchets et amélioration de la protection des zones terrestres. Deuxième domaine maritime mondial (après les États-Unis), la France abrite une richesse écologique unique, notamment dans ses territoires d’outre-mer, ce qui lui donne la responsabilité de protéger ces espaces.

Cependant, pour atteindre les objectifs climatiques européens pour 2030 et la neutralité carbone d’ici 2050, la France doit encore relever des défis majeurs. Les signes du changement climatique sont multiples et les efforts de réduction des émissions de GES doivent être intensifiés. Les émissions nettes de gaz à effet de serre de la France ont diminué de 35% depuis 1990 et ont baissé de 8% entre 2022 et 2023. La France respecte ainsi les principaux objectifs de l’accord de Paris. Mais la consommation finale d’énergie de la France reste principalement dépendante des énergies fossiles, par exemple pour les transports ou le chauffage.

Ces enjeux nécessitent une profonde transformation de l’économie. La stratégie française en matière d’énergie et de climat vise à relever les défis de la décarbonation, de l’atténuation et de l’adaptation au changement climatique. L’électrification progressive des transports, le développement de la mobilité active, des énergies renouvelables et l’évolution de la consommation alimentaire vers plus de durabilité, sont autant de moyens pour faciliter la transition écologique.

Ressources

Liens :

Retrouvez le rapport sur l’état de l’environnement en Europe
Europe's environment 2025 (EEA)