Les épisodes de pollution en PM10 en France en 2015

Quelques épisodes de pollution aux PM10 sont survenus au mois de janvier et février mais avec une extension géographique souvent limitée et une faible persistance. C’est notamment le cas en tout début d’année les 1er et 2 janvier sous l’effet de conditions météorologiques froides, dans la continuité d’une période polluée initiée fin décembre 2014. L’influence du chauffage au bois est marquée sur cet épisode. Entre le 21 et 23 janvier, une nouvelle hausse des teneurs en PM10 est constatée. Il en est de même au mois de février, notamment les 11 et 12, deux journées assez fortement polluées durant lesquelles l’épisode a une étendue géographique importante sur la France.

L’épisode de particules le plus intense de l’année a lieu au mois de mars. Il est remarquable par son intensité et sa durée, bien que de moindre ampleur que celui de mars 2014. Il se développe sous l’effet de conditions météorologiques anticycloniques qui empêchent la dispersion de la pollution, canalisent l’apport sur la France de masses d’air continentales chargées en pollution, par des vents de secteur est et nord-est, et favorisent la formation de particules secondaires. De plus, de nombreuses sources d’émissions se cumulent à cette saison. Ainsi, aux émissions habituelles (trafic, industrie) s’ajoutent des émissions plus spécifiques à cette période, telles que celles issues du chauffage au bois et celles provenant des pratiques agricoles comme l’épandage d’engrais.

Cet épisode se déroule en deux phases. La première du 7 au 11 mars est essentiellement due aux émissions nationales et sévit sur plusieurs régions françaises. La contribution des émissions liées à la combustion est importante lors de ces journées. La seconde phase plus intense se développe du 15 au 21 mars avec des niveaux élevés à très élevés sur une très large partie de la France, notamment les régions nord. Une contribution transfrontalière significative en PM10, due à l’apport de masses d’air continentales par un flux de secteur nord-est, explique en partie ce gradient. Dans cette seconde phase, l’influence des activités agricoles est marquée.

Maximum des concentrations moyennes journalières de fond en PM10 du 15 au 21 mars 2015
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Figure 2528 : Maximum des concentrations moyennes journalières de fond en PM10 du 15 au 21 mars 2015

Source : PREV’AIR

Des épisodes de pollution d’ampleur nationale, plus ou moins nombreux selon les conditions météorologiques, surviennent chaque année en France et à des périodes différentes selon les polluants. Sur la période 2013-2015, les épisodes de pollution d’ampleur nationale sont essentiellement dus aux particules PM10. Au cours de ces trois années, particulièrement, huit épisodes majeurs pour les PM10 se distinguent.

L’analyse de la composition chimique de ces particules a permis de caractériser différents types d’épisodes de pollution aux particules. En début d’hiver, les épisodes sont marqués par une quantité importante de matière organique liée aux phénomènes de combustion tels que le chauffage au bois, le brûlage des déchets verts. Au printemps, les épisodes observés se singularisent par l’influence des activités agricoles (épandages d’engrais) conjointement aux émissions de l’industrie et des transports. Des phénomènes naturels tels que des éruptions volcaniques ou le transport de poussières telluriques d’Afrique peuvent également conduire à des épisodes de pollution aux particules.

Sélection non-exhaustive d’épisodes de pollution aux PM10 d’ampleur nationale depuis 2013
Sélection non-exhaustive d'épisodes de pollution aux PM<sub>10</sub> d'ampleur nationale depuis 2013
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Figure 1974 : Sélection non-exhaustive d’épisodes de pollution aux PM10 d’ampleur nationale depuis 2013

Source : PREV’AIR, programme Cara