Scolytes : les forêts d’épicéas face à une crise qui dure

Publié le | Commissariat général au développement durable

Depuis 2018, les scolytes ravagent les forêts d’épicéas françaises. Si les attaques ralentissent, certains massifs restent fortement touchés, notamment sous l’effet du réchauffement climatique.

Cela fait maintenant huit ans que les forêts françaises d’épicéas font face à une forte présence de scolytes. Ces petits insectes ravageurs ont touché plus de 110 000 hectares de forêt depuis 2018, soit une surface équivalente à près de six fois celle de Paris. Au total, près de 20 millions de mètres cubes de bois ont été touchés. C’est près de 8 000 piscines olympiques de 2 mètres de profondeur. Le Grand Est, la Bourgogne-Franche-Comté et l’Auvergne-Rhône-Alpes concentrent une grande partie des dégâts. Dans ces régions, la quasi-totalité des épicéas de plaine situés sous 800 mètres d’altitude a été détruite.

Une crise qui ralentit, mais qui se poursuit

Dans le massif jurassien, la situation s’est améliorée depuis le pic de la crise. Entre 2019 et 2020, plus de 85 % des épicéas récoltés dans le Jura étaient infestés ou mourants. Aujourd’hui, cette proportion est passée sous les 50 %, signe d’un ralentissement des attaques.
Mais le phénomène évolue et gagne désormais du terrain en altitude. La hausse des températures favorise la présence des scolytes dans des zones hautes du Jura et des Alpes, où les conditions étaient jusqu’ici plus favorables aux épicéas. Le massif jurassien reste ainsi fortement marqué par cette crise, avec entre 5 000 et 6 000 hectares de forêt publique touchés depuis 2018, soit un peu moins de 5 % de l’ensemble de la surface de forêt publique du Jura.

Adapter les forêts aux conditions de demain

Face à cette crise, les forestiers doivent intervenir rapidement. Ils surveillent les forêts pour repérer les premiers signes d’infestation et coupent les arbres touchés afin de limiter la propagation des scolytes aux arbres voisins.
À plus long terme, l’Office national des forêts (l’ONF) cherche également à préparer les forêts aux effets du changement climatique. Les forestiers plantent ainsi des arbres mieux adaptés aux épisodes de sécheresse et aux températures plus élevées. Cette diversification doit permettre de rendre les forêts moins vulnérables aux futures attaques de scolytes.

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« Les scolytes : des insectes qui détruisent les forêts françaises ». À gauche, une carte de France met en valeur les régions de l’Est (Grand Est, Bourgogne-Franche-Comté et Auvergne-Rhône-Alpes) recouvertes d’une forêt d’épicéas à moitié marron et desséchée. Par-dessus la carte, le dessin d’un scolyte marron illustre la menace pour les arbres.

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