Espèces exotiques envahissantes : des impacts écologiques…et économiques

Mis à jour le | Commissariat général au développement durable

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Une étude scientifique révèle qu’au cours des 40 dernières années, les pertes financières dues aux invasions biologiques, au niveau mondial, ont été équivalentes à celles provoquées par les tempêtes ou les inondations.

Qu’appelle-t-on espèces exotiques envahissantes (EEE) ?

Une espèce exotique envahissante est une espèce (faune ou flore) introduite par l’Homme, volontairement ou de façon accidentelle, sur un territoire distinct de son territoire d’origine, où elle menace les écosystèmes, les habitats naturels et les espèces locales. Les espèces exotiques envahissantes peuvent porter préjudice aux activités économiques (pertes agricoles et sylvicoles, conséquences sur le tourisme, dégradation d’infrastructures…) et représenter des risques sanitaires (allergies, épidémies, etc.). Des exemples de ces espèces : le moustique tigre, le frelon asiatique, la renouée du Japon…

La France, du fait de sa situation de carrefour géographique et de la diversité de ses climats et milieux naturels, est très vulnérable aux invasions biologiques. En métropole, en moyenne, 12 nouvelles espèces s’installent tous les dix ans depuis 1984 dans chaque département. La menace est encore plus forte dans les Outre-Mer, où l’on trouve 74 % des EEE françaises.

Les invasions biologiques, un coût économique considérable

Selon une étude publiée en avril 2023 par le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et l’Université Paris-Saclay, les préjudices économiques sont tels que les espèces exotiques envahissantes peuvent être comparées à une catastrophe naturelle au niveau mondial. Ainsi, de 1980 à 2019, les dégâts causés par les espèces invasives s’élèvent à 1 200 milliards de dollars. C’est plus que les séismes ou les inondations sur la même période. De plus, le coût des invasions biologiques augmente plus rapidement que ceux de toute autre catastrophe naturelle. En réponse, les investissements pour la prévention et la gestion des invasions ne représentent qu’environ 10 % des pertes financières.

Comment prévenir les invasions biologiques ?

En 2017, la France a adopté une stratégie nationale de lutte contre les espèces exotiques envahissantes, qui s’articule autour de cinq axes : prévention, interventions ciblées, amélioration de la connaissance, communication et gouvernance appropriée.

Pour se prémunir des invasions biologiques, l’Office français de la biodiversité (OFB) recommande de prendre certaines précautions :

  • apprendre à mieux reconnaître les espèces invasives,
  • privilégier l’achat de plantes d’origine locale,
  • rester vigilant : dans son jardin et à l’extérieur, signaler les espèces invasives peut permettre d’éviter leur prolifération.

Pour plus d’informations sur les EEE, l’OFB et l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) pilotent un Centre de ressources sur les espèces exotiques envahissantes. Vous pouvez également consulter INPN Espèces, proposé par l’Inventaire national du patrimoine naturel.

Crédits : Damien Carles / Terra Agrandir la figure 3603
Renouée du Japon, espèce exotique envahissante.

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